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Quelques beaux livres sur l’automobile à mettre sous le sapin

McLaren, un homme et une marque

Ce beau livre, remarquablement illustré et très bien écrit, se dévore comme le récit d’une saga. Celle d’un homme Bruce McLaren, d’un team qui régna sans partage sur l’univers impitoyable de la F1, et d’une marque qui produit des supercars d’exception, la Senna en étant la plus récente illustration.

McLaren, un homme, une équipe, une marque
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Disparu trop tôt à l’âge de 32 ans en 1970 dans un terrible accident à Goodwood, Bruce McLaren était né pour la course. Le néo zélandais s’illustre d’abord dans des compétitions locales avant d’aller se roder sur tous les circuits du monde. Mais les premières victoires en F1 en 1959, la victoire aux 24 Heures du Mans en 1966, ne suffisent pas à assouvir les ambitions du jeune pilote. Bruce McLaren crée sa propre écurie dès 1963 et aligne des voitures en championnat CanAm, en endurance, puis en F1 à partir de 1966. L’équipe survit à la mort de son créateur et McLaren domine la F1 en 1974 avec Fittipaldi, en 1976 avec Hunt puis avec Lauda en 1984. Suivent les années Prost et Senna. Sous la direction de Ron Dennis, avec les deux meilleurs pilotes du moment, McLaren ne laisse aucune chance à ses adversaires. McLaren ne gagne plus depuis 2008 mais est toujours en F1, en attendant des jours meilleurs.

L’auteur, Robert Puyal, jalonne l’ouvrage de très beaux portraits des McLaren boys : pilotes, ingénieurs, team managers qui ont donné une âme à cette marque dont Bruce est certainement très fier là où il est.

« McLaren », Robert Puyal, E.T.A.I., 305 pages, 99€.

Le Mans Classic 2018

Tous les deux ans, Le Mans accueille ce qui est devenu le plus bel événement automobile vintage au monde. Organisé par Peter Auto, et l’Automobile Club de l’Ouest, avec le soutien sans faille de l’horloger Richard Mille, Le Mans Classic remet en piste des voitures de toutes les époques des 24 Heures du Mans. Pendant trois jours, c’est comme si on tournait une superproduction sur la grande histoire des 24 Heures. On voit se croiser dans les paddocks des Chenard & Walcker, des Jaguar D d’après guerre, des Ferrari 250 GT, des Ford GT40, des Porsche 917, des Matra, des Peugeot 905…

Le Mans Classic conservatoire des émotions
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Des voitures qui valent une fortune mais que leurs propriétaires, rassurés par une organisation hyper professionnelle et impeccablement huilée, acceptent de faire courir en les confiant aux meilleurs pilotes, souvent des vétérans des 24 Heures. Cette grande fête de l’automobile attire aussi des dizaines de clubs de collectionneurs qui rassemblent ainsi des milliers de voitures prestigieuses sur les pelouses intérieures du circuit. Le Mans Classic est un monument du patrimoine automobile.

Le photographe Laurent Nivalle et le journaliste Robert Puyal racontent à leur façon la neuvième édition qui s’est déroulée en juillet dernier. Une sélection de photos très esthétiques, très graphiques, et des textes qui décryptent chacune des périodes de l’histoire des 24 Heures, et décrivent aussi l’ambiance unique de cet événement. S’y ajoutent des vidéos que l’on visionne en promenant son smartphone sur certaines pages du livre. Cela nécessite d’avoir téléchargé l’application (gratuite) de l’éditeur.

Un ouvrage qui vous donnera envie de déjà bloquer dans votre agenda la date de Le Mans Classic 2020, du 3 au 5 juillet !« Le Mans Classic conservatoire des émotions », Laurent Nivalle et Robert Puyal, E.T.A.I., 196 pages, 89€.

 

1965, la rencontre du sport auto et de la photographie

« Car Racing 1965 » est l’un des plus beaux livres sur l’automobile que l’on puisse offrir ou s’offrir en cette fin d’année. Couverture toilée, papier 200 gr, il sublime le travail d’une poignée de photographes qui commencèrent dans les années 60 à se spécialiser dans le sport auto.

Il témoigne d’une époque héroïque où des pilotes comme Jean-Pierre Beltoise, John Surtees, Jim Clark, Jackie Stewart, Jo Schlesser, Pedro Rodriguez jouissent d’une très forte popularité… Il nous emmène sur les circuits de F1, F2, F3, aux 24 Heures du Mans sur des rallyes oubliés comme celui des Routes du Nord, dans des courses de côtes… Les photographes opéraient alors au plus près, à quelques mètres seulement des voitures, au Rolleiflex 6×6 ou avec des appareils 24×36 équipés des premiers téléobjectifs qui permettaient de tasser les perspectives. Les normes de sécurité des voitures et des circuits étaient sans comparaison avec celles d’aujourd’hui, même si la catastrophe du Mans qui avait fait 83 morts dix ans plus tôt avait suscité une prise de conscience et défini des règles de protection du public. Un public qui se presse de plus en plus nombreux au bord des circuits. Le sport auto se décline en une multitude de disciplines et fascine.

La télévision étant encore balbutiante, ce sont les journaux et les revues spécialisées qui montrent les courses automobiles. Il faut les alimenter en images. Daniel Paris et Jean-Pierre Thibault flairent ce besoin et créent en cette année 1965 DPPI, première agence de photo principalement dédiée au sport auto. Ils sont rejoints par d’autres photographes comme Manou Zurini l’un des pionniers de DPPI. C’est lui qui signe « Car Racing 1965 », avec Johnny Rives, ex-grand reporter à l’Équipe.

Il y a peu de textes dans ce magnifique ouvrage valorisant avant tout, dans des formats généreux, les trésors des archives de l’agence de cette année 1965 qui voit Ferrari remporter sa 9e et dernière victoire aux 24 Heures du Mans, Jim Clark conquérir sa deuxième couronne mondiale en F1 et gagner les 500 Miles d’Indianapolis tandis que Matra fait son apparition sur les circuits. On se régale de rares photos d’ambiance de nuit aux 12 Heures de Reims, d’une Ami 6 engagée dans un rallye littéralement couchée dans un virage, de l’ambiance des préparatifs d’une course à une époque où on ne parlait pas encore de paddocks… Ces photos noir et blanc bien sûr, et pour la plupart inédites, respirent la fraîcheur, la spontanéité d’un temps où les pilotes parlaient librement aux journalistes sans que cela soit encadré par un service de presse.

« Car Racing 1965 », Johnny Rives et Manou Zurini, Éditions Cercle d’art, 240 pages, 79€.

 

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