Essais

Essai et vraies mesures du SsangYong Korando 1.6 diesel boîte auto.


Actyon, Musso, Rodius… Il y a quelques années, les modèles de SsangYong semblaient venir en droite ligne des temps anciens, avec leur design que l’on pourrait pudiquement qualifier de différent, et surtout leurs technologies old school. Mais depuis l’arrivée du Tivoli en 2015, cette période appartient aux livres d’histoire. La marque coréenne propose des dessins plus actuels et des technologies (moteur, boîte, châssis, électronique de sécurité, connectivité…) plus au goût du jour.

Les temps modernes

Ainsi, nappe lumineuse extérieure et animations 3D vous accueillent à l’approche de ce Korando qui ressemble à son petit frère, mais le surpasse en longueur d’une grosse vingtaine de centimètres (4,45 m contre 4,23 m). Des dimensions qui le placent face aux SUV stars que sont les Peugeot 3008 et compagnie. À un dessin extérieur moderne mais plutôt carré répond un intérieur massif avec, entre autres, une planche de bord très haute et verticale, où l’écran central tactile de 9 pouces, assez réactif, aurait pu être encore mieux placé s’il n’avait été surmonté des aérateurs. Assemblages et matériaux, dont les plastiques souples en partie haute, sont de bon niveau. Et les habillages laqués noir, face au passager et sur les contre-portes donnent le change. Quant aux compteurs, ils sont remplacés, en finition haute Limited, par une dalle LCD de 10,25 pouces personnalisable, mais à l’utilisation complexe.

© Alex KrassovskyBelle habitabilité

Toutes ces touches modernes pallient l’ambiance pour le reste austère de ce Korando. Dans l’habitacle, SsangYong n’a pas oublié de doter son SUV d’aspects pratiques : très nombreux rangements de bonne taille et, surtout, une habitabilité géante, notamment aux places arrière, où les grands peuvent facilement loger leurs jambes. Et si la modularité reste classique (banquette de 60/40) le coffre procure, lui, un joli espace pour les bagages (360 dm3). Dommage que ses volumineux passages de roues imposent des contours tourmentés et que la largeur soit un peu juste au dos de la banquette arrière. Un bémol qui pourrait résulter de la présence d’un train arrière multibras, rare dans la catégorie. Relativement encombrant, il autorise à la fois un bon filtrage et un guidage précis des roues.

© Alex KrassovskyChâssis à la page

Avec ce châssis sophistiqué et des suspensions assez progressives, le Korando bénéficie d’un confort de bon niveau – quelques trépidations aux basses vitesses tout de même – et d’un comportement routier moderne. Certes, ses pneumatiques au profil mixte – pour pouvoir s’aventurer hors bitume – le pénalisent au freinage, mais ce coréen profite d’un bon équilibre et d’une adhérence en virage très correcte sur route sèche. À cause des grosses barres antiroulis, indispensables pour éviter de se retourner en cas de manœuvre d’urgence (évitement), cela est moins vrai sur chaussée mouillée, où ce SUV glisse très tôt du nez en virage. Prudence, donc, par temps de pluie, car l’antidérapage ESP tarde à agir dans ces conditions.

Moteur volontaire…

Dernier grief, la direction à assistance électrique manque de consistance aux allures routières, et ne permet pas de ressentir que les limites d’adhérence sont proches. Ces réglages du châssis pénalisent également la motricité sur chaussée humide ou glissante, notamment si les roues sont braquées. Une faiblesse que la variante à transmission intégrale (pack hiver à 2 200 €) peut contribuer à résoudre, histoire de rassurer ceux qui habitent en zone enneigée. C’est aussi un plus pour passer au sol la vigueur du 1.6 diesel de 136 ch, un bloc maison à la page avec 16 soupapes et turbo à géométrie variable, offrant de solides performances et une belle disponibilité, sans temps de réponse, dès les plus bas régimes (324 Nm dès 1 500 tr/mn).

© Alex Krassovsky…mais gourmand

Un diesel grondant à l’accélération mais qui sait étouffer ses claquements. Sa boîte automatique à six vitesses, d’origine Aisin, offre un pilotage des changements de rapports plutôt réussi, malgré quelques à-coups dans les bouchons. Grâce à son tonus, ce 4-cylindres distille de bonnes reprises pour dépasser en sécurité (seulement 8,1 s pour passer de 80 à 120 km/h). Un joli résultat compte tenu des 1 680 kg du SsangYong. Au vu de ses 4,45 m, la masse est importante et se paie à la pompe. Assez gourmand, le Korando ne parvient pas à descendre sous les 7,6 l/100 km en moyenne et exige 8,3 l/100 km sur autoroute. Des faiblesses qu’il tente d’excuser par un rapport prix-équipement très compétitif comparé à ses rivaux européens. Son tarif n’est pas aussi discount que celui d’un Dacia Duster, mais le coréen s’affiche au minimum 5 000 € moins cher que ses réputés rivaux, souvent moins bien équipés.

Enfin, il est le seul, avec le Kia Sportage, à offrir une garantie de sept ans ou 100 000 km. Il tente ainsi de rassurer sur une marque au réseau limité (à peine plus de 80 distribu-teurs en France) et à l’image inexistante. En fin d’année, une variante 100 % électrique du Korando est attendue. De quoi confirmer que SsangYong n’est plus à la traîne.

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