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La Peugeot 205 Turbo 16 : le rêve d’une génération…

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De l’avis de tous, la Peugeot 205 Turbo 16 reste la meilleure voiture du légendaire groupe B. Mais derrière l’hyper-médiatisation du modèle de compétition, on aurait tendance à oublier que Peugeot fabriqua 200 exemplaires « clients » de cette bête de course, pour obtenir son homologation. Communément appelés « série 200″, ces engins atypiques font aujourd’hui le bonheur de quelques rares passionnés…

La Peugeot 205 Turbo 16 est une voiture de grand tourisme, basée sur la carrosserie de la Peugeot 205. Avec sa version compétition, Peugeot a remporté les titres mondiaux pilotes et constructeurs en championnat du monde des rallyes en 1985 et 1986.

Elle a été voulue par le responsable de la compétition Peugeot de l’époque, Jean Todt, et s’inscrivait dans la catégorie Groupe B du règlement des rallyes. Cette catégorie, créée en 1982, allégeait considérablement les contraintes posées aux constructeurs, et permettait notamment les quatre roues motrices. Sont ainsi nées des voitures de rallyes radicalement différentes de leurs devancières, et surtout beaucoup plus rapides. Ainsi, la 205 T16 a été une des premières quatre roues motrices ; le gain en adhérence permettait d’augmenter considérablement la puissance des moteurs sans que la voiture patine : entre 350 et 480 chevaux. L’architecture générale de la voiture n’a plus rien à voir avec sa version de série : une cage de tubes sert de châssis/habitacle, un moteur de 4 cylindres en ligne turbocompressé la propulse, et une fine couche de kevlar et de plastique lui donne l’apparence d’une 205.

Ses séries de victoires, largement répercutées dans les médias, et dans les publicités Peugeot, ont fortement contribué au succès de sa version commerciale, qui a lui-même permis à Peugeot de sortir d’une période de marasme économique.

Le 23 février 1983, Jacques Calvet, Jacques Boillot et Jean Todt lèvent le voile sur le « sacré numéro », la 205, ainsi que sa déclinaison sportive, la 205 Turbo 16. Dopé par les bons résultat de l’équipe avec la Talbot Sunbeam Lotus , Peugeot Talbot Sport entreprend le développement d’une voiture totalement nouvelle, avec un moteur central arrière et quatre roues motrices, entièrement conçue pour le Groupe B des Rallyes, discipline très médiatique car mettant à la lutte des monstres de plus de 400 chevaux. Dans cette optique de médiatisation, la 205 T16 a également pour mission de dynamiser l’image et les ventes de la gamme 205 dans son ensemble, dont la survie d’Automobiles Peugeot dépend totalement. En clair, il n’y a pas d’autre alternative que la victoire ! Et des victoires, la 205 Turbo 16 en aura : sur ses 26 participations en championnat du monde des rallyes, la Peugeot 205 Turbo 16 remporta 16 victoires, soit 2 titres de champion du monde des constructeurs et 2 titres pilotes pour Timo Salonen et Juha Kankkunen en 1985 et 1986. Mais en 1986, le tragique accident de Toivonen au Tour de Corse avec sa Lancia Delta S4, sonne le glas des monstrueuses Groupe B et donne un coup d’arrêt au programme sportif de la Peugeot 205 Turbo 16, alors quasiment invincible. La FISA change la réglementation et interdit ces bêtes de course trop puissantes. Peugeot se tourne alors vers une discipline de reconversion, également très médiatique, les rallyes-raids dont le fameux « Paris-Dakar ». Sur les pistes cassantes et à travers les déserts de sable, Ari Vatanen hisse une nouvelle fois la lionne sur la plus haute marche du podium, en 1987. Ce sera sa dernière consécration mondiale. Un an plus tard, la 405 T16 prend sa succession mais sa carrosserie différente n’est qu’une illusion : c’est bien la 205 Turbo qui se cachait dessous ! Elle complètera le palmarés sportif de Peugeot Sport par une victoire à Pikes Peak en 1988, un an après la défaite de la 205 derrière les Audi quattro S1.

DESIGN
Produite dans l’usine Talbot de Poissy, la 205 Turbo 16 est le fruit d’une équipe d’ingénieurs menée par André de Cortanze, responsable du châssis et Jean-Pierre Boudy pour le moteur. Sous une robe qui doit rester proche du modèle standard de la 205, l’équipe de Peugeot-Talbot-Sport réalise une authentique voiture de course, avec notamment, un châssis spécifique abritant un moteur turbocompressé en position centrale arrière. Le règlement du groupe B autorise à produire 10% de la quantité de véhicules homologués pour les besoins de la compétition. Ces modèles seront assemblés à la main chez Peugeot-Talbot à Boulogne, à partir de caisses fabriquées par le carrossier Heuliez. Parlons de cette carrosserie justement. La 205 Turbo 16 a tout de la voiture atypique malgré son apparente similitude avec la 205 de base. En réalité, seules les portes, le pare-brise et les phares sont identiques ! Visuellement, la 205 T16 étonne et séduit le regard, à la manière d’une R5 Turbo , autre engin de passion , avec ses voies larges et ses grandes prises d’air. La surprise extérieure commence par son immense hayon, qui englobe les ailes et les vitres arrière latérales. Autre originalité de ce hayon, le moteur de l’essuie-glace est fixé… en haut de la vitre. De 50 Kg sur la version de série, le poids du hayon perd 10 Kilos avec le kit PTS. Mais ce n’est rien comparé à l’Evolution 2, sur laquelle son poids n’est que de 9 Kg, grâce à l’emploi de matériaux composites ! La traditionnelle plaque en plastique entre les feux est remplacée par une grille à 3 bandes, dénuée de toute insertion. Plus de logo, plus de monogrammes, plus de serrure, le nom de la bête est indiqué en gros (en très gros même !) par un adhésif rouge vif sur la partie supérieure. Pas discret, mais efficace ! A l’intérieur, il est encore plus difficile de sentir la parenté avec la 205 « normale ». La planche de bord, spécifique dans toute sa partie supérieure, est réalisée comme celle d’un sport prototype. Une multitudes de manomètres isolés renseignent le pilote sur l’état de la mécanique. Au milieu du cockpit, la console au dessin très… « spécial », est bien celle des premières 205. Les propriétaires de Peugeot 205 GTI 1ère génération reconnaîtront également le fameux volant à deux branches, tout aussi peu agréable mais orné ici de l’inscription « Turbo 16″ en son centre. Au passage, on remarque juste en-dessous, un pédalier sportif en aluminium perforé, qui ne fait pas partie des pièces standards. Les sièges baquets sont également dédiés à la T16 et très enveloppants. Leur habillage cuir bicolore séparé par une bande rouge rappelle l’intérieur de la 205 GTI 1.9L. Sur leur dossier, un gros lion indique tel un blason guerrier, l’appartenance au constructeur de Sochaux. Avant même d’avoir soulevé le capot et démarré le moteur, il ne fait donc aucun doute que la Peugeot 205 Turbo 16 n’a que peu de choses en commun avec sa lointaine soeur de grande série. La Série 200 transpire la compétition par toutes ses tôles et d’un seul clignement d’oeil, elle vous invite irrésistiblement à prendre la route en sa compagnie.

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MOTEUR
Comme l’impose le règlement du groupe B, l’emploi de la suralimentation est compensé par une cylindrée majorée d’un facteur 1,4 qui détermine le poids minimum autorisé de la voiture. Peugeot utilise alors comme base de développement le nouveau moteur de la famille XU, entièrement en alliage d’aluminium. Le XU8T, c’est son nom, est d’une cylindrée inédite de 1775 cm3 afin de conserver une course courte (82 mm pour 83 mm d’alésage) plus favorable aux régimes élevés. La lubrification est assurée par carter semi-sec et le refroidissement comprend des chemises humides. Le vilebrequin est à 5 paliers. Equipé de 2 arbres à cames en tête et d’une culasse à 16 soupapes, ce 4 cylindres est donc historiquement le premier multisoupapes commercialisé par Peugeot, même si on attribue souvent ce titre à la 405 MI16, bien plus connue. La suralimentation repose sur un turbo KKK soufflant à 0,7 bar avec échangeur air/air. Elle est gérée par une injection électronique Bosch K-Jetronic et le taux de compression est descendu à 6,5:1. Dans sa version client, le moteur développe « seulement » 200 ch à 6750 tr/mn et 26 Mkg de couple à 4000 tr/mn, nous sommes donc loin des 350 ch de l’Evolution 1 ou des 430 à 480 chevaux et des 50 mkg de l’Evolution 2 ! Malgré toute sa noblesse, le caractère de ce moteur est peu agréable, il manque de tonus et ne procure pas la hargne attendue d’une telle machine de compétition. Hélas, c’est un déception qui va entâcher la réputation de la Série 200. La transmission aux quatre roues passe par une boîte de vitesses manuelle à 5 rapports tirant un peu trop long, et le passage de la puissance au sol est complété par un autobloquant à répartition fixe (17% Av, 40% AR) et des DGL avant et arrière. Le moteur est implanté en position centrale arrière, transversalement à droite et incliné de 20° vers l’arrière avec la boîte en bout. Pour contenter les clients les plus exigeants, Peugeot va proposer un kit compétition élaboré par le département PTS, sous la tutelle de Jean-Pierre Nicolas… vendu la coquette somme de 180 000 FF de l’époque ! Avec ce kit, la démarche est double : plus de puissance, moins de poids et avec un châssis plus affûté. Autrement dit, la même, en mieux ! Pour la partie moteur, la plupart des pièces mécaniques du kit PTS sont les mêmes que celles de l’Evolution 1, comme les arbres à cames à la levée supérieure, les pistons et les chemises. Bien que conservant le même système d’injection, le même turbo et le même échangeur, la T16 kitée adopte une pression de suralimentation de 0,85 bar. Enfin, l’angle d’ouverture des soupapes d’admission et d’échappement passe réciproquement de 10° à 30° et de 40° à 50°. Le résultat donne 300 ch à 6500 tr/mn et 35 Mkg de couple à 4500 tr/mn. En revanche, le système DPV permettant de réduire le temps de réponse du turbo, inventé chez PTS par l’ingénieur français Jean-Pierre Boudy pour l’Evolution 2, n’est pas installé d’où le caractère assez brutal de ce moteur suralimenté. La transmission raccourcie est également issue de la voiture de compétition, les réglages de répartition du couple restant ceux de la « série ». Autrement dit, une mécanique transfigurée, dont les performances sont très proche de la version course Evolution 1.

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CHASSIS
Les dimensions de la 205 Turbo 16 sont assez compactes. Longue de 3,82 m elle mesure 1,67 m de large. L’empattement est de 254 cm et les roues posées aux quatre coins de la caisse sont fixées sur des voies de 143 cm de large. Autour d’une cellule centrale monocoque en acier, le châssis avant et arrière est caissonné en tôles d’acier. La carrosserie, en matériaux composites sur la version de course, est fixée sur cette structure. L’assemblage tubulaire de la partie arrière n’est finalement qu’une illusion puisqu’il ne sert de support qu’au moteur, à la transmission et à la suspension. L’amortissement est composé de combinés ressorts amortisseurs Bilstein avec le soutien d’une barre stabilisatrice. Pour le freinage, les disques ventilés sont de 273 mm de diamètre et pincés par de gros étriers monopistons. Le poids atteint 1210 Kg sur la Série 200, tous pleins faits, ce qui donne un rapport poids/puissance de 6,05 Kg/ch qui n’est finalement pas aussi exceptionnel qu’on l’imaginerait pour une « voiture de course » mais néanmoins très intéressant pour une « petite » sportive comme cette 205 T16. Le montage du kit PTS quand à lui impose de reprendre toutes les soudures de la coque et d’ajouter certains renforts en tôle. Il en va de même pour tout le berceau tubulaire arrière. Les amortisseurs comprennent des combinés doubles et des articulations rigides. La hauteur de caisse est ajustable avec des débattements variables pour une utilisation asphalte ou terre. Les disques passent à 298 mm de diamètre avec des étriers 4 pistons. Contrairement aux deux évolutions, l’arceau n’est pas intégré à la structure mais rapporté et en alliage léger. La chasse aux kilos (110 en moins) et le surplus de puissance font tomber le rapport poids/puissance à 3,66 Kg/ch, ce qui est déjà nettement moins ordinaire ! La répartition de la puissance aux essieux s’effectue via un différentiel central ZF, à glissement limité (type Fergusson à viscocoupleur) complété par deux autres différentiels à l’avant et l’arrière.

L’aventure en championnat du monde des rallyes

L’aventure commence en 1984, quand la 205 participe à 5 courses d’apprentissage au Championnat du monde des rallyes. Apprentissage qui se terminera par 3 victoires pour le pilote Ari Vatanen et son copilote Harryman. Malgré la présence de la concurrence et de leurs voitures très compétitives, la 205 montre une étonnante vélocité et fiabilité pour une voiture de conception récente.

L’année 1985 est la confirmation du potentiel de la voiture. Lors de sa première saison complète elle parvient à remporter le championnat avec Timo Salonen qui lui remporta le titre pilote. C’est l’année d’arrivée de la version évolution 2, amélioration de la 205 T16, principalement visible de l’extérieur par une carrosserie body-buildée, et des ailerons de grande taille, mais aussi plus puissante. Ces appendices aérodynamiques devenaient nécessaires avec la montée de la puissance des moteurs (montée permise par le règlement), pour permettre à la voiture de rester collée au sol. Cette année voit aussi un des premiers accidents graves d’une Groupe B, avec la violente sortie de route de Ari Vatanen au rallye d’Argentine, qui lui vaudra 18 mois de convalescence pour vertèbres fracturées.

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Le championnat de l’année 1986 sera encore sous la domination des 205 : avec Juha Kankkunen qui gagne le titre pilote, et Peugeot le titre constructeur pour la deuxième année consécutive. Mais c’est la dernière année pour les machines du Groupe B : la FISA (Fédération Internationale du Sport Automobile) décide de supprimer cette catégorie pour 1987, à cause des accidents tragiques et fréquents, causés par des voitures aux performances déraisonnables.

L’aventure en rallye raid

Privée d’une catégorie de rallye acceptant la 205, Peugeot décide de s’orienter vers le rallye raid, et principalement le Paris Dakar. En 1987, la 205 T16 « Grand Raid » adaptée aux conditions difficiles des raids gagnera « facilement », aux mains de Ari Vatanen, le Dakar et le rallye des Pharaons en Égypte, face, il est vrai, à une concurrence faible par rapport à celle des années de rallye.

L’édition suivante du Dakar sera aussi remportée par la 205 pilotée par Juha Kankkunen, celle pilotée par Alain Ambrosino termine 6e.

En 1989, elle est remplacée par la Peugeot 405 Turbo 16 mais deux 205 T16 sont encore engagées, celle pilotée par Guy Fréquelin finira la course en 4e position.

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L’aventure au Pikes Peak

Une version de la 205 T16 participera à la course de côte la plus haute du monde, Pikes Peak, en juillet 1987. Ce modèle, de 550 chevaux pour 850 kilos, aux ailerons hypertrophiés, ne gagnera pas la course, à cause d’une casse d’un collier de serrage. Elle sera remplacée victorieusement les années suivantes par la 405 T16, qui, sous l’apparence du nouveau modèle Peugeot, conservait en grande partie la mécanique de la 205.

La version de série

Les voitures courant en championnat du monde des rallyes devant être dérivées de voitures de série, Peugeot a fabriqué une version de la T16 à seulement 200 exemplaires (nombre minimal pour faire courir une voiture en rallye).

Partant d’une 205 de série classique, les ingénieurs de Peugeot ont installé un moteur suralimenté d’une cylindrée de 1775 cm3 à 16 soupapes développant 200 chevaux en position centrale. Ainsi la 205 T16 affichait des performances impressionnantes (mais loin de celles de son modèle de rallye) avec ses 4 roues motrices et son faible poids.

Actuellement, la 205 T16 se fait très rare et sa cote élevée.

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Souffrant d’un prix de vente prohibitif à l’époque et d’un moteur décevant en matière d’agrément comme de performances, la 205 turbo 16 a déçu de nombreux acheteurs qui pensaient sans doute s’offrir la même voiture que le monstre évoluant en Groupe B. Et on les comprend ! Cependant, il ne faut pas renier les réelles qualités dynamiques de la 205 Turbo 16, dont un châssis exceptionnel et une tenue de route impressionnante. Enfin, le côté atypique et exclusif de cette voiture la rend vraiment attachante. De plus, comme avec tout moteur turbo, il est facilement possible de gagner une grosse poignée de chevaux, en s’inspirant notamment du kit PTS, pour aller se faire plaisir sur circuit de temps en temps. Mais les propriétaires de Peugeot 205 Turbo 16 gardent précieusement leur auto au chaud. La plupart sont très peu kilométrées et leur statut de Collector tient à leur grande rareté. 219 voitures clients ont été produites, combien en reste-t-il aujourd’hui en France ? Difficile à dire. Malgré cela, la demande est restreinte et les cours de la T16 varient entre 18 et 35 000 Euros selon l’état de la voiture. Les pièces mécaniques et de carrosserie étant très chères, on comprend pourquoi les propriétaires hésitent à se prendre pour Vatanen au volant d’un tel bijou. Mais au-delà des aspects purement chiffrés, cette auto ne craint pas la concurrence, ni le temps. Car avant même de la conduire, le simple fait de posséder ce Collector procure déjà un immense plaisir, celui de se prendre à rêver avec nostalgie de la grande épopée de la 205 Turbo 16, entrée à tout jamais dans la légende des Rallyes et du mythique Groupe B, symbole fantasmatique de puissance et de vitesse. Les deux mains sur le volant, on ferme les yeux et déjà, des flots d’images et de souvenirs d’enfant passionné refont surface. Enregistrées à l’époque où elle brillait vaillamment sur tous les terrains, ces images sont toujours aussi nettes. Elle, la 205 Turbo 16, devançant un nuage de poussière de sable, ou de neige, fonçant, bondissant et volant, dans les mains de pilotes qui nous semblaient alors venus d’une autre planète tant leur maîtrise de la vitesse n’avait de commune mesure avec la conduite « normale » d’une automobile. Et voilà, la nostalgie, un des premiers symptômes psychologiques du vieillissement, qui nous reprend ! Et rien que pour cela, la Peugeot 205 T16 mérite que l’on se souvienne d’elle longtemps.

:: CONCLUSION
Malgré sa mauvaise image en collection et son moteur décevant, la Peugeot 205 Turbo 16 demeure un engin vraiment atypique et attachant. Sa conception d’authentique voiture de compétition lui confère un charme irrésistible et un comportement routier bluffant d’efficacité. A son volant, impossible de ne pas se prendre à rêver de spéciales endiablées, au coeur de la lutte avec les autres monstres du mythique Groupe B. Aaaah… cette 205, quel sacré numéro !

CE QU’ILS EN ONT PENSE :
« Les 200 chevaux sont discrets, presque décevants et les montées en régimes n’ont pas la vivacité, la légèreté que l’on pouvait attendre d’une telle mécanique. Le quatre cylindres Peugeot manque de souplesse et le temps de réponse reste assez prononcé. La boîte se manie aisément malgré sa fermeté. Seul le cinquième rapport paraît trop long. Cela n’empêche pas notre Turbo 16 de croiser à plus de 210 chrono. Heureusement, la voiture se rattrape par son comportement. Deux petits tours sur la piste de Cergy-Pontoise suffisent à nous faire découvrir un équilibre vraiment remarquable, une excellente vivacité mais aussi un amortissement particulièrement inadapté à cet usage et aux deux bosses accentuées que comprend le circuit utilisé. »
ECHAPPEMENT – N°209 – ESSAI PEUGEOT 205 TURBO 16.


CARACTERISTIQUES TECHNIQUES PEUGEOT 205 TURBO 16 Série 200/KIT PTS

290 000 FF (01/04/1984)
Moteur: 4 cylindres en ligne, 16 soupapes 2 ACT + turbo KKK (0,7 bar) / (0,85 bar)
Position : transversale, centrale arrière droite, incliné à 20° vers l’ar
Cylindrée (Alésage x course): 1 775 cm3 (83 x 82 mm)
Puissance: 200 ch à 6 750 tr/min / 300 à 6 500 tr/mn
Couple : 26 Mkg à 4 000tr/min / 35 Mkg à 4 500 tr/mn
Transmission: 4×4 (av 34% / ar 36%), BVM 5
Freins Av/Ar: disques ventilés (273 mm) 1 piston / (298 mm) 4 pistons
Poids à vide (constructeur): 1 210 / 1 100 kg
Pneumatiques: Michelin TRX 210/55 R 390 / NC

PERFORMANCES
Rapport poids/puissance : 6,05 / 3,66 Kg/ch
Vitesse maxi: 214 km/h / NC
0 à 100 km/h: 6″8 / NC

CONSOMMATION
Moyenne: 11,6 L/100km / NC

Tous nos remerciements à André Le Roux qui a mis à notre disposition certains documents illustrants ce dossier à partir de catalogues d’époque : http://leroux.andre.free.fr

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