Essai Cupra Leon VZ – Mieux que la Renault Mégane RS grâce au malus ?
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Essai Cupra Leon VZ – Mieux que la Renault Mégane RS grâce au malus ?

Beaucoup moins pénalisée par le malus écologique que la Renault Mégane RS et la Honda Civic Type R, la nouvelle Cupra Leon de 300 chevaux bat ces dernières au registre du confort. Mais peut-elle tenir le rythme en conduite sportive ?

En 2014, Seat lançait la Leon Cupra de troisième génération. Contre toute attente cette discrète compacte sportive, au look beaucoup plus timide que ses rivales, faisait beaucoup plus que de la figuration dans sa catégorie. Dans ses versions les plus affutées, elle se payait le luxe de battre la Renault Mégane RS et la Honda Civic Type R au chrono sur circuit (le tout pour une addition moins salée que ses rivales). En 2021, cette Leon à hautes performances se vend désormais sous la marque Cupra. Sur le plan esthétique, la recette n’évolue pas beaucoup : même si des options comme la peinture mate permettent de la transformer en reine de l’esbroufe, l’auto reste moins voyante qu’une Renault Mégane RS ou une Honda Civic Type R. Evolution de la réglementation oblige, cette Cupra Leon existe en deux versions hybrides rechargeables de 204 et 245 chevaux (comme la Volkswagen Golf GTE), moyennement intéressantes à piloter. Mais la division sportive de Seat offre toujours une version 100% thermique de 300 chevaux en haut de gamme, la Leon VZ qui utilise exactement le même groupe motopropulseur que la Golf GTI Clubsport. Avec une addition de départ limitée à 41 320€ contre 49 990€ à cette dernière, faut-il se laisser tenter par la nouvelle cousine ibérique ?

En terme de confort, la Cupra Leon VZ bat la Renault Mégane RS et la Honda Civic Type R

Bon à savoir : anticiper l’achat et la revente.

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Reine absolue du confort

Vous trouvez le style d’une Honda Civic Type R ridicule et ne supportez pas le moindre sacrifice en matière de confort ? Dans ce cas, la polyvalence extraordinaire de cette nouvelle Leon Cupra va vous combler. Utilisée comme une gentille familiale de touriste, cette compacte particulièrement facile à vivre ne donne jamais l’impression de conduire une voiture radicale. S’installer à bord se fait de la manière la plus simple possible malgré la présence de sièges enveloppants au maintien excellent. L’ambiance à bord, sobre et relaxante, ne souffre d’aucun gros défaut de finition. Il faut s’habituer à la nouvelle interface numérique commune à tous les modèles compacts du groupe Volkswagen, dont l’ergonomie s’avère déroutante au début, mais la jolie planche de bord et l’équipement pléthorique placent la Leon parmi les meilleures élèves de la catégorie. Douce en mode confort grâce à la suspension pilotée de série, elle profite aussi d’une boîte automatique à double embrayage meilleure que jamais en mode automatique. Silencieuse à rythme tranquille, elle abaisse sa consommation à moins de 9 litres / 100 kilomètres sur autoroute malgré les 300 chevaux sous le capot. Dans la vie de tous les jours, la Cupra Leon bat vraiment toutes ses concurrentes.

Seat Leon, MINI Clubman JCW, Festival Automobile International – Zapping TURBO du 02/02/2020

La Cupra Leon existe aussi en break. Mais on vous déconseille d’opter pour la transmission intégrale optionnelle, moins amusante à piloter

Capable de cogner fort…

Dès que vous tournez la molette Cupra du volant (option à 700€) vers les modes les plus sportifs, le 4 cylindres 2,0 litres turbo EA888 se rappelle à vos oreilles. Incontournable sur tous les modèles sportifs compacts de Volkswagen depuis près d’une décennie, ce bloc produit toujours une sonorité rauque améliorée artificiellement par un ingénieux circuit acoustique dans la structure située derrière le tableau de bord. Et surtout, il n’a rien perdu de sa vélocité. Malgré ses 20 chevaux de moins, il n’aura aucun mal à répondre au très explosif 4 cylindres de la Honda Civic Type R. Rond et débordant de couple (400 Nm de 2000 à 5200 trs/min), ce joli moteur permet de se catapulter sur la route comme une vraie grosse GT. Et il y a d’autres bonnes nouvelles sur le plan des performances : alors que l’ancienne Leon Cupra souffrait d’un train avant parfois brouillon à la réacélération (surtout sans les pneus semi-slick optionnels), la nouvelle Cupra Leon affiche une motricité impeccable à pleine charge. Elle n’offre plus les Michelin Pilot Sport Cup 2 (même en option), mais ses Bridgestone Potenza S005 au profil pas spécialement radical suffisent à faire passer la puissance au sol. En sortie de virage, l’efficacité du blocage de différentiel électronique se fait aussi sentir avec un nez qui ressert volontiers la trajectoire sur demande. Et même si la boîte à double embrayage refuse toujours de garder le rapport en zone rouge dans son mode manuel, elle progresse aussi au niveau de sa réactivité. Au point de ne même plus regretter le plaisir simple d’une transmission manuelle, qui a de toute façon disparu du catalogue. Précisons au passage que la version break, disponible en version quatre roues motrices en option (avec un moteur poussé à 310 chevaux), se révèle moins intéressante à piloter à cause d’une boîte différente, d’une agilité en retrait et de performances plus lissées. Privilégiez la simple traction !

Elle cogne fort et sait se montrer efficace en conduite sportive, mais elle est devenue moins joueuse

…Mais pas de devenir vraiment joueuse

Avec un tel degré d’efficacité, le rythme devient vite vertigineux sur une jolie route de l’arrière-pays espagnol. Grâce à un excellent groupe motopropulseur et un train avant solide et rigoureux, on se met tout de suite en confiance en attaquant au maximum. Mais la Cupra Leon affiche alors une autre singularité par rapport à l’ancien modèle : elle ne bouge jamais vraiment. Son train arrière fait tout ce qu’il faut pour préserver l’efficacité dynamique, avec une mobilité suffisante à l’inscription comme au lever de pied. Mais même une fois les aides à la conduite totalement désactivées, la Leon ne se déhanche jamais comme une Mégane RS. Cette neutralité comportementale ne se fait jamais au détriment de l’efficacité, comme nous avons pu le constater sur le circuit de Catelloli (où l’auto bat largement le Formentor VZ5 bien plus puissant). Contrairement aux anciennes sportives du groupe Volkswagen, elle combat le sous-virage avec une abnégation qui force le respect. Mais cette façon de neutraliser la moindre dérive, qui doit beaucoup à la centrale électronique de la voiture (agissant discrètement en permanence au niveau des freins), déroutera l’habitué des Mégane RS au train arrière baladeur. La Honda Civic Type R se montre elle aussi plus mobile et joueuse.

Une addition imparable

Parlons maintenant de l’autre point fort de l’Espagnole. La Mégane RS actuelle se négocie à partir de 43 200€ et compose avec un malus écologique de 9 550€ au minimum. La Civic Type fait encore pire, avec 10 980€ à ajouter aux 44 920€ de son prix de base. La Leon, elle, n’accuse « que » 3 331€ de malus et coûte aussi moins cher à 41 320€ (même en ajoutant les gros freins du pack Brembo à 2 360€). Grâce au malus écologique actuel, et comme au bon vieux temps de la Seat Leon Cupra, la Cupra Leon VZ s’impose donc de très loin comme la plus abordable des sportives compactes du marché. De quoi en faire réellement un modèle incontournable dans la catégorie. Extraordinairement polyvalente, redoutablement efficace, elle incarne une certaine idée de la sportive utilisable au quotidien. Les puristes continueront de préférer la Mégane RS et la Civic Type R, mais ils dépenseront plus d’argent et se fatigueront davantage dans la vie de tous les jours.

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