Essai Volkswagen Touareg R eHybrid (2021) : dans l’R du temps
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Essai Volkswagen Touareg R eHybrid (2021) : dans l’R du temps


Le Volkswagen Touareg a droit depuis peu à une version sportive R. Ou plutôt, R eHybrid, de son nom de baptême complet. Il entre ainsi dans le petit monde des SUV chasseurs de chronos, tout en s’appuyant sur une motorisation hybride rechargeable. 462 ch et une caution verte, voilà qui est peu banal. Notre essai, à l’épreuve des pentes du Ventoux.

Un comble ! Il aura fallu attendre 2020, en pleine période d’hostilité pour tout ce qui roule (surtout lorsqu’il est question de chronos ou de plaisir), pour voir apparaitre une déclinaison survoltée du Touareg, qui en est à sa troisième génération. Dans tous les sens du terme, puisque l’arrivée du label R rime avec hybride plug-in. L’électrification partielle, passage obligé pour la survie de ces costauds gonflés aux hormones ? Chez nous, en tout cas, Volkswagen a pris une décision radicale : pour cause de malus, plus de Diesel au catalogue du Touareg… pourtant carburant le plus approprié à ce type de gabarit et à l’usage qui en est fait, majoritairement routier.

 

En France, le grand SUV Volkswagen n’est donc désormais proposé qu’en hybride PHEV. Une seule motorisation, déclinée en 2 niveaux de puissance : un « simple » eHybrid de 381 ch, et notre R de 462 ch. Pas de malus, et consommations théoriquement très basses à l’appui… à condition, comme toujours, de se servir d’un hybride plug-in comme il doit l’être : la recharge, toujours la recharge, le plus souvent possible !

Ce Touareg R ne serait-il donc qu’un athlète de façade ? Vu qu’il partage exactement la même mécanique que la version plus sage, on peut s’interroger : exactement le même V6 essence de 340 ch (le bien connu 3 litres TSI partagé avec son cousin Audi Q7 notamment), associé à un moteur électrique de 136 ch. L’écart de puissance (81 ch tout de même) s’explique par la gestion électronique différente, permettant un boost temporaire sur le R. Celui-ci profite aussi de 100 Nm de couple supplémentaire, culminant ainsi à 700 Nm. Respectable… même si, entre nous, nous avons plutôt l’habitude de voir le logo R apposé sur une Golf. Moins sur un colosse de près de 2,5 tonnes, dont environ 300 kg liés à la batterie et au système de charge.

 

Avant de profiter aux performances, l’intérêt de l’hybridation est surtout fiscal. Zéro malus, exonération de TVS pour les entreprises, mais il y a tout de même 93.500 € minimum à débourser. Quand Volkswagen la joue premium…

Bon à savoir : anticiper l’achat et la revente.

Il est possible de connaitre la valeur de revente ou de reprise de votre véhicule grâce à la cote auto Turbo de votre Volkswagen Touareg, l’alternative à la côte Argus.

Le Touareg R est-il vraiment sportif ?

Avec une telle masse à déplacer, guère de surprise : la batterie de 17,9 kWh (14,3 kWh utiles) crie grâce plus tôt que prévu, surtout dans la fournaise du Luberon où nous avons mis notre Touareg R à rude épreuve. Relief, climatisation… On oublie les 47 km annoncés, qui correspondent plutôt à un usage urbain, et tablons sur une trentaine en tout-électrique. A condition de garder le pied léger.

L’hybridation du Touareg reste donc classique. Comme avec tout PHEV, batterie vide, on évolue en combinant les deux modes de propulsion. Le système est transparent dans sa gestion, et brille surtout par sa douceur de marche et le fonctionnement feutré du 6 cylindres. Voici en revanche l’illustration parfaite de ce qui nous attend si on se contente du l’alimenter en Sans Plomb, sans jamais charger : sanction immédiate à la pompe ! Autour de 12 l/100 km en parcours mixte. Et bien plus si l’on profite des largesses de la cavalerie. Musclée, certes. Le 0 à 100 km/h demande 5,1 s, et le couple immédiat de l’électrique profite aux relances. Une vraie poigne, qui tient sans faiblir jusqu’à 6.000 trs/mn, accompagnée d’une sonorité plaisante, bien qu’un peu étouffée. La moindre des choses, compte tenu du pedigree R.

 

Jantes spécifiques, boucliers, logos : le Touareg reçoit la panoplie habituelle des Volkswagen R, mais le traitement reste relativement discret.

Pour éviter toute méprise, autant l’admettre d’emblée : le Touareg R ne présente pas grand-chose de sportif. Ses chronos impressionnent, mais pas question de la moindre brutalité. Le caractère mécanique est finalement lissé au possible. Ce qui n’est pas un mal, compte tenu des excellentes qualités du Touareg. Même en tenue de sport, chaussé de grosses jantes de 22 pouces, son confort de grand voyageur reste intact. Son efficacité en tout-chemin aussi (un mode off-road est toujours disponible), et sa relative agilité surprend toujours autant. Sa rassurante neutralité, plutôt.

Evidemment, il n’est guère possible de maltraiter un tel gabarit en montagne. C’était prévisible, avec ce poids. Trop d’inertie si on le bouscule, et on est loin du mordant (tout relatif, là encore) d’un Porsche Cayenne ou d’un BMW X6. La suspension pneumatique, même en mode Dynamic, reste progressive et privilégie la souplesse malgré le calibrage un peu plus ferme sur le R… Et quand vient le moment de freiner, les choses se gâtent. Notre essai sur le Ventoux aura été cruel.

 

Une vraie transmission intégrale permanente, indispensable pour canaliser le couple costaud : 400 Nm immédiats en électrique, 700 Nm en combiné. Le minimum pour prétendre à des chronos sérieux, quand il y a 2,5 tonnes à déplacer.

SUV fiscal ?

Le traitement que nous avons infligé au Touareg R était un concentré de ce qu’il ne faut surtout pas faire avec un tel engin. Rouler loin, vite, majoritairement sur autoroute et en montagne, sans recharger une seule fois. Le pire traitement pour un PHEV ! Là, on se rend compte que l’hybridation sert surtout à une chose : éviter le malus confiscatoire qui toucherait inévitablement un V6 essence dépourvu d’électrification. La récupération d’énergie en descente, plutôt efficace, permet d’alléger la consommation moyenne… le gain reste évidemment bien mince et ne permet certainement pas de compenser la consommation générée en effectuant la montée. Sinon, cela signifierait que Volkswagen aurait inventé le mouvement perpétuel (cela s’appelle de la magie, ou de la science-fiction).

Comme toujours, évoquer la consommation moyenne ponctuelle n’a guère de sens pour un hybride PHEV. Elle doit ainsi s’envisager sur le long terme : il est effectivement possible de consommer zéro litre de Sans Plomb au quotidien… tout comme une montée du Ventoux tambour battant se soldera par un appétit dépassant les 15 l/100 km. Si l’usage s’y prête, les 2,8 l / 100 km annoncés sont donc théoriquement réalisables. En jouant le jeu.

 

La greffe de batterie n’impacte pas la vie à bord : habitabilité géante, banquette coulissante… mais le coffre perd 200 l. De toute façon, pas le choix : en France, hybride ou rien pour le Touareg ! Et on dispose toujours de 610 l, c’est respectable.

Concernant la charge, on retrouve du classique : comptez environ 7 heures sur une prise domestique, ou 2 heures via une Wallbox 7 kW. Accessoirement, il est aussi possible de recharger en roulant. Sur ce mode, le moteur ne charge pas directement la batterie (le rendement serait catastrophique, compte tenu du poids et de la contrainte mécanique supplémentaire) mais se contente de conserver l’énergie récupérée en descente et en freinage.

Tarifs : le luxe du peuple

Il y a bien longtemps que la Voiture du Peuple s’adresse plutôt… à une certaine partie du peuple. Celle qui est capable de débourser 93.500 € minimum pour un SUV XXL, voire plus de 110.000 € pour notre exemplaire bardé d’options.

 

Le Touareg R peut évoluer en tout électrique jusqu’à 140 km/h. A ce rythme, impossible d’atteindre les 47 km annoncés. Même en parcours mixte, difficile de dépasser les 30 km d’autonomie. Pas de miracle : 2,5 tonnes, c’est fatal !

Un peu plus sagement (tout est relatif), le Touareg eHybrid simple débute à 79.050 € et offre des prestations déjà intéressantes : 0 à 100 km/h en 6,3 s, et un agrément moteur similaire. Salé, mais le Touareg a toujours officié aux portes du premium. Que ce soit en termes de raffinement, de finition ou de technologie embarquée, le porte-drapeau Volkswagen n’a pas grand-chose à envier à ses homologues Audi Q7, Mercedes GLE, BMW X5 et Volvo XC90.

Il y a un hic. La disparition du Diesel du catalogue français prive le Touareg de toute une clientèle de gros rouleurs pour qui le PHEV n’est pas adapté. Et les envoie directement regarder du côté des rivaux précités qui, eux, proposent d’excellentes chaudières…

 

Caractéristiques techniques Volkswagen Touareg R eHybrid (2021)

Fiche Technique Volkswagen Touareg R eHybrid
Modèle essayé : Volkswagen Touareg R eHybrid
Dimensions L x l x h
4,878 / 1,984 / 1,756 m
Empattement
2,899 m
Volume mini / maxi du coffre
610 / 1.675 l
Poids à vide
2.465 kg
Cylindrée du moteur
V6 essence, bi-turbo – 2.995 cm3
Puissance
340 ch à 6.400 trs/mn (thermique) + 136 ch électrique
Couple combiné maximal
700 Nm
0 à 100 km/h
5,1 s
Vitesse max
250 km/h
Taux de CO2
63 g / km (WLTP)
Consommation annoncée (WLTP)
2,8 l / 100 km
 Malus 2021
0 €
Tarifs
à partir de 93.500 €

Bon à savoir : anticiper l’achat et la revente.

Que ce soit pour l’achat d’une voiture neuve ou d’occasion, Il est important de prévoir toutes les dépenses en comparant différentes offres d’assurance voiture.

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