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7 candidats à la reprise de Novares, dont Akwel

Après avoir été placé en redressement judiciaire il y a quelques jours, l’équipementier automobile français Novares voit sept candidats à sa reprise avec différentes visions.

C’est par la voix de Pierre Boulet, le Directeur Général de Novares que l’AFP a eu la nouvelle. « Sept propositions ont été reçues par l’administrateur judiciaire ». Les candidats avaient jusqu’à mercredi midi pour se faire connaître.

Dans les offres, quatre proviennent de fonds d’investissement : Apollo, Atlas, Quantum et OpenGate. Deux autres offres émanent de concurrents de Novares, deux équipementiers automobiles : le français Akwel et l’indien Motherson. Quatre et deux…six et non sept.

En effet, les actionnaires actuels – le fonds d’investissement Equistone qui possède 72% du capital et la banque publique d’investissement Bpifrance à 15% – sont sur les rangs avec un plan de cession subsidiaire. Cela signifie qu’ils réinvestiront dans Novares sur les autres projets de reprise échouent. En attendant, pour continuer l’activité, Equistone et Bpifrance ont accepté de prêter 45 millions d’euros. Cela permet une poursuite à très court terme. Il faudra un total de 115 millions d’euros.

Comment Novares en est-il arrivé à cette situation ?

Novares est un équipementier automobile, spécialiste des pièces en plastique pour les moteurs, les tableaux de bord, mais aussi l’extérieur des voitures. Quand vous ouvrez votre voiture, touchez votre tableau de bord, vous avez sans doute du Novares entre les mains. Présent dans 23 pays, avec 12 000 salariés répartis dans 45 usines de production, 8 centres d’excellence, 9 centres techniques, 24 centres de service à la clientèle, Novares emploie 1 350 personnes en France. 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaire en 2019.

Lire également : L’équipementier automobile Novares en redressement judiciaire

Né de la fusion de Mecaplast et de Key Plastics en 2017, Novares a tenté une introduction en bourse en 2018 pour financer sa croissance externe. N’ayant pas réussi cette introduction, Novares a financé la croissance via la dette. Malheureusement pour le groupe, la pandémie de SAR-CoV-2 a bloqué pratiquement toute la production ainsi que les principaux clients de Novares, les constructeurs automobile.

Asphyxié par sa dette et le manque de trésorerie, l’entreprise a décidé de se placer d’elle-même en cessation de paiement pour trouver une solution.

Cette solution pourrait être le groupe familial Akwel. 12 000 collaborateurs dans 20 pays, 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaire en 2019, Akwel est un groupe de taille comparable à Novares. Akwel est spécialisé dans la gestion des fluides et des mécanismes.

Et maintenant ?

Pour le moment, Novares discute avec les actionnaires actuels et les banques créancières pour un plan de continuation de l’activité. Éventuellement, un nouvel investisseur (Akwel ?) pourrait se joindre à eux pour relancer la machine. Sinon, ce sera la cession – totale ou partielle – à l’un des repreneurs. En dernier recours, un appel aux investisseurs actuels est envisagé.

Une audition est prévue le 28 mai devant le tribunal de commerce de Nanterre qui doit rendre sa décision le même jour.

Qui est Novares ?

Le groupe Novares est né du rachat en 2017 de l’américain Key Plastics par le groupe monégasque Mecaplast. Mecaplast a été fondé en 1955 à Monaco par Charles Manni. Déjà centré sur les pièces en plastiques, Mecaplast a su, peu à peu, s’imposer comme un équipementier incontournable pour les constructeurs automobiles.

Comme dans d’autres domaines de l’automobile, il y a eu de la casse au fil des années dans les différentes entreprises présentes. Au début des années 2000, Mecaplast vient au secours de Neyr Plastiques. En échange d’un abandon des 40 millions de créance, et un rachat à 1 € symbolique, Marini s’est engagé à injecter (sans jeu de mot) 6 millions d’euros dans Neyr. Mecaplast réoriente alors la clientèle de Neyr (ordinateurs comme Hewlet-Packard) vers sa propre clientèle, les constructeurs. Un an plus tard, c’est le groupe de plasturgie Ariès qui est repris. Là, c’est la perte d’un contrat dans la téléphonie (Alcatel) qui avait plongé Ariès dans le rouge.

La crise économique mondiale de 2008 oblige Mecaplast à réorganiser entièrement sa production (lire : fermer des usines). Le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA) entre au capital et injecte 55 millions d’euros en 2009. A partir de cet instant, la croissance du groupe va s’emballer.

Hélas pour les sites français, même historiques, cela se traduit par des fermetures chez nous. A l’inverse, Mecaplast ouvre des usines en Inde, en Chine, etc. C’est en 2016 que BPI France et Equistone Partners Europe entrent au capital. Suite au rachat de l’Américain Key Plastics, Mecaplast devient Novares et le siège social quitte Monaco pour Clamart en Ile-de-France. Le chiffre d’affaire double.

Mais cette boulimie de croissance externe fragilise le groupe Novares qui doit fermer son usine monégasque Foreplast. La Covid-19 lui a fait mettre un genou en terre.

A propos du groupe Akwel

Sans rien présumer de la décision du Tribunal de Commerce de Nanterre du 28 mai prochain, le groupe Akwel semble taillé pour se « marier » avec Novares. Coutier SA a été fondé en 1972 par André, Joseph et Roger Coutier. Coutier SA, spécialisée dans la pièce plastique, rachète MGI SA (Moulage Général Industriel SA) en 1989. Ainsi naît MGI Coutier.

Un peu comme Mecaplast, MGI Coutier acquiert, au fil des années, des concurrents en difficulté. Grâce à une introduction sur le Second Marché à la Bourse de Paris, MGI Coutier finance sa croissance à l’international. Les années 2010 voient cette croissance accélérer avec des rachats comme Delplanche (mouliste) ou Avon Automotive (équipementier américain).

Le groupe MGI Coutier a su se diversifier en rachetant des spécialistes des fluides (directions assistées, composants moteur, etc.) comme Autotube (Suédois). En 2018, Alpen’Tech, Kartesis et MGI Coutier s’associent pour reprendre les activités des sociétés Frank & Pignard (gestion des fluides) et Precialp (turbo-compresseurs).

Le groupe change alors de nom pour devenir Akwel en 2018. Le groupe Akwel est contrôlé à 69,7% par la famille fondatrice, Coutier. Tout comme Novares, Akwel fournit de nombreux constructeurs, mais également d’autre équipementiers comme Faurecia, Valeo, Delphi, Visteon, etc.

Illustration : Novares

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