Luxe et électrification : quelles solutions pour les marques automobiles ?
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Luxe et électrification : quelles solutions pour les marques automobiles ?


Relativement préservés jusqu’à présent car officiant sur un marché de niche, les constructeurs de prestige sont peu à peu rattrapés par les normes environnementales. Les restrictions sur le CO2, particulièrement, se font chaque jour plus pressantes et les obligent maintenant à mettre en place des stratégies d’électrification.

Au fil des annonces ces derniers mois, on a pu s’apercevoir que lesdites stratégies variaient grandement d’une marque à l’autre. Ces différences s’expliquent en partie par les positionnements différents de ces entreprises en termes de clientèle et de volumes. Mais elle traduisent aussi, probablement, un certain tâtonnement.

Le thermique au cœur des supercars

Dernier signe en date du manque de visibilité des marques de luxe, prises en étau entre impératifs industrialo-commercio-économiques et pression politico-réglementaire, Lamborghini propose sur son site web un questionnaire demandant l’avis des internautes sur la stratégie à adopter. Le constructeur italien pose des questions telles que : « Sur quel type de technologie Lamborghini devrait-elle investir pour un avenir encore plus durable ? ». On peut choisir sa réponse entre moteur thermique, hybride rechargeable, 100% électrique, et hydrogène. Après avoir présenté le concept-car électrique Terzo Millennio en 2017, la firme au taureau vient de lancer sa première hybride avec la Sian FKP 37, une série limitée. La future remplaçante de l’Aventador devrait être animée par un V12 électrifié. Ensuite ? Mystère.

Toujours sur le segment des supercars, Ferrari vient d’ajouter la SF90 Stradale hybride rechargeable dans sa gamme régulière et prévoit que 60 % de ses modèles dont toutes les autos à moteur central-arrière soient hybrides d’ici 2022, et travaille sur un premier véhicule « zéro émission ». Le (désormais ex-) directeur général de la marque, Louis Camilleri, avait cependant déclaré en novembre dernier qu’il ne voyait pas Ferrari devenir 100% électrique un jour.

Le patron de McLaren, Mike Flewitt, a quant à lui exclu récemment l’arrivée d’un modèle sans moteur thermique dans la gamme. Mais tous les nouveaux véhicules de la firme seront hybrides à partir de 2022. L’Artura, première hybride rechargeable de McLaren, doit être dévoilée le 16 février prochain.

Une évolution technologique qui se fait désirer

En ce qui concerne l’électrification, les constructeurs de supercars doivent faire face à des contraintes particulières. Sur le papier, le poids et la capacité des batteries lithium-ion actuelles se révèlent incompatibles avec les exigences de performances inhérentes à ces entreprises et leurs clients.

Certaines tentent cependant l’aventure du tout électrique comme Rimac, Pininfarina ou encore Lotus avec son Evija. Mais ces autos pèsent entre 1,7 et 2 tonnes environ et, si leurs constructeurs promettent une autonomie de plus de 400 km en cycle mixte WLTP, leur capacité à maintenir leurs performances et la distance qu’elles pourront parcourir en utilisation intensive restent à connaître.

La solution pourrait venir avec les batteries à électrolyte solide, censées offrir à la fois un poids réduit et une meilleure densité énergétique. Mais ces accumulateurs ne devraient pas faire leurs débuts dans l’automobile avant quelques années encore.

Sport ou luxe, des approches différentes

Les problématiques auxquelles sont confrontées les constructeurs axés sur le confort et l’opulence sont en partie différentes. Le silence à bord est notamment au cœur des prestations proposées et, sur ce point, une motorisation électrique a un avantage sur le thermique. Le constructeur britannique Bentley a récemment annoncé qu’il ne commercialiserait plus que des véhicules 100% électriques à compter de 2030. D’ici-là, il va faire évoluer sa gamme en éliminant le tout thermique au profit d’hybrides rechargeables et en lançant sa première voiture électrique. Les questions du poids et de l’autonomie demeurent pour ces véhicules développés pour parcourir confortablement de longues distances. Là encore, les réponses ne seront connues que quand ces autos seront sur les routes.

Le concurrent Rolls-Royce se montre bien plus réservé sur le sujet. Le concept-car Vision Next 100 de 2016 était électrique et autonome. De récentes rumeurs annoncent un premier modèle électrique de série qui se nommerait Silent Shadow et pourrait parcourir 500 km sur un charge, mais pèserait 3 tonnes en contrepartie.

Compte tenu de l’évolution actuelle de la réglementation, l’électrification semble inévitable pour les constructeurs de prestige, comme pour les autres. Mais elle se révèle complexe à adopter et la politique semble avancer plus vite que la technologie. Les choix stratégiques d’aujourd’hui seront déterminants pour la survie des fabricants de voitures de rêve demain.

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