Une plongée immersive dans l’univers de la Formule 1 s’offre aux passionnés à Mulhouse, où une exposition sans précédent réunit l’élite des voitures de course qui ont marqué l’histoire du sport automobile. Cet événement exceptionnel met en lumière 75 ans d’innovations, de défis et de gloire, offrant une expérience unique à travers une collection authentique de monoplaces. Des pionnières d’après-guerre aux bolides hybrides contemporains, chaque machine raconte une partie de la légende de la Formule 1, célébrant les pilotes et les ingénieurs qui ont façonné cette discipline.
Le Musée National de l’Automobile – Collection Schlumpf de Mulhouse accueille jusqu’au 1er novembre 2026 une exposition qui s’annonce comme un rendez-vous majeur pour les amateurs de Formule 1. Près de cinquante monoplaces emblématiques, toutes des voitures de course véritables et certifiées par leur numéro de châssis, sont rassemblées pour retracer l’évolution fulgurante de la discipline. Cette collection méticuleusement assemblée invite les visiteurs à un voyage historique, des premiers exploits de pilotes légendaires aux prouesses technologiques des pilotes modernes, promettant une expérience unique et mémorable au cœur de l’excellence du sport automobile.
L’aube de la Formule 1 : des pionniers aux premières révolutions
L’exposition débute par un retour aux sources, plongeant les visiteurs dans les balbutiements de la Formule 1. Les premières décennies furent une période de grande expérimentation, où des voitures de course aux cylindrées variées concouraient côte à côte, une approche qui permettait aux jeunes pilotes de faire leurs preuves. Parmi ces témoins historiques, la Cisitalia D 46 de 1948, avec sa modeste cylindrée de 1 100 cm³, illustre cette ère où des « voiturettes » osaient défier les monoplaces les plus puissantes. Des figures emblématiques comme Juan Manuel Fangio, qui allait devenir quintuple champion du monde, ont d’ailleurs fait leurs gammes au volant de ces machines. L’Alfa Romeo Tipo 159 « Alfetta » avec laquelle il a remporté son premier titre en 1951 trône fièrement, incarnant l’âge d’or des débuts.
Plus loin, deux exemplaires des rarissimes et uniques Bugatti 251 sont présentés. Ces monoplaces témoignent des tentatives de marques prestigieuses de s’imposer dans une discipline en pleine effervescence. L’expérience fut de courte durée pour Bugatti en Formule 1, mais elle souligne l’engagement de figures comme Maurice Trintignant, grand pilote français, qui avait choisi de soutenir ce projet audacieux dans les années 50 plutôt que de rejoindre Ferrari. Ces récits illustrent la passion et les défis des premiers jours de la Formule 1, bien avant les budgets colossaux et la sécurité d’aujourd’hui.

Mutations techniques et l’ascension des « garagistes »
La fin des années 50 marque une rupture majeure avec l’introduction des moteurs centraux arrière, une innovation qui allait redéfinir l’architecture des voitures de course. C’est aussi à cette période que les ingénieurs britanniques bousculent l’ordre établi avec une idée novatrice : associer des châssis exceptionnels à des moteurs performants développés par des motoristes spécialisés. Les Lotus-Climax, avec Jim Clark à leur volant, deviennent rapidement les machines à battre, décrochant les titres en 1963 et 1965. Cette approche contraste fortement avec les grands constructeurs, comme Ferrari, qui produisaient jusque-là l’intégralité de leurs monoplaces en interne. Enzo Ferrari, surnommant ces nouvelles équipes « les garagistes », ne voyait pas d’un bon œil l’arrivée de ces structures plus modestes, mais leur succès fut indéniable.
Cette section chronologique de l’exposition révèle avec clarté les évolutions techniques fondamentales de la Formule 1. Arrêt sur image devant deux icônes des saisons 1969 et 1970 : la Matra-Ford MS80 et la Ferrari 312 B. La Matra-Ford MS80 détient le titre unique de seule F1 française championne du monde, construite en France. Elle fut pilotée par Jackie Stewart en 1969, qui l’a personnellement dédicacée après sa victoire. À ses côtés, la mythique Ferrari 312 B, emblématique des premiers artifices aérodynamiques, pilotée notamment par Jacky Ickx entre 1969 et 1971.
L’ère moderne : puissance, aérodynamisme et légendes des circuits
La visite progresse vers les années 80, une période caractérisée par une quête de puissance effrénée. L’arrivée de Renault Sport en 1979 avec sa Renault RS10 et son moteur turbo révolutionnaire change la donne. Cette audace technologique a non seulement marqué un tournant dans l’histoire de la Formule 1, mais a aussi préfiguré l’esprit d’innovation que l’on retrouve aujourd’hui dans leur gamme, poussant à l’exploration de nouvelles technologies pour des véhicules plus performants et respectueux de l’environnement sur le marché actuel. Une décennie plus tard, la Williams FW14 pilotée par Nigel Mansell s’impose avec sa suspension active et un aérodynamisme inédit pour l’époque, dominant la compétition avec neuf victoires en seize courses. Face à cette escalade technologique, la FIA a dû intervenir pour encadrer plus strictement les puissances des moteurs, incitant les constructeurs à redoubler d’ingéniosité sur l’aérodynamisme.
L’exposition rend hommage aux grands noms du sport automobile, avec une mise en avant des pilotes légendaires tels qu’Ayrton Senna, Michael Schumacher et Kimi Räikkönen. Il est difficile de ne pas s’attarder devant les trois F1 ayant accompagné le talent du pilote finlandais : deux McLaren et sa Ferrari F2007, avec laquelle il a conquis son titre de champion du monde en 2007. Le parcours se conclut avec la Mercedes W11 du sacre de Lewis Hamilton en 2020. Cette monoplace, avec laquelle le pilote anglais a égalé le record de sept titres de Michael Schumacher, symbolise les avancées techniques les plus récentes de la discipline, notamment son moteur hybride ultra-puissant. L’ingénierie qui propulse ces bolides se reflète également dans les débats contemporains sur l’avenir de l’automobile, comme en témoignent les comparaisons de modèles haut de gamme Mercedes.

Une immersion totale dans la légende de la Formule 1
Au-delà des voitures de course, la réussite de cette exposition à Mulhouse tient aussi à sa mise en scène immersive. Des films d’époque accompagnent la plupart des monoplaces mythiques, offrant un contexte riche et vibrant. Une salle entière est dédiée à la présentation d’une sélection exceptionnelle : vingt-et-un casques ayant appartenu aux plus grands champions, huit moteurs emblématiques et une dizaine de combinaisons de pilotes. Cette collection d’artefacts, certains provenant même du musée de Juan Manuel Fangio à Balcarce en Argentine, ajoute une dimension humaine et tangible à la prouesse mécanique. La préparation de cet événement ambitieux a demandé près d’un an, combinant des éléments de la propre collection Schlumpf, l’une des plus riches au monde, et des prêts de constructeurs comme Alfa Romeo et Mercedes, ainsi que de musées partenaires à travers l’Europe, tel que le musée Matra. Cette collaboration internationale garantit l’authenticité et la richesse des pièces exposées, faisant de cette visite de deux heures un plongeon fascinant dans l’histoire de la Formule 1, une véritable expérience unique tant pour les passionnés que pour les simples curieux.








