Essai Porsche 911 GT3 Touring : et si c’était elle, la meilleure des 911 ?
Essais

Essai Porsche 911 GT3 Touring : et si c’était elle, la meilleure des 911 ?


Plus de diesel chez Porsche, de l’hybride rechargeable à tout va et les premiers prototypes de 911 hybride qui commencent à circuler, on serait tenté de dire que même à Stuttgart, ça sent le roussi pour l’extase mécanique. Alors quand s’offre à nous le volant de la nouvelle 911 GT3 Touring, inutile de dire que le moment tient du solennel. Ses 510 ch n’en font ni la plus puissante, ni la plus performante des 911, honneurs réservés à la Turbo S de 650 ch. Mais la GT3 a toujours été l’enfant terrible de la famille, et cette génération “type 992” fait partie de cette lignée de brutes qui vous collent la chair de poule à chaque envolée de son nouveau 4 l. Seul flat-six de la gamme à résister à la suralimentation, ce dernier est une évolution du moteur de la GT3 R de compétition, offrant des rotation hors-normes. Présent, bien élevé, mais pas impressionnant en bas du compte-tours, ce 3 996 cm3 change de personnalité à 4 500 tr/mn.

Le chant fort et justePorsche 911 GT3 Touring© Porsche

Si l’on ose rester pied au plancher, le 4 l entre en transe et se rue à l’assaut des 9 000 tr/mn autorisés comme un mort de faim. Un tempérament aussi sulfureux qu’envoûtant, qui manque aux dernières sportives à moteur turbo, d’autant que la bande son est en rapport ! Malgré les dernières normes antibruit et la présence de filtres à particules, bon pour la planète mais pas pour la sonorité, cette GT3 sonne, en effet, juste et fort. Elle donne envie d’accélérer seulement pour apprécier la palette des tonalités de son six-cylindres, bien plus “chantant” qu’un 3 l turbo de 911 Carrera.

L’ambiance est posée pour cet essai de GT3 Touring, variante pensée pour ceux qui n’aiment pas l’énorme aileron de la version normale. Les deux sont affichées au même prix (173 562 €), la Touring se parant d’un becquet plus petit, qui se relève passé 90 km/h. La discrétion gagne ce que l’efficacité aérodynamique perd – avec la “pelle à tarte” on grapille 4 seconde par tour sur la boucle nord du Nürburgring. Mais si vous n’êtes pas un assidu des sorties sur circuit, la Touring constitue une formidable dévoreuse de routes. Comme notre pèlerinage aux endroits emblématiques du rallye WRC d’Allemagne, nous l’a démontré. Dans cette région de Trèves, sur la Moselle, proche du Luxembourg, les forêts succèdent aux vignes, offrant un panel de tracés parfait pour mettre la GT3 en valeur.

Sorcellerie allemandePorsche 911 GT3 Touring© Porsche

A chaque nouvelle génération, on se demande comment les sorciers de Zuffenhausen peuvent améliorer le modèle précédent. Et pourtant ils ont encore réussis. Cette 911 gagne un train avant élargi et surtout équipé d’une suspension à double triangle, pour optimiser l’adhérence, les pneus étant toujours maintenus parfaitement à plat. Ajoutez à cela des roues arrière directrices affichant un angle de braquage accru (2° max au lieu d’1,5° avant) et jamais une GT3 n’est apparue aussi tranchante, aussi efficace, avec une direction ultra vive et précise à la fois. L’effet “sac à dos” du moteur en porte-à-faux arrière est complètement gommé, sans que les qualités “naturelles” de la 911 soient remises en cause, excellente motricité et freinage redoutable en tête, aussi bien avec les disques carbone-céramiques qu’avec ceux en acier.

Intérieur et planche de bord de la Porsche 911 GT3 Touring© Porsche

De son côté la boîte PDK à double-embrayage impressionne toujours par sa capacité à lire dans vos pensées pour passer la vitesse au bon moment. Et il est aussi possible de choisir sa GT3 avec une boîte manuelle à six vitesses, sans supplément (ni baisse de prix d’ailleurs). Une rareté à ce niveau de puissance, très agréable à l’usage, tant la sélection des rapports est naturelle, précise, accompagnée, en mode Sport, du petit coup de gaz qui va bien au rétrogradage.

Autant dire que cette GT3 tutoie la perfection, si ce n’est qu’elle n’aime pas les routes très dégradées où elle finit par rebondir, la faute aux faibles débattements des suspensions. Une broutille face à l’immense plaisir délivré par cette 911 d’exception, qui réserve ses sensations à deux occupants, les mini places arrière étant supprimées.

Source de l’article

Laisser un commentaire