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Pour Prost, Ricciardo « a vraiment tiré Renault cette année » et Alonso est déjà « intense »

Renault achève sa meilleure saison depuis son retour, en 2016. Cette année, le Losange a retrouvé le chemin du podium perdu en 2011, son pilote de pointe, Daniel Ricciardo est n°4 mondial à deux courses du baissé de rideau, dimanche prochain à Abou Dabi, et l’écurie lorgne la quatrième place du championnat du monde Constructeurs qu’occupe Racing Point avec dix points de plus qu’elle, sans s’interdire de pouvoir coiffer au poteau McLaren, situé 27 points devant.

Ricciardo : « Je ne m’attendais pas à être quatrième du Championnat du monde »

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Selon les savantes études comme peut nous en offrir parfois le promoteur du Championnat du monde pour meubler les écrans de télévision, la RS20 a gagné 0″76 par rapport à sa devancière, soit la meilleure progression du plateau hormis Alfa Romeo (0″96), qui partait de plus loin.

Bref, Renault a fait une année sensationnelle, quoiqu’il arrive, et Cyril Abiteboul a perdu son pari dans les grandes largeurs. Daniel Ricciardo sur le podium au Nürburgring, le patron en est quitte pour un tatouage dont il devrait se parer en début d’année prochain. Et celui sur lequel le récidiviste australien a trôné à Imola a servi à honorer un shoey dont il avait perdu le reflexe.

C’est juste dommage que « Dan The Man » s’en aille sur ce constat de succès. Ce que doit regretter Alain Prost, qui avait convaincu le natif de Perth de tenter le pari il y a deux ans. Mais le turn over a été impressionnant depuis 2019 à Enstone, et Fernando Alonso se chargera de tourner vite la page en écrivant le premier chapitre de l’ère.

« 2022 reste l’objectif prioritaire »

Avant le Grand Prix de Sakhir, le directeur non exécutif de l’équipe française a tiré un bilan « positif » de l’exercice 2020, et dit tout ce qu’il augurait de bon selon lui. Méthode de travail, organisation, tournant règlementaire de 2022, l’ancien pilote a fait le tour des sujets avec un optimisme non feint.

« Le bilan de la saison est positif, a résumé le quadruple champion du monde. Très honnêtement, on ne s’attendait pas à être aussi bien. L’objectif était plutôt la quatrième place et en fin de compte on s’est bagarré jusqu’à présent pour la troisième, même si elle n’est pas perdue c’est certainement un peu compliqué. On est derrière les deux grandes équipes (Mercedes et Red Bull), et il ne faut pas oublier qu’il y avait Ferrari, quand on parlait de la quatrième place. » Avec seulement 13 points d’avance sur la Scuderia, la vigilance reste toutefois de mise, mais l’évocation de ce grand nom suffit à situer la performance de Renault en 2020.

Qu’est-ce qui, techniquement, peut expliquer ce bond qualitatif ? « Toutes les petites choses qu’on a amenées sur la voiture ont vraiment fonctionné, même si ça n’est pas facile à quantifier, répond Alain Prost. C’est de bon augure et ça nous permet d’avoir un plan pour 2021 et 2022, qui reste l’objectif prioritaire, avec un peu plus de sérénité. » Si 2021 est déjà considérée comme une période de transition, 2022 sera sonnera la révolution de l’effet de sol.

« Ocon doit devenir aussi régulier que Ricciardo

Si Dick de Beer a pris en charge le département aérodynamique fin 2019 et Pat Fry la direction technique début 2020, mais ce n’est là que la partie visible d’une restructure qui a porté ses fruits, et conduit les pilotes à collecter 144 points en 15 courses. Avec 102 points, Daniel Ricciardo a fait preuve de la régularité qui lui avait fait défaut l’an dernier, tandis qu’Esteban Ocon, avec « seulement » 42 points amassés, a connu un parcours plus ingrat, soldé notamment par quatre des cinq abandons enregistrés par les RS20.

Méthode de travail, « plus de confiance en la voiture » : comment Ocon a progressé cette saison

« Ils ne sont peut-être pas à leurs places sur le plan du classement et en nombre de points car Esteban a eu beaucoup plus de problèmes techniques ou de fiabilité que Daniel, souligne Alain Prost. Leurs places en termes de performance ne m’étonne pas : Daniel – il le dit lui-même – fait certainement l’une des meilleures saisons de sa carrière. Il a vraiment tiré l’équipe cette année. Et Esteban arrive après une année sabbatique dans une équipe qui se cherche encore et où la position de Daniel est encore plus évidente, mais il a beaucoup rattrapé en termes de performance, notamment en qualification. Il lui reste à être un peu plus régulier. C’est un peu la marge qui reste à acquérir. Mais il voit que Daniel est tellement fort en ce moment que ça doit être compliqué pour lui. Ce n’est pas une déception, je crois que c’est quelque chose de très normal. Maintenant, les deux derniers Grands Prix de la saison sont importants, avant l’arrivée de Fernando (Alonso). Il faut qu’il soit aussi régulier que Daniel en course. »

« Il est tout le temps avec les ingénieurs »

Imola, Fernando Alonso a vécu son premier Grand Prix en immersion dans l’équipe, dans le but de préparer 2021. Après un roulage de 100 km en octobre pour se dérouiller à Montmelo sur une R20, il avait bouclé 186 tours à bord de la monoplace de 2018 à Sakhir, début novembre. Et pour se conditionner un peu plus à 2021, comprendre ce dont il a besoin pour réussir son retour à la compétition à 39 ans, il a obtenu une dérogation pour rouler à Abou Dabi après le Grand Prix.

« Les paramètres, on les connait : deux ans sans course en Formule 1 pour Fernando, avec très peu d’essais, a rappelé Alain Prost, qui est lui-même revenu en piste à 38 ans, pour un dernier titre, en 1993. On lui fait faire ce qu’on peut, sur l’ancienne voiture, pas les mêmes pneus (que cette année), pas toujours sur des circuits extrêmement compliqués. Il va pouvoir faire une journée à Abou Dabi avec la voiture de cette année, ce qui va nous donner une sorte de référence. Je n’ai jamais travaillé avec Fernando, mais il est intense, il a un commitment (engagement) incroyable : il est tout le temps avec les ingénieurs, tout le temps en train de renseigner. Ça peut être perturbant pour le pilote à côté. »

« On ne pourra pas accepter un problème entre les deux pilotes »

Si Alonso aura naturellement un rôle de locomotive, Ocon devra se mettre au diapason. « Il faut qu’Esteban soit totalement en confiance d’ici la fin de l’année, pendant les essais d’avant saison, pour avoir la meilleure relation possible avec Fernando, insiste Alain Prost. L’objectif est clair avec les deux pilotes : mettre l’équipe en position la plus forte possible en 2021 pour préparer 2022. On ne pourra pas accepter un problème entre les deux pilotes. Mais la performance pure de Fernando dans l’équipe, on ne la connait pas encore. Je regrette qu’il n’y ait pas beaucoup d’essais privés. On devrait enlever un peu plus de simulation, plus de choses à l’usine, et mettre plus d’essais privés ; ce serait un peu plus naturel. »

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