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Essai de la Dacia Sandero 3 : imbattable, tout simplement


Zapping Autonews Excès de vitesse : les voitures les plus utilisées par la police pour les traquer

Il n’est pas étonnant de trouver la Dacia Sandero tout en haut des chiffres de ventes auprès des clients particuliers. Ceux qui conçoivent la voiture comme un objet utilitaire, attendent l’essentiel au prix le plus bas possible. La Sandero apporte une réponse calquée au plus près de ce besoin, dans un format citadin, apprécié pour sa polyvalence entre encombrement contenu et espace à bord suffisant pour quatre voire cinq passagers. Depuis 2007, deux générations sont sorties des chaînes d’assemblage de Dacia, pour un total de 2,1 millions d’unités, soit un tiers de la production totale de la marque depuis ses débuts en 2004. La troisième génération ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. En constante amélioration, le modèle passe un nouveau gap en termes de qualité perçue. L’essentiel ? Oui, toujours. Mais plus seulement.

Carrosserie plus épuréeLancer le diaporama
Dacia Sandero | Toutes les photos de notre essai de la moins chère des citadines+77

Le hayon se débarrasse de son disgracieux bouton d’ouverture en plein milieu pour une rendu plus qualitatif.Credit Photo – Autonews

Si cette nouvelle Sandero ne semble pas bouleverser son style, il s’en dégage une impression de montée en gamme dès le premier contact visuel. Plus large de 12 cm (1,85 m), plus longue de trois (4,09 m) et plus basse de deux centimètres (1,50 m), elle impose davantage sa personnalité. Ses phares affinés à l’avant, sa signature lumineuse à LED en double Y et sa carrosserie marquée d’arêtes plus travaillées sur les boucliers, les flancs ou les ailes, lui donne plus d’allure. En s’approchant, on remarque plusieurs détails modifiés dans le sens de cette hausse qualitative.

Les poignées ne sont plus de simples « palettes » en plastique fin, elles passent au style « réfrigérateur ». La serrure de coffre sur son bouton d’ouverture placé au beau milieu du hayon disparaît, remplacée par une commande électrique dissimulée à la base de l’ouvrant. Celui-ci contribue à une poupe plus lisse, légèrement bombée, plus épurée avec des feux reprenant la signature en Y de l’avant. On peut y voir une certaine ressemblance avec l’arrière de la Volkswagen Polo de sixième génération, l’une des citadines généralistes les plus huppées. Est-ce un signe ? Il y a également l’antenne radio, délaissant la tige souple au-dessus du pare-brise pour un élément plus épais et rigide dont la base s’inspire des antennes façon aileron de requin, à l’arrière du pavillon cette fois. Tout cela mis bout à bout confond la Sandero avec les modèles généralistes du marché et si elle n’était pas aussi abordable, on lui retirerait volontiers le statut d’auto « low-cost ».

Plus de choix pour la Sandero StepwayLancer le diaporama
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La Dacia Sandero Stepway se décline désormais en deux niveaux de finition.Credit Photo – Autonews

Plébiscitée par 65 % des acheteurs de Sandero, sa version haut de gamme et surélevée Stepway est encore de la partie. Finition à l’origine, elle devient une déclinaison à part entière, disponible en deux niveaux d’équipement (Essentiel et Confort), les deux niveaux supérieurs sur les trois qui composent la gamme. Les différences avec la Sandero classique sont plus marquées. Boucliers, sabots de protection en plastique, inserts noirs le long des portes, jantes spécifiques. Le capot reçoit deux bosses aplaties pour évoquer sa robustesse et l’inscription « Stepway » orne la calandre sous le blason du constructeur en lettrage chromé.

Les imposantes barres de toit longitudinales s’ajoutent et complètent le look baroudeur comme sur la précédente. Elles ont maintenant la possibilité de changer facilement de sens à l’aide d’une clé logée dans la boîte à gants. Sans grosse manipulation, elles se positionnent transversalement pour supporter jusqu’à 80 kilos de chargement supplémentaire.

La Sandero Stepway se distingue à l’intérieur par des baguettes et inserts orange sur les contre-portes et les grilles d’aération ainsi que par une sellerie spécifique avec inscription « Stepway » sur les dossiers et surpiqûres orange également. Plus longue d’un centimètre, elle augmente sa garde au sol de quatre centimètres (17 cm) pour une hauteur totale portée à 1,59 mètre.

Que manque-t-il à l’intérieur ?Lancer le diaporama
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Rien d’original mais avec des touches de couleur et de modernité, cet habitacle n’a rien de « low-cost ».Credit Photo – Autonews

Lorsque les prix sont tirés vers le bas, on est tentés de lister tous les équipements manquants à bord. À mesure que le temps passe, certains de ces équipements se démocratisent, d’autres deviennent obligatoires et ils viennent, petit à petit, enrichir la dotation, générations après générations. Le succès aidant, Dacia en profite à chaque fois pour investir par petites touches dans l’amélioration de la qualité générale ou de la finition sans le répercuter sensiblement sur le prix final. Cette logique aboutit avec cette Sandero de dernière génération à un habitacle à l’assemblage solide et rigoureux, où les détails de finition superficiels ont leur place, à l’image du travail des aérateurs, des contours de boutons de climatisation ou de démarrage, de ce bandeau habillé selon les versions d’un tissu épais et moussé sur toute la largeur de la planche de bord.

Ici, on compte les équipements présents : ouverture mains-libres, phares LED, éclairage et essuie-glaces automatiques, surveillance d’angles morts ou encore, pour la première fois chez Dacia, le freinage d’urgence automatique, l’aide au stationnement avant, le frein à main électrique. On retrouve également la caméra de recul avec trajectoire de guidage et la climatisation automatique. La plupart sont en série selon la finition choisie et les options ne sont jamais excessives en prix. Vous pensiez que le toit ouvrant demeurait sur la liste des absents ? Vous avez raison, mais plus pour longtemps. Il arrive en 2021, pour la première fois, là encore.

Sur l’entrée de gamme « Access », une trappe au sommet de la planche de bord sert de support de téléphone une fois ouverte, avec port USB dédié. Le niveau supérieur « Essentiel » ajoute la radio bluetooth à deux haut-parleurs accessible depuis l’ordinateur de bord entre les compteurs. Un système baptisé « Media Control », permettant aux possesseurs de smartphone Android ou Apple de télécharger l’application du même nom donnant accès aux infos de la radio, du véhicule et à un raccourci intégré vers un système de navigation pour téléphone (Google Maps ou Waze).

Le haut de gamme « Confort » remplace la trappe-support par un écran tactile de 8 pouces. Capable de répliquer l’écran de votre téléphone en Wi-Fi, son implantation en hauteur répond enfin aux critiques sur la position basse des écrans multimédias de toutes les Dacia jusqu’à présent, qui obligeaient à détourner son regard de la route. Il s’agit du système « Media Display » à quatre haut-parleurs. Un bras latéral pivotant au bout duquel se trouve une pince permettra tout de même de fixer votre smartphone si besoin. Le Media Display est disponible en option à 300 € sur la finition Essentiel. Pour bénéficier d’une navigation intégrée au système et de six haut-parleurs, il faudra passer au « Media Nav » sur la finition Confort, contre 200 €. Intuitifs et réactifs, ces deux versions de l’écran tactile sont faciles à appréhender.

L’espace aux jambes à l’arrière, tout comme la garde au toit, s’avère généreux pour cette catégorie. Le conducteur profite quant à lui d’un siège aux réglages plus amples et aux maintiens plus marqués. Le volant aussi est réglable en hauteur et en profondeur mais sur des amplitudes insuffisantes, demandant quelques ajustements et compromis avec le réglage du siège afin de trouver une position de conduite convenable. L’habitacle gagne 2,5 litres de rangements (jusqu’à 21 litres avec l’accoudoir central avant en option) et le coffre, huit litres pour atteindre 328 litres. Un double-fond peut être ajouté en option.

On trouvera donc quelques détails à peaufiner, à améliorer, comme la mousse des sièges, confortables mais manquant de densité, autant d’éléments que l’on peut espérer voir arriver sur les prochaines générations du modèle, si elles suivent la tendance actuelle. Et pourquoi pas un jour, une planche de bord avec des plastiques moussés ? Ce serait un comble, mais, qui sait…

Des dessous de ClioLancer le diaporama
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La Dacia Sandero 3 cache sous sa carrosserie la toute dernière plate-forme modulaire de la Renault Clio, la CMF-B.Credit Photo – Autonews

Côté moteurs, la gamme se compose d’un trois cylindres essence 1.0 atmosphérique de 65 chevaux (uniquement sur Sandero classique) et d’une version suralimentée de 90 chevaux, elle-même  déclinée en version 100 chevaux acceptant le gaz de pétrole liquéfié (GPL). Cette dernière est affichée au même prix que le bloc 90 ch ne fonctionnant qu’à l’essence. Elle ajoute un second réservoir pouvant contenir 40 litres de gaz, à la place de la roue de secours, en plus du réservoir de 50 litres d’essence. Dacia annonce une autonomie cumulée de 1 300 km avec les pleins. Baisse des rejets de CO2, prix inférieur à la pompe et différence de fonctionnement imperceptible pour le conducteur, les avantages sont multiples.

Contrairement à l’ancien modèle, l’intégration apparaît moins artisanale. Un bouton « LPG » (Liquid Petroleum Gas) à la gauche du volant permet de switcher de carburant à la demande, à n’importe quel moment de la conduite. La vitesse de pointe gagne au passage quatre petits kilomètres/heure. La consommation annoncée (7,4 l/100 km) est aussi supérieure de 1,6 litre aux 100 km que celle de l’essence. Nous avons pour notre part relevé un chiffre de près de 8 l./100 km sur le mode GPL.

La jauge à carburant s’affiche directement sur l’ordinateur de bord et non plus par un système à plusieurs diodes sur un petit sélecteur déporté.

Le gain de 10 chevaux ne se fait pas réellement ressentir. Le moteur, dans ses versions TCe 90 et Eco-G 100, reste dans tous les cas volontaire et prend aisément des tours accompagnés du sifflement bien présent du turbo. On entend le moteur mais à allure stabilisée, l’insonorisation reste très correcte. Les bruits d’air gagnent l’habitacle sur voies rapides mais dans l’ensemble, rien qui ne rende le trajet désagréable.

Surtout que le châssis supporte largement la puissance délivrée. La nouvelle Sandero repose sur la plate-forme modulaire CMF-B de Renault, celle de la Clio V ! Stable, sûre, bien amortie, à ce prix, on est surclassés. Les petites imperfections de la chaussée sont bien filtrées, les bosses et les plus grosses entraves révèlent plus de fermeté, surtout en ville. Un environnement qui a notamment justifié l’emploi d’une direction électrique et non plus hydraulique. Plus légère pour les manœuvres, elle ne remonte en revanche plus beaucoup d’informations sur la route. Difficile de connaître le niveau d’adhérence. Entre manque de précision de la direction et pédale de frein à la course longue et spongieuse, la Sandero a beau faire illusion sur son statut de voiture accessible, elle ne peut en dire autant sur les sensations de conduite. La boîte manuelle à six rapports au levier agréable à l’œil et au toucher, pèche par son guidage et sa tendance à accrocher au changement de rapports. Le bilan reste toutefois largement positif.

L’argument massueLancer le diaporama
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Entre 8 690 € et 15 290 € hors options pour les Sandero et Sandero Stepway, difficile de faire mieux.Credit Photo – Autonews

C’est pour lui que l’on aurait tendance à tout pardonner à la Sandero. Le prix. Comment lui tenir rigueur de ses petites approximations ? Surtout lorsque, à côté de ça, plusieurs de ses prestations sont dignes de modèles généralistes. Les tarifs démarrent à 8 690 € pour la Sandero SCe 65 ch Access. La finition Essentiel demande au moins 9 890 € et le haut de gamme Confort, 11 190 €. Pour passer au moteur suralimenté TCe 90 ou sa variante GPL Eco-G 100, il faudra ajouter 1 500 €. Uniquement proposée avec le moteur TCe 90 et la finition Confort, la boîte automatique à variation continue CVT est une option à 1 400 €.

La Sandero Stepway s’affiche à 12 590 € minimum en finition Essentiel et 13 890 € en Confort, soit 15 290 € au maximum avec la boîte CVT, hors options.

Le prix le plus haut est ainsi à peine plus cher que la Renault Clio la plus accessible (14 900 €). Cette dernière n’en offre pas plus que la Sandero d’entrée de gamme pour ce qui est des équipements et conserve simplement une présentation moins brute avec ses boucliers couleur carrosserie et ses enjoliveurs de jantes. Face à la Stepway au tarif proche, la confrontation tourne court, à l’avantage de la roumaine. Et le constat est le même en dehors du groupe Renault. Celui qui recherche l’essentiel au meilleur prix ne trouvera pas mieux ailleurs et y trouvera même beaucoup plus que le strict nécessaire. Tout simplement… imbattable.

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