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Zapping Autonews Green Voiture hydrogène : comment ça marche ?

Il fallait tout revoir chez Jeep pour coller aux exigences des réglementations européennes. Le constructeur américain, spécialiste du tout-terrain, avec des modèles massifs, des motorisations imposantes et presque toujours dotés de quatre roues motrices, n’avait pas forcément de quoi ce sentir avantagé par la grille de malus sur notre territoire… Le Compass, son SUV compact, réalisant plus de 40 % des ventes de la marque en Europe depuis 2017 avait déjà fait un premier pas pour se racheter une conduite en 2020, en rapatriant sa production du Mexique vers l’Italie, à Melfi. Les motorisations thermiques devenaient uniquement disponibles en traction et les variantes à transmission intégrale correspondaient aux Compass hybrides rechargeables.

Des changements qui ne se voyaient pas vraiment. C’est pourquoi un restylage mettant en valeur ces évolutions était le bienvenu. Le Compass version 2021 ressemble pourtant beaucoup au précédent. Les retouches sont discrètes à l’extérieur, surtout à l’arrière où seuls les feux, dotés d’une signature lumineuse à LED, adoptent une teinte plus foncée. L’avant revoit quant à lui bouclier, phares (100 % LED, affinés) et calandre pour se rapprocher un peu plus de l’aspect du Grand Cherokee. Il sera tout de même nécessaire de garer l’ancien et le nouveau côte à côte pour mesurer l’évolution.

Plus qu’un restylage à l’intérieurLancer le diaporama
Jeep Compass 4xe restylé | Les photos de notre essai du SUV compact+68

L’habitacle du Jeep Compass restylé a été entièrement revu.Credit Photo – Autonews

Tout l’inverse de ce qu’il se passe dans l’habitacle. Le Compass introduit un style intérieur que suivront les futures générations des autres modèles de la marque. Le design devient plus horizontal et comprend un large bandeau en cuir sous des aérateurs finement intégrés. Au centre, l’écran tactile n’est plus encastré dans la planche de bord, façon tablette de 8,4″ en entrée de gamme ou 10,1″ ensuite. Un deuxième niveau de finition qui ajoute une instrumentation entièrement numérique de 10,25″ où chaque élément est personnalisable. On ne peut cependant pas y retrouver de retour de la carte du système de navigation. La partie multimédia est assurée par la cinquième génération du système UConnect, plus rapide et aux graphismes revus, sur une dalle brillante. La connectivité avec le téléphone par Android Auto ou Apple CarPlay se réalise sans fil et un chargeur à induction fait son apparition. Le volant est également tout nouveau, à quatre branches avec l’inscription Jeep placée sur une barre horizontale noire, rappelant la présentation de ceux des Land Rover, autre spécialiste du franchissement.

Pour faciliter ce franchissement, la molette ronde de réglage du mode de gestion de la motricité et de conduite, laisse place à une gâchette avec les positions Terre et sable, Neige, Automatique et Sport. Il est toujours possible de bloquer le différentiel arrière sur les versions plug-in hybrid mais les trains avant et arrière n’étant pas reliés mécaniquement ensemble, le blocage s’effectue par le contrôle du moteur électrique arrière, qui se cale sur le rythme du bloc thermique entraînant les roues avant.

La conception nouvelle de l’habitacle permet, de plus, d’offrir des rangements en plus avec 4,4 litres de contenance totale ajoutée, soit 7,2 litres. La qualité perçue générale fait un bond important en avant mais si la finition progresse, la partie basse de cet intérieur montre encore quelques imprécisions dans les assemblages et des plastiques durs moins qualitatifs.

L’habitabilité ne marque aucun changement, avec une banquette arrière spacieuse. Le coffre, de 438 litres sur les Compass thermiques (368 litres avec la roue de secours), n’est pas trop affecté par le moteur électrique sur les Compass 4xe, avec 420 litres, mais c’est un volume relativement contenu pour la catégorie.

4×4 par l’électricitéLancer le diaporama
Jeep Compass 4xe restylé | Les photos de notre essai du SUV compact+68

Réglage de la motricité, blocage de la transmission géré par l’électronique, le Compass hybride rechargeable entretient ses gènes de tout-terrain.Credit Photo – Autonews

La batterie de 11,4 kWh loge sous la banquette arrière et se recharge en 1h30 sur une Wallbox de 7,4 kW (chargeur limité à 7,2 kW) et jusqu’à 3h00 en utilisant une prise domestique classique. Seul le câble pour prises domestiques (Mode 2) est fourni. Celui pour bornes publiques ou Wallbox (Mode 3) est facturé en option à 329 €.

Une fois la recharge complète effectuée, il est possible de rouler pendant 42 km uniquement à l’électricité selon le constructeur. En réalité, ce chiffre se vérifie puisque sur un parcours empruntant routes départementales et nationales à 110 km/h, les accumulateurs sont arrivés en réserve au bout de 41 km. Le mode électrique peut rester en fonction jusqu’à 130 km/h et il repasse automatiquement en mode hybride en cas d’accélération prononcée. Sinon, la commande de changement est située à gauche du volant.

Sur ce mode de fonctionnement électrique, seules les roues arrière sont entraînées par le moteur électrique de 60 chevaux et 250 Nm. Suffisant pour évoluer en ville et à rythme calme. Il se marie bien à la souplesse des suspensions, assurant un bon niveau de confort quel que soit l’état de la route. En cas de besoin de puissance supplémentaire, le moteur essence 1.3 turbo se réveille en toute discrétion et il ne génère aucun à-coup de transition. Selon la finition choisie, la partie thermique atteindra 130 chevaux (Longitude, Limited, 80th Anniversary) ou 180 chevaux (Trailhawk, S) avec toujours 270 Nm de couple. Ce qui permet d’améliorer les performances en associant les deux moteurs, avec un 0 à 100 km/h en 7,9 sec dans le premier cas et 7,3 sec dans le second.

C’est mieux que les versions 100 % thermiques utilisant le même moteur essence (130 ou 150 ch), effectuant le même exercice en 9,2 sec pour le plus puissant et 10,3 sec pour l’autre, malgré un poids largement inférieur de 430 kg (1 505 kg contre 1 935 kg). Le lourd Compass hybride réussit pourtant à contenir ses mouvements latéraux. La version Trailhawk, reconnaissable à ses pare-chocs spécifiques en plastique noir, plus orienté vers l’aventure, augmente aussi sa garde au sol d’un centimètre et assouplit ses suspensions, ce qui a tendance à le faire davantage rebondir sur les ralentisseurs. Le gain en puissance n’est donc pas déterminant pour le type de conduite de ce SUV. Surtout que les sièges manquent de maintien et que la direction s’avère bien trop légère pour ressentir l’adhérence correctement, avec une sensation de flottement.

En outre, une version diesel 1.6 de 130 chevaux mais plus coupleuse (320 Nm) est disponible pour les plus gros rouleurs. Plus lourde que l’essence (1 615 kg), elle demeure bien plus légère que l’hybride rechargeable. Ce dernier pourra donc surtout séduire pour son silence de fonctionnement et par sa philosophie « 4×4 » plus en rapport avec l’image d’une Jeep. Paradoxalement à son poids et à sa puissance supérieurs, il est celui qui permet au Compass d’accéder au bonus « écologique » de 2 000 € (1 000 € au 1er juillet 2021). Tous les Compass 4xe en bénéficient et pour la marque c’est déjà une réussite.

Prix stable, contenu en hausseLancer le diaporama
Jeep Compass 4xe restylé | Les photos de notre essai du SUV compact+68

Le Jeep Compass plug-in hybrid évite le malus. Il a même droit à un bonus quelle que soit la finition choisie mais demande un gros effort financier face aux versions thermiques simples.Credit Photo – Autonews

Il faudra donc vraiment s’attacher à l’esprit Jeep pour justifier l’achat du Compass plug-in hybrid plutôt que ses versions thermiques, car malgré le malus de celles-ci (entre 100 € et 1 172 €) et en incluant le bonus, l’écart tarifaire est compris entre 6 000 € et 8 300 € environ, qui s’explique par une batterie d’une valeur de 7 300 €. Premier prix brut : 31 500 € contre 42 700 € pour le 4xe. Cela reste stable par rapport au Compass d’avant restylage, d’autant plus que la dotation s’enrichit. Les aides à la conduite sont plus nombreuses (détection des piétons et cyclistes, reconnaissance des panneaux de signalisation, limiteur de vitesse intelligent, détecteur de somnolence). On trouve également un hayon électrique qui peut maintenant s’ouvrir d’un mouvement du pied sous le bouclier, des caméras à 360° et des aérateurs additionnels à l’arrière, en plus de toutes les nouveautés en termes d’infodivertissement.

Si la finition Longitude est déjà bien dotée, le deuxième niveau Limited (34 500 € ou 45 200 € en hybride) permettra de profiter des principales nouveautés technologiques du modèle et de la planche de bord en cuir marron (tissu gris surpiqué bleu sur Longitude et cuir noir sur les autres finitions). Le haut de gamme « S » à 49 700 € inclut tout de série à l’exception des sièges avant ventilés (600 €) et du toit ouvrant panoramique (1 200 €).

Au-delà de l’apport pour son image, les quatre roues motrices du système hybride réduisent considérablement la concurrence et le place correctement sur le marché des SUV compacts généralistes plug-in hybrid à transmission intégrale. Il trouvera en face de lui le Mitsubishi Eclipse Cross PHEV, environ 2 000 € moins onéreux. Moins dynamique mais plus puissant et performant que le japonais, le Jeep Compass 4xe propose un rapport encombrement/habitabilité plus avantageux pour tenter de compenser son tarif supérieur.

La formule d’un tout-terrain électrifié pour concilier capacités off-road et respect de la réglementation sur les émissions de CO2 à l’échappement, apparaît comme une solution miracle pour Jeep qui avait déjà converti son Renegade et s’apprête à faire de même avec l’iconique Wrangler, qui conservera cela dit un arbre de transmission entre les deux essieux et placera son moteur électrique entre le bloc thermique et la boîte de vitesses sous le capot. Une solution qui devra encore attendre une baisse du coût de cette technologie pour démontrer tout son intérêt.

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