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Le Mercedes Classe G : légende du 4×4

Dans la gamme de Mercedes, le Classe G fait office de vétéran immortel. Voilà un 4×4 qui ne fait vraiment rien comme les autres, quitte à verser dans le politiquement incorrect.

Une naissance militaire

Il faut remonter au début des années 70 pour commencer l’histoire du Mercedes Classe G. A l’origine, Mercedes-Benz avait répondu à un appel d’offre des armées allemandes et autrichiennes qui voulait un nouveau tout-terrain capable de se sortir des pires ornières du monde.

Le « Geländwagen » débutait ainsi son service à partir de 1975 dans les armées, y compris en France où il sera construit par Peugeot sous le nom « P4 » pour l’armée de terre.

Mais en 1979, Mercedes décidait de donner une carrière « civile » à son tout-terrain à côté de ses versions militaires. Il s’attaquait alors aux Toyota Land Cruiser et autres 4×4 purs et durs de l’époque, avec une finition rustique et un tarif au-dessus de ses principaux concurrents.

Un embourgeoisement imprévu

Né comme un pur baroudeur réservé aux seuls professionnels et autres adeptes de tout-terrain extrême, le Mercedes « G » a plu, contre toute attente, à une clientèle plutôt amatrice de virées dans les palaces que les ornières des forêts.

Au fil des ans, le Mercedes G (renommé « Classe G » à partir de 1993) s’est embourgeoisé jusqu’à devenir un véritable véhicule de luxe (au même titre qu’un Range Rover ou un Porsche Cayenne). Son style cubique fait fureur auprès des riches Américains, Russes et autres milliardaires des Emirats Arabes Unis.

A tel point qu’il figure toujours au catalogue de Mercedes après quarante ans de carrière !

Un grand délire mécanique…

Mercedes-Benz G 500 4×4²

Ce Classe G vient de recevoir une profonde remise à jour mécanique. Mais contrairement aux SUV plus classiques de chez BMW, Porsche, Audi ou même Mercedes, il utilise toujours une base de châssis remontant à la fin des années 70 (et à la conception 100% tout-terrain).

Malgré tous les efforts des ingénieurs de Mercedes pour l’améliorer sur la route, il demeure donc beaucoup moins efficace qu’un SUV moderne en conduite sportive.

…avec un moteur de voiture de sport

Pourtant, au lieu des modestes diesel de ses débuts, il ose aussi s’équiper de moteurs ultra-puissants qu’on trouve habituellement sous le capot de vraies voitures de sport Mercedes.

En version G63 AMG, il revendique ainsi 585 chevaux et peut abattre le 0 à 100 km/h en seulement 4,5 secondes. Et comme il chausse de grosses jantes et des pneus taille basse, il ne peut même plus jouer les vrais tout-terrains en situation extrême. Un comble !

Des préparations folles

Le dernier G63 AMG Coûte déjà 165 000€ en prix de base. Mais comme les clients n’hésitent pas à dépenser de véritables fortunes pour s’offrir un Classe G extrême, certains préparateurs proposent des versions encore moins raisonnables dont le prix peut approcher (ou dépasser) le million d’euros.

Les Allemands de Mansory, par exemple, commercialisent un Classe G modifié en collaboration avec le styliste Philipp Plein qui coûte un peu moins de 800 000€ et développe 850 chevaux. En quarante ans de carrière, le « G » a totalement changé de philosophie. Comme si le bucheron du village s’était transformé en prince de la jet-set, tout en gardant ses gros bras et sa peau caleuse.

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