Essai Renault Arkana E-Tech hybride (2021) : modelé par les tendances
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Essai Renault Arkana E-Tech hybride (2021) : modelé par les tendances


Zapping Autonews Green Voiture hydrogène : c’est pour quand ?

Il fait feu de tout bois, ce nouveau Renault Arkana. Attentif à ce qui fonctionne, il en fait une synthèse pour déboucher sur une offre unique chez les constructeurs généralistes. Puisque 55 % du marché du segment C (véhicules compacts) prennent la forme de SUV, le nouveau venu en est un. Comme l’hybride a la cote, l’Arkana en propose. 65% des pré-commandes du modèle se trouvent d’ailleurs être des versions « E-Tech Hybrid », la technologie d’hybridation non rechargeable de Renault. Mais vu que la concurrence est rude et que le style a son importance pour se démarquer, il choisit une ligne de coupé.

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Renault Arkana E-Tech | Toutes les photos de notre essai de la version hybride du SUV coupé français+61

L’Arkana profite de sa longueur accrue pour aplatir un maximum son pavillon vers l’arrière.Credit Photo – Autonews

Loin d’une simple lunette arrière inclinée, comme on le voit fréquemment maintenant, tout le pavillon tombe vers la poupe, à la manière de ce que l’on peut observer chez plusieurs constructeurs premium allemands depuis une dizaine d’années. Sur une base technique de Renault Captur, l’Arkana l’allonge de 34,1 centimètres pour atteindre 4,57 m avec un gain de 8,1 cm au niveau de l’empattement (2,72 m), profitant à l’habitabilité aux places arrière. Il fait donc bien partie des SUV compacts et même, des plus grands de la catégorie.

C’est pourtant l’un des plus bas (1,57 m), soit à peine un demi-centimètre de plus que le Captur. Sa ligne fuyante et sa longueur accentuent cet effet de hauteur réduite. Sa garde au sol de 20 cm et ses cinq portes ne font pour autant pas oublier que de coupé, il n’en a que le nom. Son style plus dynamique que celui du Captur, s’accorde bien avec la finition haut de gamme « RS Line » dotée d’une grosse lame avant gris mat foncé, élargissant visuellement une face à peine plus large que celle du SUV citadin (+ 2,3 cm). Le capot gagne quelques nervures plus sculptées, les phares sont plus larges et plus étroits, la grille de calandre adopte des angles plus marqués mais le porte-à-faux avant est quasi identique (+ 2 mm). On aurait pourtant juré que le capot était plus long et plus horizontal.

Plus aucun doute à l’arrière, avec un porte-à-faux plus long de 25,8 cm et une « malle » dépassant généreusement derrière les roues postérieures. Les feux choisissent la forme des plus gros modèles particuliers de Renault, ceux des Talisman et Koleos.

Cellule étendueLancer le diaporama
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Ambiance sportive et finition soignée pour cet habitacle très proche de celui du Captur.Credit Photo – Autonews

Le coffre y gagne directement avec un volume de 513 litres. Un peu moins en hybride (480 litres), en se privant du bac vertical situé sous le plancher, au centre de la zone de chargement. Plancher plat à hauteur du seuil, réglable sur deux niveaux au besoin, banquette rabattable en deux parties, parois droites, et grande ouverture du hayon, le compte y est pour faire face aux voyages chargés. Et si le Captur fait mieux sur les chiffres en pouvant aller jusqu’à 536 litres avec sa banquette coulissante, il devra alors sacrifier l’espace aux jambes de ses occupants. En position normale, le SUV urbain dispose de 58 litres de moins (422 litres). Et l’Arkana ajoute à cela un accueil bien plus confortable aux places arrière.

Espace aux jambes important, garde au toit suffisante et un accès à bord qui n’est pas handicapé par la chute de toit. L’assise est moelleuse, sauf au centre, et l’installation est réussie. Seul reproche, des appuis-tête durs et trop inclinés vers l’avant, n’invitant pas à s’y reposer.

À l’avant, on reconnaît l’habitacle du Captur, légèrement modifié. L’habillage couvre une plus large surface de la planche de bord. Sur la finition RS Line, il imite le carbone, d’aspect brillant. On croirait presque à du vrai. Avec les liserés rouges, le volant spécifique et les sièges en cuir surpiqués de rouge et complétés par des inserts en suédine, l’ambiance est à la fois sportive et chaleureuse. La qualité des matériaux et la finition font preuve d’autant de sérieux que dans le Captur.

Les parties basses demeurent cependant constituées de plastiques durs et les commandes placées entre les sièges sont, cette fois, surélevées, au niveau du sélecteur de vitesses. Le bloc ainsi formé ne profite pas de la précision d’assemblage du reste du mobilier. Avec cette nouvelle disposition, il n’est plus possible d’obtenir un espace de rangement sous le sélecteur, lorsque celui-ci prend la forme d’un levier compact serti de métal, le « E-Shifter » à commande électronique lié au moteur E-Tech, plus esthétique mais uniquement en association avec la finition RS Line.

Arbitrage à l’usageLancer le diaporama
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Entre E-Tech Hybrid et 100 % thermique micro-hybride 12V, le choix se fera en fonction de son usage personnel, comme toujours.Credit Photo – Autonews

Sur les finitions Zen et Intens, on aura droit à un sélecteur plus classique et plus imposant quelle que soit la motorisation choisie. Il y en a trois en tout. Un bloc essence 1.3 turbo à micro-hybridation 12V disponible en deux niveaux de puissance (140 ou 160 ch) et toujours associé à une boîte automatique à double embrayage EDC 7. Le troisième, l’E-Tech de 145 ch, constitué d’un moteur essence atmosphérique 1.6 de 94 ch, d’un bloc électrique de 36 ch et d’un second moteur électrique plus petit (15 ch) servant à piloter la partie thermique, récupérer de l’énergie et ajouter un surplus de puissance. Pas d’embrayage, une transmission utilisant des crabots pour faire fonctionner ensemble les trois moteurs pour un total de quinze modes de marche.

Ce système démarre donc obligatoirement en mode tout électrique, avec une autonomie de trois à cinq kilomètres environ, à une vitesse maximale de 70 km/h, grâce à une batterie de 1,2 kWh de capacité, positionnée sous la banquette arrière. Pour avoir toujours assez d’électricité en stock afin d’assurer les démarrages, le moteur thermique s’allume régulièrement et la recharge à régime constant. Une phase surtout sonore à l’extérieur. La bonne insonorisation de l’habitacle rend ce passage peu dérangeant et durant la conduite, le moteur thermique s’allume et s’éteint de manière autonome en fonction des besoins de charge et de puissance demandée dans une relative discrétion. Les montées en régime peuvent être soudaines jusqu’à la montée d’un rapport permettant de retrouver un calme plus complet. Les transitions restent transparentes, sans à-coup et contrairement au Captur ainsi motorisé, l’électronique ne maintient pas la boîte sur un rapport inapproprié aux alentours des 80 km/h. Un bon point pour l’agrément.

Principal atout de l’E-Tech, seulement disponible en version non rechargeable sur l’Arkana, des consommations en baisse. Sur un parcours mêlant villes et départementales, notre moyenne atteignait les 5.0 l./100 km. Le réservoir compte 50 litres. Nous avons pu nous mettre au volant de la version essence 140 ch pour un rapide tour de comparaison. Sur les phases de conduite menées à rythmes identiques, on pouvait constater une consommation supérieure d’environ deux litres aux 100 km. Ce qui rend l’E-Tech intéressant pour les utilisateurs roulant principalement en milieux urbains et péri-urbains, le surcoût de l’hybridation étant contenu à 1 500 €.

Ceux empruntant plus régulièrement l’autoroute et se servant de leur véhicule surtout pour les longs trajets ne percevront pas le même gain. Ils privilégieront donc le prix d’achat avec le 1.3 TCe 140. Plus léger de 99 kg (1 336 kg contre 1 435 kg), il parvient à des performances supérieures (9,8 sec sur le 0 à 100 km/h et 205 km/h en pointe contre respectivement 10,8 sec et 172 km/h) même si aucun des deux ne manque fondamentalement de vivacité. Ce bloc 100 % thermique est de plus assez souple et doux à l’usage pour une évolution sereine en ville. Il troque la sensation de fluidité plus poussée de l’électrique contre une philosophie plus « sportive » avec l’adjonction de palettes au volant et une sonorité plus métallique.

Une réelle conduite sportive n’est de toute façon pas à attendre de l’Arkana, à l’esprit général malgré tout plutôt familial et à la position de conduite un peu droite reprise au Captur. Bien que son dynamisme ait de quoi séduire. Très sécurisant, peu importe le rythme, il se montre stable et précis, à peine sujet au roulis mais assurant en parallèle un confort appréciable. Le compromis semble juste. Cela se répercute sur les vitesses plus réduites, où les irrégularités de la route sont plus sensibles.

Notre modèle E-Tech bénéficiait de la dernière calibration de la direction, tout juste mise au point après les premiers retours de la presse. Toutes les motorisations y auront droit dès les premières livraisons. La consistance a été améliorée vers plus de résistance et une différence plus sensible entre les trois niveaux de dureté sélectionnables depuis le menu « Multi-Sense » du système multimédia.

Enfin, pour des performances accrues, le moteur 1.3 TCe 160 ch est proposé à 1 200 € de plus que le 140 ch et 300 € de moins que l’hybride E-Tech, seulement avec les finitions Intens (33 050 €) et RS Line (35 800 €).

Compétitif sur les prixLancer le diaporama
Renault Arkana E-Tech | Toutes les photos de notre essai de la version hybride du SUV coupé français+61

Avec ses qualités et sa dotation, le Renault Arkana est proposé à des tarifs très concurrentiels.Credit Photo – Autonews

En entrée de gamme Zen, le tarif de départ de 29 700 € (31 200 € pour l’E-Tech) se montre pour le moins attractif, avec un équipement fourni : aide au stationnement avant/arrière et caméra de recul, phares et essuie-glaces automatiques, écran central 7 pouces compatible Android Auto et Apple CarPlay, clés mains-libres, climatisation automatique, jantes 17″, phares full LED…

La finition Intens, à partir de 31 850 € (33 350 € pour l’E-Tech), ajoute entre autres : assistant de feux de route, surveillance des angles morts, régulateur de vitesse adaptatif, sélection de modes de conduite, écran central vertical 9,3″ avec navigation intégrée, accoudoir central arrière, jantes 18″, vitres arrière surteintées, rétroviseur intérieur sans contour.

Puis le niveau RS Line commence à 34 600 € (36 100 € pour l’E-Tech) avec notamment en plus : kit de carrosserie et jantes 18″ spécifiques, sellerie cuir à surpiqûres rouges, sièges avant électriques et chauffants, chargeur de téléphone à induction, stationnement semi-automatique. De plus, la peinture métallisée « Bleu Zanzibar » est livrée en série sur RS Line, alors que le pétillant « Orange Valencia » lui est exclusif contre 650 €.

Particulièrement adaptée à l’esprit de l’Arkana pour son style extérieur comme intérieur, cette finition RS Line représente déjà une pré-commande sur deux. Avec sa dotation complète, le rapport prix/équipements de ce haut de gamme se place parmi les meilleurs du segment, même si quelques éléments ne sont pas proposés tels que l’affichage tête-haute, le hayon électrique ou l’éclairage matriciel. Mais que lui manque-t-il vraiment ? Style engagé et espace intérieur, coffre, présentation soignée, compromis dynamisme/confort, consommations du moteur E-Tech. Le SUV n’est pas un genre apprécié de tous mais l’un de ceux qui se vendent le plus. Alors en coupé, seul sur son marché, celui-ci pourrait plaire aux adeptes, convaincre quelques indécis et attirer une nouvelle clientèle venue d’horizons variés, surfant sur des tendances que l’Arkana au losange agrège avec opportunisme.

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