que vaut la Série 4 "premier prix" ?
Essais

que vaut la Série 4 « premier prix » ?


A l’opposé des tonitruants 6 cylindres des M440i et M4, la gamme de la nouvelle BMW Série 4 débute plus modestement avec un 4 cylindres de 2 litres. Reste à savoir si avec seulement 184 ch, la 420i délivre toujours l’agrément et les performances que l’on attend d’un coupé BMW.

Promis, nous n’aborderons pas dans les lignes qui suivent le psychodrame créé par la nouvelle calandre de la Série 4… Tiens, cela pourrait même être un défi de journaliste auto : interdiction d’évoquer le sujet en parlant du coupé bavarois ! Le choc passé, l’histoire automobile a montré que l’on pouvait s’habituer à beaucoup de choses, même à l’atypique et astucieux Fiat Multipla (mais peut-être pas au Pontiac Aztek).

De cette nouvelle Série 4, on retiendra donc qu’elle coupe encore plus radicalement que sa devancière avec la Série 3. Dont elle reste, ni plus ni moins, la déclinaison coupé… Même si le nom de baptême par chiffre pair (désormais destiné aux coupés) la positionne en dehors de la gamme de la berline, la base technique reste strictement la même. Le châssis a toutefois été abaissé de 21 mm, les voies arrière élargies de 23 mm, et les réglages des liaisons au sol ont adopté des paramètres un peu plus dynamiques. Juste de quoi entretenir l’esprit de GT bourgeoise, sagement sportive, des coupés BMW de cette catégorie. L’habitacle reste d’ailleurs strictement identique à celui d’une Série 3 (remarquablement construit), exception faite de la disparition des portes arrière et des places logiquement plus réduites à la tête à cause de la ligne de toit (mais tout à fait praticables pour y faire voyager deux adultes sans torture).

Un rang à tenir

La Série 4 est donc, fondamentalement, une Série 3 habillée en élégante GT. Si si, de profil et de trois-quarts arrière, on croirait à une Série 8 en réduction ! Elle en reprend ainsi toutes les motorisations, à l’exception des trop populaires versions d’appel. Point de 416d, heureusement… L’auto a tout de même un rang à tenir. La Série 4 débute donc avec deux 4 cylindres bien connus, essence et Diesel, sur les 420i et 420d. Nous optons pour le premier, noblesse oblige (même si ce Diesel est devenu parfaitement fréquentable). Et cela tombe bien, l’essence est aussi le moins cher (à partir de 49.300 euros, un peu plus pour notre version M Sport richement équipée). Un coupé BMW moins ruineux que prévu, donc ? Oh, vous connaissez la rengaine. Tout est relatif. En cas d’urgence, brisez la glace : nous avons aussi mené un essai parfaitement détaillé de la Dacia Sandero. 

Malgré seulement 184 ch pour emmener ses 1.600 kg, les chronos sont de bon niveau (7,5 s de 0 à 100 km/h). Plus que le tempérament, assez terne, on en retient la douceur de marche.

Bon à savoir : anticiper l’achat et la revente.

Il est possible de connaitre la valeur de revente ou de reprise de votre véhicule grâce à la cote auto Turbo de votre BMW Série 4, l’alternative à la côte Argus.

Le premier contact ne diffère donc guère de ce que l’on trouverait à bord d’une Série 3 dotée du même moteur. Hormis les larges portes sans encadrement, la position de conduite légèrement plus basse (et toujours absolument parfaite, d’ailleurs), et le petit bras rétractable qui vous tend automatiquement la ceinture en se glissant à bord. Merci. Le 4 cylindres s’ébroue en silence, sans soubresaut. Le grondement feutré est classique, voire banal, mais pas déplaisant. A l’heure ou beaucoup de blocs essence chantent comme d’ingrats Diesel, c’est déjà ça. Celui-ci, au moins, sait se tenir.

Ce moteur, de conception très classique (pas de micro-hybridation 48V, contrairement à la plupart des moteurs BMW actuels), n’avance rien de décapant : 184 ch et un couple maximal de 300 Nm, cela ressemble au minimum vital pour déplacer convenablement un coupé de ce gabarit. 1.600 kg, tout de même.

Finition de haut niveau, contenu digital riche mais sans excès d’écrans… Pas de faute de goût, la Série 4 est un coupé bourgeois. Surtout en piochant dans les options : le cuir de notre version est facturé 1.600 €, par exemple.

Service assuré ?

Face au chrono, la 420i n’a effectivement rien d’une auto sous-motorisée. Le 0 à 100 km/h demande 7,5 s, et les relances sont suffisamment volontaires. Le tout est bien aidé par la boite 8 rapports, très douce et parfaitement gérée à défaut d’être un exemple de rapidité. Cette combinaison délivre en tout cas un bel agrément, tout en fluidité, qui colle à merveille à la Série 4 dans cette configuration : sagement dynamique, sans plus de prétention. Seulement, les montées en régime linéaires au possible laissent sur sa faim… Inutile de le bousculer, ce « 4 pattes » reprend très tôt (dès 1.350 trs/mn, son régime de couple maximal) et pousse sans rechigner jusqu’à 5.000 trs/mn. L’ambiance sonore reste du même tonneau, agréable et policée.

Dans ces conditions, ce manque de relief mécanique peut frustrer. L’excellent châssis de la Série 4, à la tenue de caisse remarquablement bien calibrée, est évidemment capable d’encaisser une cavalerie bien plus furieuse. Surtout dans notre version M Sport, équipée de la suspension pilotée Select Drive M (hélas optionnelle, à 650 €, comme beaucoup de raffinements technologiques présents à bord de notre Série 4). L’auto vire à plat, sans mouvement parasite. C’est ferme, surtout sur les grosses imperfections à basse vitesse, mais sans excès. Pas de quoi se faire peur, avec cette propulsion tout à fait docile ! Et plutôt agile, aussi : au moins, un simple 4 cylindres a le mérite de ne pas trop lester le train avant… La seule réserve concerne sa direction à assistance variable : consistante comme il faut, mais son ressenti est totalement filtré.

Maintien de caisse et guidage du châssis exemplaires, commandes précises : même en entrée de gamme, une Série 4 préserve un agrément dynamique de haut niveau… qui fait regretter de ne disposer que de 184 ch !

Finances : la liste est longue

En débutant à 49.300 €, la 420i est plutôt bien placée face à une Audi A5 35 TFSI (moins chère, à 47.040 €, mais avec seulement 150 ch), mais plus chère qu’une Mercedes Classe C 200 Coupé de même puissance, à 46.350 €. Celle-ci est toutefois en fin de carrière, moins moderne et technologiquement fournie que la BMW. Sa meilleure ennemie, moins huppée mais bien plus généreuse (y compris en caractère !) serait une certaine Ford Mustang. A partir de 49.900 €, l’américaine offre un V8 de 450 ch.

Il convient toutefois de rapidement oublier ce prix d’appel. Les options sont nombreuses, et pour profiter d’un équipement complet, la facture grimpe très vite : 2.300 € pour le pack confort incluant sièges électriques, chauffants et accès mains libres, 3.900 € pour le pack Innovation (phares Laser, affichage tête haute…). Notre modèle dépasse ainsi les 66.000 €.

Heureusement, la 420i a le bon goût de modérer son appétit : nous avons relevé une moyenne de 8 l / 100 km sur un parcours mixte, sans retenue particulière. Homologuée de 143 à 156 g / km selon les versions, elle limite aussi son Malus CO2 à un niveau à peu près tolérable (de 260 à 1.074 €).   

La Série 4 s’étend sur 4,77 m de long, soit 5 cm de plus que la Série 3 dont elle reprend la plate-forme.

Caractéristiques techniques BMW Série 4 Coupé 420i (2021)

Fiche Technique BMW 420i (2021)
Modèle essayé : BMW 420i M Sport
Dimensions L x l x h
4,768 / 1,852 / 1,383 m
Empattement
2,851 m
Volume mini du coffre
440 l
Poids à vide
1.600 kg
Cylindrée du moteur
4 cylindres essence, turbo – 1.998 cm3
Puissance
184 ch à 5.000 trs/mn
Couple
300 Nm à 1.350 trs/mn
0 à 100 km/h
7,5 s
Vitesse max
240 km/h
Taux de CO2
de 143 à 156 g / km (WLTP)
Consommation annoncée – relevée
6,8 l – 7,9 l / 100 km
Malus 2021
de 260 à 1.074 €
Tarifs
à partir de 49.300 € (Modèle essayé : 66.890 €)

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