le SUV chinois électrique qui mise sur le prix et la forme
Essais

le SUV chinois électrique qui mise sur le prix et la forme


Zapping Autonews Green Le bioéthanol E85 en questions : 3e partie

Il ne ressemble à rien de connu et c’est la première bonne nouvelle de ce nouveau Aiways U5. Un SUV d’origine chinoise qui propose un style bien personnel, ne cherchant à copier personne. Il introduit ce nouveau constructeur en Europe occidentale, marché ô combien exigeant, avec comme angle d’attaque un tarif agressif. Pour autant, il ne veut pas être réduit à son prix en mettant également en avant un aspect général distingué. Avec 4,68 mètres en longueur et 1,70 mètre de haut, l’U5 est un SUV familial tout à fait intégré dans notre paysage automobile local. 100 % électrique, comme tous les futurs modèles de la marque, il propose une batterie de 63 kWh nets pour environ 400 km d’autonomie annoncée, de l’espace et de l’équipement au prix de modèles plus petits. Avec deux finitions pour deux prix au choix, la note ne dépasse pas 39 300 € ou 42 400 € en version « Premium ». Soit 32 300 € minimum une fois le bonus de 7 000 € déduit (6 000 € à partir du 1er juillet 2021).

Salon chinoisLancer le diaporama
Essai Aiways U5 | nos photos du SUV chinois 100 % électrique+67

Avec un empattement de 2,80 mètres, l’espace à bord est royal.Credit Photo – Autonews

La finition d’entrée de gamme « Standard » intègre déjà le principal : pack complet d’aides à la conduite, phares full LED, caméra à 360° avec représentation 3D du véhicule, instrumentation numérique en trois parties, écran tactile multimédia de 12,3″, éclairage d’ambiance, sièges avant électriques, alarme, jantes 17″… Le niveau supérieur « Premium » y ajoute ce qui donnera à l’U5 un côté haut de gamme plus valorisant, à savoir, la sellerie cuir (beige ou noire), le toit ouvrant panoramique, les jantes de 19″ ainsi que quelques éléments de confort supplémentaires (sièges avant chauffants, hayon et stationnement automatiques, chargeur à induction et un écran additionnel dédié à la climatisation sur la console centrale.

Ainsi doté, la bonne impression qu’il délivre à l’extérieur se poursuit à l’ouverture des portes. Le design est très aéré, les sièges sont bien dessinés avec des appuie-têtes originaux (mais trop durs) et la qualité perçue semble à première vue de bon niveau. Les passagers arrière sont particulièrement gâtés avec une banquette confortable pour trois, plus étroite au centre où le dossier est plus ferme, sans tunnel central et avec un espace pour les jambes digne d’une limousine. Les inscriptions « Aiways » au dos des sièges avant contribuent à une ambiance haut de gamme dans cet habitacle lumineux.

Pas de version sept places au programme mais un coffre spacieux. Annoncé à 432 litres, il semble y avoir nettement plus de place. Les surfaces droites et faciles à charger ainsi que le grand volume au-dessus de la plage arrière souple à enrouleur doivent donner cette impression d’espace supérieur. De plus, un large bac compartimenté se trouve sous le plancher, doublé d’un second, plus petit, encore en dessous, taillé dans le châssis. Les bagages de toute la famille devraient pouvoir tenir sans problème.

Dans le détail, le visuel flatteur ne s’appuie pas sur des matériaux haut de gamme. Si l’assemblage est correct et les plastiques durs ne sont pas désagréables au toucher, ceux-ci côtoient une sellerie témoignant déjà de signes d’usure. Notre exemplaire à l’intérieur beige flambant neuf était marqué de traces bleues par les frottements en bord d’assise et de légers plis.

On regrettera aussi le peu de rangements présents. L’absence de boîte à gants laisse de la place pour le passager avant mais est remplacée par un espace entre deux filets sous la console centrale, difficile d’accès. Les porte-gobelets et les bacs de porte, sous-dimensionnés, ne seront pas non plus toujours suffisants.

Traduction délicateLancer le diaporama
Essai Aiways U5 | nos photos du SUV chinois 100 % électrique+67

Beaucoup de fonctions ne peuvent se commander que par cet écran, aux menus pas toujours correctement traduits en français.Credit Photo – Autonews

Plus maladroit, l’espace dédié à la charge par induction et à la connexion d’un téléphone par câble sera trop étroit pour beaucoup de téléphones. Le couvercle ne pourra dans ce cas pas se refermer alors que celui-ci intègre les commandes de climatisation. Et connecter son téléphone à l’U5 est le seul moyen de bénéficier d’un système de navigation, par Apple CarPlay ou l’application de réplication de l’écran Carbit.

Heureusement que l’écran central permet aussi de paramétrer la climatisation. Un écran plutôt réactif et aux nombreux menus dont la traduction en français laisse à désirer. Il est parfois compliqué de comprendre le sens des explications données à certaines fonctions et on ne sait pas toujours si l’on préfère les activer ou non… L’un des menus permet de contrôler l’ouverture du hayon et des fenêtres ou encore de couper l’alimentation électrique (il n’y a pas de bouton start/stop, le démarrage du moteur s’activant en appuyant sur la pédale de frein). Des commandes désignées avec la même maladresse, la fonction « Allumé » au niveau du hayon sur la représentation de la voiture signifiant par exemple « Ouvrir ».

Si des commandes physiques et classiques sont toujours présentes pour l’ouverture des quatre vitres, ce n’est pas le cas pour le toit panoramique et son store électrique, qui obligent à passer par ce menu de contrôle du système multimédia.

L’ergonomie s’en trouve affectée car le nombre de boutons physiques est réduit à son minimum. Le réglage du niveau de récupération d’énergie ou de la consistance de la direction demandent là encore de naviguer dans les menus à chaque modification. Seul le changement de mode de conduite régissant la réactivité de la pédale d’accélérateur a droit à une touche de raccourci sur le volant (Eco, Normal et Sport). Une autre touche, permet selon sa préférence, de changer de fréquence radio, de source ou d’activer les caméras à 360°. Une multitude de vues sont proposées avec une représentation 3D réussie du SUV autour duquel on peut tourner pour mieux apprécier l’environnement. Un système qui n’a pas à rougir de ceux proposés chez plusieurs constructeurs premium.

Des économies qui se voientLancer le diaporama
Essai Aiways U5 | nos photos du SUV chinois 100 % électrique+67

Certaines informations sont affichées en petits caractères difficiles à lire.Credit Photo – Autonews

Au volant, la position de conduite s’avère assez droite et doit prendre en compte la faible amplitude de réglages du volant. Pour ce qui est de la hauteur de celui-ci, elle se résume à trouver le niveau qui permet de voir les compteurs, dont les trois écrans ne sont pas solidaires de la colonne de direction et trop proches du volant. Les informations de vitesses ou celles liées aux aides à la conduite sont suffisamment lisibles. En revanche, toutes les données de consommation, de distance, celles liées à l’énergie électrique, sont affichées en caractères bien trop petits pour en faciliter la lecture.

Sur la route, on s’agacera surtout de quelques défauts de mise au point liés aux aides à la conduite. Le régulateur de vitesse adaptatif avec suivi de voie nous indique parfois être dans l’impossibilité de s’activer alors qu’il entre pourtant de temps en temps bien en fonction, d’autres fois non. Les réactions de correction de trajectoire peuvent surprendre par leur soudaine brutalité. Les phases de réaccélérations automatisées demandent un temps important avant de s’enclencher après avoir changé de voie. Et le déclenchement d’un freinage d’urgence autonome inopportun oblige à s’arrêter pour pouvoir désactiver les feux de détresse qui se seront automatiquement activés.

Sous la pluie, les balais d’essuie-glace demandent une quantité d’eau suffisamment abondante pour ne pas racler avec fracas le pare-brise, donnant l’impression qu’ils ne résisteront pas à la durée du trajet et rompant la tranquillité ambiante de l’habitacle. Autant de détails qui trahissent les économies réalisées à plusieurs postes de dépenses lors du développement.

Conception légèreLancer le diaporama
Essai Aiways U5 | nos photos du SUV chinois 100 % électrique+67

Avec sa structure en aluminium, l’Aiways U5 économise du poids, contenu à 1 770 kg sur la finition la plus lourde.Credit Photo – Autonews

Pourtant, même avec un prix contenu, l’Aiways U5 n’économise pas à tous les chapitres. Avec une structure et une carrosserie en grande partie constituées en aluminium, il contient son poids à 1 720 kg ou 1 770 kg selon la finition. La batterie située sous le plancher et tous les éléments de la motorisation logeant sous le capot, proches du sol, favorisent une tenue de route saine. Cependant, la direction ne renvoie pas assez d’informations, trop légère sur le mode le plus ferme et presque inconsistante sur la position la plus légère. Il est difficile de ressentir l’adhérence et d’évaluer correctement le positionnement de ses roues en courbe. La suspension, quant à elle, au réglage souple, génère quelques mouvements de caisse. Elle reste confortable mais se montre sèche sur les aspérités et autres dos-d’ânes.

Aucun souci en revanche sur le plan des performances. Réactif à tous les régimes, le moteur de 204 chevaux et 310 Nm de couple propulse l’U5 de 0 à 100 km/h en 7,8 sec dans un sifflement que laisse filtrer l’insonorisation, de même que les bruits d’air ou de roulement. Sur un rythme modérément dynamique, nous avons relevé une consommation de 22,8 kWh/100 km incluant un quart du trajet sur voies rapides. Ce qui permet d’espérer parcourir environ 280 km, facilement au-delà de 300 km en prenant quelques précautions.

La recharge peut s’effectuer sur une borne rapide en courant continu jusqu’à 90 kW (20 à 80 % en 35 minutes) ou sur une borne en courant alternatif jusqu’à 6,6 kW (0 à 100 % en 10 heures). Bien dissimulée, la prise de Type 2/Combo CCS se trouve sous le phare avant gauche. Les câbles trouveront leur place dans le bac sous le capot, au-dessus du moteur.

Distribution digitaleLancer le diaporama
Essai Aiways U5 | nos photos du SUV chinois 100 % électrique+67

Aiways est distribuée de manière digitale. Des essais sont possibles grâce à plusieurs équipes mobiles.Credit Photo – Autonews

Tout n’est pas parfait à bord de cet Aiways U5, loin de là. Les imperfections dans sa mise au point rappellent ses origines chinoises, aux standards de qualité moins exigeants en matière d’automobile, du moins pour l’instant. C’est la contrepartie d’un prix attractif pour cette catégorie et ce niveau d’équipement. En ne se formalisant pas sur ces détails qui peuvent tantôt agacer, tantôt simplement prêter à sourire, on profite d’une auto d’allure valorisante, très spacieuse, globalement agréable à conduire au quotidien et répondant à l’usage d’un véhicule principal à un tarif abordable.

Reste à pouvoir se la procurer. Il faudra pour cela passer par la commande en ligne puisque qu’aucune concession n’est prévue pour sa distribution. Des essais sont tout de même possible avant l’achat, avec des équipes mobiles couvrant 26 agglomérations en France. Le réseau après-vente fait pour sa part appel à des partenaires spécialisés dans l’entretien ou la carrosserie par exemple comme Feu Vert, Go Mécano, Albax ou la Carrosserie Lecoq. Aiways croit suffisamment à la fiabilité de son modèle pour ne pas imposer d’entretien pendant les cinq premières années d’utilisation ou 100 000 km sans affecter la garantie, qui s’étend sur cette même durée ou 150 000 km.

Source de l’article

Laisser un commentaire