Premier essai nouvelle DS 4 hybride 225 ch : la compacte française tient-elle tête aux allemandes ?
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Premier essai nouvelle DS 4 hybride 225 ch : la compacte française tient-elle tête aux allemandes ?


La nouvelle DS 4 nous avait déjà séduit en statique au début de l’année, mais elle apparaît encore plus réussie en chair et en os, au milieu de la circulation. Cette “compacte” qui a notamment dans le viseur les Mercedes Classe A (4,42 m) et Audi A3 (4,34 m) impressionne d’abord par ses volumes. La DS est juste entre les deux (4,40 m), mais ses 1,83 m de large et surtout 1,49 m de haut – soit 4 à 5 cm de plus que les deux allemandes – en font un objet massif. La DS 4 en impose, elle qui en plus d’être un cauchemar de carrossier au vu de la complexité de l’alignement de ses lignes, arbore une silhouette atypique qui ne laisse pas indifférent. Comme nous avons le constater lors de cet essai, notamment lors d’un passage au marché de Chantilly (Oise).

Nouvelle DS 4 E-Tense© F.CamuzatLa DS 4 se décarcasse à bord

Ce goût de plaire se retrouve en ouvrant la porte, où la griffe française a mis le paquet pour convaincre. “Dans les tests cliniques, les clients nous racontent souvent qu’ils en ont assez des intérieurs convenus, mais si on chamboule tout la plupart sont effrayés. Alors il fallait trouver l’équilibre entre originalité et esprit novateur”, explique Philippe Houy, le chef du projet DS 4. Le résultat, comme sur la DS 9, un subtil dosage de modernité et de classicisme. L’imposante planche de bord est agencée avec finesse et renvoie les aérateurs extérieurs sur les contre-portes pour paraître plus large, tandis que les aérateurs centraux sont dissimulés sous une élégante barrettes de commandes de clim’. L’ensemble profite de l’expertise de la marque en sellerie et traitement des métaux. Avec une mention spéciale pour les contre-portes.

Dans cette luxueuse déclinaison “la Première”, un fin bandeau en frêne, au niveau des commandes de vitres électriques, et une surface en cuir recouvertes de coutures en cuir “non débouchantes” (elles ne recouvrent pas l’ensemble de la pièce) confirment que cette française est la berline la plus soignée du segment – les Classe A et A3 étant bien moins loties. Pour concurrencer la “deutsche qualität” c’est parfait, surtout, même si elle ne s’en vantera pas, que cette “4” est fabriquée en Allemagne, à Rüsselsheim chez Opel !

Planche de bord de la nouvelle DS 4 E-Tense© F.CamuzatDes partis-pris assumés

La DS inaugure une nouvelle architecture électronique et un nouveau système multimédia, même si ce dernier n’est pas définitif sur notre modèle d’essai. Impossible d’essayer la nouvelle commande vocale par un “hey, Iris” comme il est prévu, alors que l’écran central de 10 pouces est affecté de quelques bugs d’affichage. Mais Philippe Houy se veut rassurant : “les premières livraisons auront lieu à la fin de l’année seulement quand nous aurons terminés et validés tout ce qui reste à finir…”

En attendant, cette compacte assume des partis-pris forts. Ainsi, le conducteur, au lieu d’un grand écran-compteur de 10,25 pouce comme dans une Classe A, dispose d’un 7 pouces. La raison ? Au volant on utilise surtout l’affichage tête haute qui lui correspond à un 21 pouces. Les deux afficheurs sont liés – ce qui est projeté dans le HUD ne l’est plus dans l’écran-compteur – permettant à chacun de choisir ce qu’il a sous les yeux. Quant à la dalle centrale, à la réactivité déjà satisfaisante, elle fonctionne désormais avec une logique de smartphone. Il suffit de faire défiler les pages, jusqu’à 5 maxi, chacune étant configurable à l’envi, en contenu comme en couleur. Pour les habitués des berlines d’outre-Rhin, DS a aussi rajouté un pavé tactile entre le passager et le conducteur.

Un empattement généreux

Bien installé dans le fauteuil en cuir confection « bracelet de montre », on profite d’une ergonomie assez réussie, même si les symboles blancs sur gris des commandes de clim’ se révèlent peu lisibles à mon goût. Un détail dans cet univers bien pensé où l’espace ne manque pas, notamment sur l’opulente banquette arrière, même s’il n’y a rien de trop au vu de l’empattement généreux (2,68 m). Enfin, côté coffre, cette variante E-Tense promet 390 dm3 (430 dm3 sur les thermiques), quand une Classe A 250e annonce 345 dm3. Pas si mal, même si la française, hybride oblige, fait l’impasse sur la roue de secours et que les deux câbles de chargement livrés de série grignotent de la place.

Assise et habitacle à l’arrière de la nouvelle DS 4 E-Tense© F.CamuzatUne bonne compagne de route

Au lancement, à côté des trois propositions essence, 130, 180 et 225 ch, et du diesel de 130 ch, la française propose cette variante hybride rechargeable de 225 ch. Une motorisation déjà vu sur les DS 7 et 9, qui combine un 1.6 turbo essence (180 ch) avec un moteur électrique de 110 ch. Dans la DS 4 la batterie affiche une capacité totale de 12,4 kWh (13,2 kWh dans les autres DS) et la voiture revendique 1 653 kg sur la balance – 234 kg de plus qu’une Puretech 225. L’annonce des 55 km d’autonomie WLTP en 100% électrique paraît très optimiste, mais cela n’empêche pas la française de s’affirmer une bonne compagne de route, livrée d’office avec l’Active Scan Suspension en version E-Tense.

Nouvelle DS 4 E-Tense© F.Camuzat

Basculer en mode Confort – qui, comme en hybride, optimise l’usage de la batterie en fonction de votre destination programmée – c’est profiter d’un amortissement piloté par une caméra qui scrute la route. Le gain est sensible et le résultat vraiment convaincant quand on songe que cette DS 4 se contente, en guise de suspensions arrière, d’une simple traverse déformable, et qu’elle est ici chaussée de lourdes roues de 20 pouces. Les quelques battements de roues sont très supportables, d’autant que l’insonorisation est soignée si l’on excepte des bruits de roulement un peu trop prononcés – un autre chantier qui doit être “traité” avant le lancement. Facile à vivre et vive à se relancer grâce aux 360 Nm de couple cumulés, la DS 4 n’a, en revanche, aucune velléités sportives.

Des prix en rapport

L’équilibre passe avant l’agilité, avec une direction plus concentrée à filtrer les défauts de la route qu’à signaler les pertes d’adhérence du train avant, facilement débordé par le couple disponible quand la pluie s’invite. Un choix cohérent au vu du positionnement, douceur et facilité de conduite créant une atmosphère détendue. Reste à la française à régler certains détails avant d’arriver en concessions. Car la clientèle visée par cette compacte facturée à partir de 29 800 € et 51 500 € dans cette version E-Tense n’est pas connue pour être tolérante vis-à-vis des défauts de jeunesse…

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