la vision allemande du SUV compact électrique
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la vision allemande du SUV compact électrique


Au même titre que Peugeot et ses griffes, Opel revendique  de nouveaux codes stylistiques très identitaires, qui devraient se généraliser sur tous ses modèles. La calandre Visor, entre autres, inaugurée sur le concept GT X Experimental. Un long bandeau noir qui crée un regard un peu faché. Elle puise son inspiration dans l’histoire de la marque, la Manta A en particulier. D’ailleurs, ce vert Signal, couleur gratuite dès le premier niveau de finition (en option sur GS Line qui a sa propre teinte blanche dédiée), était aussi la couleur de lancement de la Manta A de 1970. 

Plateforme CMP partagée oblige, le Mokka-E montre des proportions très similaires au Peugeot e-2008. Mais la comparaison s’arrête là, l’allemand se démarque sur pleins de détails, comme des lignes de toit chromées, des optiques Matrix Led Intellilux ou encore un capot noir (300 euros) qui font de ce SUV compact un modèle bitons particulièrement décalé. Installé au volant, le capot attire encore l’attention avec cette arête centrale qui, additionnée avec les épaulements près des ailes, produit un petit effet, osons la comparaison, de muscle car.

Habitacle DetoxLancer le diaporama
Essai de l’Opel Mokka-e (2021) | nos photos du SUV urbain+66

Credit Photo – autonews-FD

L’habitacle est une petite révolution par rapport à ce qu’on a connu chez Opel. Son dessin, avec ces inserts noirs laqués ou ces panneaux de portes en faux carbone et alcantara, n’a rien à envier aux français, passés maître dans cet exercice. Fini les compteurs à aiguilles aussi, place au Pure Panel à afficheurs numériques, 12 + 10 pouces. Reliés entre eux, un peu façon Mercedes. Il est en série sur Ultimate, mais coûtera 1 400 euros tout de même sur les finitions inférieures. Au pire les écrans passent à 7 pouces, un moindre mal. Une planche de bord globalement simplifiée, avec une boutonnerie réduite,  “detox” comme ils disent fièrement au service marketing. Contrairement à Peugeot, Opel a tout de même conservé des commandes à boutons, pour le chauffage. C’est effectivement plus rapide à régler, tout en conduisant. 
Caméra de recul panoramique (toujours sans Bird View intégral), Park Assist (en entrée comme en sortie), compatibilité Apple Carplay et Android Auto (avec déport de Waze), régulateur adaptatif (avec un excellent maintien de voie), font parti des options principales à disposition selon les finitions. Pas de, très tendance, afficheur tête-haute par contre.

Avec ce parti pris de SUV ultra compact, le Mokka-E est un peu juste en espace aux jambes à l’arrière. Tout le monde devra y mettre du sien avec les réglages des sièges pour être à l’aise. En revanche, en garde au toit, c’est bon. 310 litres sont disponibles dans le coffre (-40 litres face au thermique), à comparer aux 405 litres du Peugeot e-2008, 332 litres du Hyundai Kona Electric ou aux 315 litres du Kia e-Soul.

Package électrique juste suffisantLancer le diaporama
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L’unité de puissance du Mokka-E combine un moteur électrique de 100 kW (136 ch et 260 Nm de couple), relié à une batterie de 50 kWh. C’est la même que sur les DS 3 Crossback E-Tense, Citroën ë-C4 ou Peugeot e-2008. 
0 à 100 km/h en 9,1 secondes, vmax limitée électroniquement à 150 km/h, on est pas en présence d’un foudre de guerre, c’est sûr. D’autant que ces données sont relevées en mode Sport, qui plombe l’autonomie forcément. Les modes Normal (80 kW) ou Eco (60 kW) seront ainsi plus souvent privilégiés pour aller le plus loin possible, au prix de performances bridées. A ce propos, Opel met à disposition un simulateur d’autonomie, sur son site internet, tenant compte du style de conduite, de la vitesse moyenne, de la température extérieure et de l’utilisation ou non du chauffage/clim. C’est plutôt honnête, sachant que le delta en autonomie est énorme rien qu’en variant ces paramètres, de 150 km à 390 km (officiellement 322 km en norme WLTP). 
Notre parcours partait de l’aérodrome de Toussus-Le-Noble pour une boucle à travers la Vallée de Chevreuse dans les conditions suivantes : chauffage allumé, type de conduite calme en zone urbanisés et sportive dans les lacets de forêt, température extérieure d’environ 10 degrés. Après 100 km parcourus, l’afficheur montrait une consommation moyenne de 20,4 kWh/100, 54% de batterie restante et 132 km d’autonomie encore à disposition. Etant donné que le Mokka-E est taillé surtout pour la ville et sa banlieue, son autonomie est donc bien satisfaisante pour éviter la peur de la panne pendant plusieurs jours. 

Des temps de recharge très relatifsLancer le diaporama
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Le discours évolue chez les constructeurs, quant aux temps de recharge. Les derniers 20% peuvent en effet prendre énormément de temps selon le type de borne et même la température ambiante. Opel communique ainsi en temps par 100 km rechargés.

En ce qui concerne les Mokka-E, il faut compter 12 minutes sur borne publique 100 kW et 19 minutes sur borne de 50 kW. 90 minutes sur wallbox 11kW. Enfin pour une vraie recharge pleine, pendant la nuit par exemple, il faut 5h15.

Taillé pour les obstacles urbainsLancer le diaporama
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Le Mokka-E montre aussi que la ville est son terrain de jeu favori par son comportement routier. Avec un amortissement ferme mais capable d’encaisser sans broncher tous les types d’obstacles urbains, dévoués encore et toujours à nous faire ralentir. La direction, dont la taille du volant (plus large que le e-2008), rend le SUV compact allemand plus confortable à la manœuvre. Cependant, au moment d’augmenter un peu le rythme, le Mokka-E est vite dépassé par sa masse, provoquant un sous-virage très prononcé, qui demande de sur-braquer pour pas grand chose. Le ressenti à la pédale de frein manque aussi d’un peu de consistance, en plus d’un déclenchement de la régénération électrique trop perceptible, qui “croustille” un peu sous la plante du pied. Un mode B à fort frein moteur est disponible, de quoi grappiller quelques kilomètres d’autonomie supplémentaires en descente surtout. Pas de mono pédale, comme sur la Leaf. Pourtant, vu le domaine d’action du Mokka-E, un tel équipement aurait été pertinent. Cette fonction demande toutefois un certain temps d’adaptation pour bien anticiper la distance de freinage.

Le prix de l’originalitéLancer le diaporama
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Les tarifs du Mokka-E sont compris entre 36 100 euros (Edition) et 42 050 euros (Ultimate), hors options. Un Kia e-Soul 100 kW (136 ch – 276 km WLTP) serait son plus proche concurrent, puisqu’en plus de performances similaires, il mise beaucoup lui aussi sur la singularité de son style. Ses tarifs se répartissent entre 36 090 euros (Motion) et 40 090 euros (Design). Dans cette dernière finition, le coréen propose au moins autant d’équipements de confort avec quelques options supplémentaires comme l’afficheur tête-haute ou les palettes au volant pour ajuster au mieux la régénération au freinage. En revanche, le e-Soul ne dispose pas d’optiques Matrix Led et prend surtout un sérieux coup de vieux dans le dessin de son habitacle. 
Le Peugeot e-2008 est compris entre 37 850 euros et 43 450 euros. Le Hyundai Kona n’est lui proposé qu’en 64 kWh (204 ch – 484 km d’autonomie), de 39 900 euros à 46 600 euros. Le DS 3 Crossback E-Tense, quant à lui, avec son positionnement premium, est dans une gamme de prix supérieure. Bien entendu, il faut déduire de tous ces tarifs l’écobonus de 7 000 euros et les éventuelles primes de reprise ou remises propres à chaque constructeur.

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