Essai Ford Explorer PHEV (2020) : géant vert
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Essai Ford Explorer PHEV (2020) : géant vert


Contrairement aux apparences, et comme son format d’américain pur jus ne l’indique pas, le Ford Explorer pourrait presque être naturalisé européen. Désormais importé officiellement sur le Vieux Continent, le colosse avance quelques atouts de confort, de sens de l’accueil… et de consommation, puisque seule la version hybride rechargeable est proposée. Originalité garantie, en tout cas.

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, l’arrivée du Ford Explorer en Europe est motivée par les réglementations européennes en matière d’émissions de CO2. Discutable certes, mais l’électrification progressive des gammes de chaque constructeur est devenu un passage obligé. D’où la multiplication des hybrides un peu partout dans le paysage. Ford dispose donc, en plus du Kuga PHEV, d’un second hybride rechargeable en proposant l’Explorer de notre côté de l’Atlantique.

Et sur le papier, les chiffres lui sont favorables, n’en déplaise aux détracteurs du genre : 71 g / km et 3,1 l / 100 km annoncés, en cycle WLTP. En principe, pas si éloigné des conditions réelles. On pourrait même, selon l’usage, simplement déplacer son V6 au repos et son réservoir plein de Sans Plomb sans en siroter une goutte. Comme tout hybride plug-in, il convient évidemment d’adopter une certaine discipline pour y trouver un intérêt : tout simplement, le recharger à chaque fois que l’on en a la possibilité, afin de parcourir les trajets quotidiens en tout-électrique.

 

7 places, du volume, et un prix…

Ce n’est donc pas l’appétence (très) limitée pour ces géants qui a poussé Ford France à afficher l’Explorer au catalogue. Le constructeur ne vise d’ailleurs guère plus que quelques (petites) centaines de ventes par an. Pour autant, un public familial adepte des grands volumes peut y trouver son compte.

Difficile pour deux Explorer de se croiser entre les maisons à colombages de Gerberoy, pittoresque village au cœur de la Picardie qui a servi de halte sur notre parcours. Ce grand costaud est évidemment à l’étroit dans ces conditions. 5,06 m de long, 2,28 m de large rétroviseurs inclus ! Cela fait de lui l’un des plus gros SUV du marché, avec les Mercedes GLS et BMW X7. Bien plus chers, cela dit. Ne parlons même pas de nos centres urbains, qui chassent l’automobile par réflexe politique. La petite ceinture parisienne ne recouvre heureusement pas la majorité du territoire.

 

L’Explorer débute à 77.000 euros en ST Line, avec un équipement « tout-compris », et échappe au malus. Onéreux certes, mais plutôt compétitif par rapport aux SUV premium. Notre version Platinum demande 79.000 euros.

Bon à savoir : anticiper l’achat et la revente.

Il est possible de connaitre la valeur de revente ou de reprise de votre véhicule grâce à la cote auto Turbo de votre Ford Explorer, l’alternative à la côte Argus.

Tout nous rappelle que l’Explorer vient d’un pays où le manque de place n’est pas un sujet. Avec un tel volume intérieur, pas besoin d’astuces de modularité pour optimiser l’espace : pour faire grand, il suffit de faire gros ! Une fois habitué aux mensurations américaines de l’Explorer (il existe plus gros, là-bas !), on découvre un environnement dans la même veine.

Du volume, de la place pour sept (même la troisième rangée reste praticable), et une soute en guise de coffre : 1.137 l en 5 places, et jusqu’à 2.274 l en configuration « déménageur », tous sièges repliés. On se contente de 330 l en 7 places (240 l sous la tablette), suffisant toutefois pour quelques courses ou bagages légers. Notons toutefois que sur la seconde rangée, les trois larges places individuelles (coulissantes sur 15 cm et rabattables indépendamment) manquent de maintien.

Origines et look assumé, l’Explorer vient bien d’outre-Atlantique et préfère les grands espaces. Un peu à l’étroit…

La présentation aussi, fleure bon l’Amérique. Pas forcément dans le bon sens, même si on a vu pire en finition. Massif, un rien clinquant avec des boiseries en authentique plastique certifié, et les ajustages certes solides sont approximatifs. Au moins, l’équipement est complet, y compris du côté du multimédia. Le grand écran vertical, façon tablette, regroupe une panoplie de fonctions connectées. On trouve même un routeur 4G.

Côté confort, les sièges sont ventilés et chauffants sur les deux premières rangées. Pas mal, pour un prix d’appel « tout compris » de 77.000 euros. En comparaison, ses rivaux premium précités tournent autour des 100.000 euros, et ne sont pas si généreux. Et rares en PHEV : seuls les Volvo XC90 T8 et Range Rover existent en hybride rechargeable, chez les grands SUV

Recharger la batterie de 13,6 kWh demande environ 6 h sur une prise domestique, 4 h sur une wallbox ou un peu plus d’1h avec une borne de charge rapide.

Confort placide et chronos

Il ne faut pas lui demander de miracle lorsque la route commence à tourner. Presque 2,5 tonnes et une suspension très typée confort, voilà qui implique un comportement assez loin de nos habitudes européennes. Mouvements de caisse marqués, plongée au freinage… cela fait partie du charme, diront les fans. Pourtant, là encore, on pouvait s’attendre à pire et la conduite n’a rien d’un utilitaire rustique. Un XC90, par exemple, est à peine moins pataud. Rendons aussi justice à ses qualités tout-chemin, si ce n’est plus : l’état de propreté de notre modèle, vite dégradé après une situation délicate en pleine vase, l’illustre bien. Plusieurs modes de conduite tout-terrain sont d’ailleurs proposés pour gérer les 4 roues motrices (permanentes, un bon vieil arbre de transmission assure toujours le travail). En tout cas, nous avons pu nous extraire de quelques mauvais pas sans renfort extérieur.

L’Explorer préfère donc les grands espaces rectilignes, sans être bousculé. Mené en douceur, l’agrément est réel… et les performances sont là : le V6 turbo de 3 l, combiné à un moteur électrique de 100 ch, délivre en combiné 457 ch et un couple maximal de 825 Nm. De quoi presque faire oublier le poids, du moins en ligne droite. Passer de 0 à 100 km/h demande tout juste 6 s, et les relances sont du même acabit. Musclées ! Dès le démarrage, la poussée impressionne et ne s’essouffle pas.

 

Indice éloquent de ses proportions : malgré d’imposantes jantes de 20 pouces généreusement chaussées, il y a encore de la place dans les passages de roues. Assez pour tâtonner dans la vase…

L’intérêt du système n’est pas là. En tout électrique, la batterie de 13,6 kWh nous permet de parcourir presque 40 km, en conduite coulée et sur un tracé sans relief. Pas si loin des 44 km annoncés, à condition de ne pas s’éterniser sur autoroute (on peut évoluer jusqu’à 130 km/h en électrique) Batterie vide, l’appétit du V6 augmente vite, sans surprise. La moyenne relevée reste néanmoins acceptable au vu de la masse de l’engin : nous avons relevé autour de 10 l / 100 km de moyenne au terme de notre essai, majoritairement composé de réseau secondaire et d’autoroute.

La sellerie est large, confortable, et l’assise un peu (trop) molle. En 5 places, l’espace aux jambes et le coffre sont gigantesques.

Caractéristiques techniques Ford Explorer PHEV (2020)

 
Modèle essayé : Ford Explorer PHEV Platinum
Dimensions L x l x h
5,059 / 2,004 / 1,778 m
Empattement
3,020 m
Volume du coffre mini / maxi
330 l / 2.274 l
Poids à vide
2.466 kg
Moteur
6 cylindres en V turbo, essence, 2.984 cm3 + moteur électrique
 Puissance
457 ch combinés (357 ch thermique + 100 ch électrique)
Couple
825 Nm à 2.500 trs/mn
Transmission
Intégrale
0 à 100 km/h
6 s
Vitesse max
230 km/h
Autonomie / consommation annoncée
44 km électrique / 3,1 l / 100 km (WLTP)
Taux de CO2
71 g / km
Bonus / malus 2020
0 €
Tarifs
à partir de 77.000 €

Bon à savoir : anticiper l’achat et la revente.

Que ce soit pour l’achat d’une voiture neuve ou d’occasion, Il est important de prévoir toutes les dépenses en comparant différentes offres d’assurance auto.

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