trop vite, son moulin va trop fort !
Essais

trop vite, son moulin va trop fort !


Explosive, sensationnelle, détonante, la Elva ne manque pas de superlatifs ! On ne peut pas dire que cette nouvelle anglaise, qui aurait du être présentée au salon automobile de Genève, l’année dernière, et totalement dépourvue de pare-brise de toit et de fenêtres, ne trouve pas sa place dans l’automobile de sport et d’exception. Une sacrée allure  quand même ! Engin atypique, objet de démesure et d’exubérance, cette barquette fantasmatique du constructeur de Woking est destinée à jouer les « Ultimate Series » dans un univers très fermé, à près de deux millions d’euros. Et lorsqu’on évoque la puissance, les neurones s’affolent, 815 chevaux pour 1148 kg… De quoi s’agripper au volant, mettre son casque (c’est recommandé), et espérer que le lifting imposé fera son office, sans déformer à la longue, la peau du visage. La Elva, c’est franchement vivant !

Barquette d’hyper car

Il y a quand même dans ce bas monde, enfin façon de parler, plutôt dans les stratosphères de la voiture d’exception, des Hyper cars franchement incroyables… On arrive encore, après tant d’années, à être bluffé. Cette singulière anglaise en fait évidemment partie, une sorte d’ovni galactique qui aurait atterri un peu par hasard sur la terre… parce que là ! J’avoue, c’est assez dingue, surprenant même, mais follement excitant d’en prendre le volant…

 

On a beau retourner le problème dans tous les sens, loin d’être une curiosité, oui, c’est pourtant bien une voiture, une voiture de sport ultra performante, une McLaren même, conçue par des gens bien portants dont le savoir-faire est fantastique. Fort d’un prodigieux V8 4,0 litres de 815 chevaux, soit tout simplement 15 ch de plus que la très spectaculaire Senna (le bloc est commun), la Elva se destine à être produite à seulement 149 exemplaires. Une petite série qui rend évidemment l’objet rare et précieux mais qui aurait dû avoir des ambitions de production plus large. A l’origine, la marque évoquait 399 exemplaires. Mais bon, il faut les vendre ! 1,7 millions euros le joujou extra, c’est une somme folle !

Sa philosophie limite quelque peu l’usage, cela rend forcément frileux les quelques richissimes personnes de ce monde à franchir le pas. On évoque aussi, quelques problèmes d’homologations, notamment aux Etats-Unis, en l’absence de pare-brise. Ce n’est pourtant pas un objet inédit. Ferrari a déjà fait un an plus tôt deux barquettes V12 similaires bien nommées Monza SP1 et Monza SP2 de 810ch.

 

Bon à savoir : anticiper l’achat et la revente.

Il est possible de connaitre la valeur de revente ou de reprise de votre véhicule grâce à la cote auto Turbo de votre Mclaren Elva, l’alternative à la côte Argus.

Quelques bonnes idées, un déflecteur et des brevets

A défaut du salon suisse 2020, nous découvrons pour la première fois cette McLaren Elva à Monaco, l’un des grands sanctuaires de l’automobile d’exception. D’ailleurs, sa majesté le Prince Albert de Monaco, sans doute attirée par ce phénomène anglais, est venue la regarder de plus près. Intrigué par l’objet, il est même monté à bord pour découvrir un univers fort spartiate mais loin d’être inconfortable.

Il faut avouer que nous exposons fièrement la Elva devant le Palais Princier aux couleurs spectaculaires de la Mclaren du film « Spinout », conduite par un certain Elvis Presley en 66… Cette « ultimate series » fait référence à un patronyme, celui d’un autre constructeur « Elva cars » avec lequel Bruce McLaren, dans les années 60, fabriquait les répliques de sa toute première barquette de course M1A…

 

Cette nouvelle voiture n’a donc aucun pare-brise, pas de toit, pas de vitres, à l’ancienne quoi, comme une barquette utilisable avec ou sans casque, deux places de choix en fait dont l’homologation n’a été possible que grâce à un inventif déflecteur amovible, brevet déposé, situé à l’avant du poste de conduite et qui a pour effet immédiat, dès 50 km/h, de détourner l’air de l’habitacle. 15 cm de pare-vent qui changent tout.

Heureusement. McLaren propose aussi une petite panoplie de protection, pour les yeux surtout, grâce à des lunettes spéciales, offertes avec la voiture, conçue pour l’armée américaine et ses parachutistes. Elles sont surtout pare-balles.

Il vaut mieux car le petit caillou balancé à une vitesse inavouable dans le coin de l’œil par la roue d’un gentil véhicule qui vous précède pourrait vous offrir très vite un regard de boxeur ! Le casque en carbone, d’à peine 1,5 kg, gracieusement offert également, pourrait être bien utile aussi et vous protéger les quenottes d’un éventuel intrus. Les motards comprendront.

 

A l’instar du châssis, la carrosserie est en carbone. Les différentes pièces qui jalonnent les 4,61m de la voiture, 1000 à 3000 couches tressées, selon l’usage, participent au régime minceur et assurent la rigidité. La chasse au poids a été, comme toujours, pour ce genre d’hyper car, le maitre mot des ingénieurs. Nous le disions, 1.148 kg : une prouesse (50 kg de moins que la McLaren Senna, 250 kg de moins que la Monza SP2). Le moindre écrou apporte sa contribution, les pistons dans les étriers des freins céramiques-carbone sont en titane et font gagner 500 grammes par roue.

Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, les sièges ne sont pas en cuir, mais en matériau synthétique. Un revêtement inédit et déposé, résistant à n’importe quelle température, qu’il fasse chaud ou froid. Le matériau ne changera pas d’attitude au fur et à mesure du temps. Un brevet McLaren.

Elva à fond !

Temps magnifique, mais froid et sec… 3 degrés. L’hiver est encore là, même dans le sud, Alors, pour essayer cette spectaculaire barquette « so british » autant s’équiper des pieds à la tête. Pas de casque cette fois-ci, mais les fameuses lunettes, un bon bonnet et des gants. Le démarrage excite immédiatement la rétine. Rictus de mise. Le V8 4,0 litres emploie une sonorité excitée de baryton. La musique, rauque et grave, vous met dans l’ambiance et annonce la couleur…

 

 

Grrrrrr ! ça va chauffer, ou plutôt réchauffer l’asphalte resté trop longtemps sans effervescence automobile, et dont on aperçoit, sur les courbes du col de Vence, une fine couche blanchâtre qui ressemble bien à du gel… Bouou ! La concentration va donc être de mise pour laisser la voiture et ses 815 chevaux sur la route. Il faut avouer qu’en plus, McLaren est joueur, la puissance ne passe qu’aux seules roues arrière. Pas de transmission intégrale, ce n’est pas dans la tradition de la maison.

Passé un temps d’adaptation, on comprend que l’Elva est techniquement aboutie : un confort certain, grâce à une suspension active hydraulique, et un comportement de pointe grâce notamment à un fond plat. On prend très vite goût à cette machine si particulière !  C’est brut, à l’anglaise, brutal même parfois si on a le pied de l’accélérateur un peu trop lourd. Mais qu’est ce que ça envoie ! 800 Nm de couple.

Je peux aisément dire qu’on n’en voit pas la fin tellement la Elva est performante ! Il faut mettre le pied sur le frein, ne pas trop le lâcher, même dans les virages, on a constamment de la vitesse, sinon gare aux premières pâquerettes ! La boite est réactive, rapide, la transmission est automatique à double embrayage et à 7 rapports. L’icône anglaise se joue des limites de l’acceptable avec une accélération fulgurante : 2,7s pour atteindre les 100 km/h… 327 km/h Chrono, qu’on aura évidemment bien du mal à découvrir.

Caractéristiques techniques McLaren Elva (2021)

Fiche Technique McLaren Elva
Modèle essayé : McLaren Elva
Dimensions L x l x h
4,611 / 2,125 / 1,088 m
Empattement
2,670 m
Volume mini / maxi du coffre
50 l
Poids à vide
1.148 kg
Cylindrée du moteur
8 cylindres en V, biturbo – 3.994 cm3
Puissance
815 ch à 7.250 trs/mn
Couple
800 Nm à 5.500 trs/mn
0 à 100 km/h
2,7 s (200 km/h : 6,7 s)
Vitesse max
327 km/h
Taux de CO2
NC
Consommation annoncée – relevée
NC
Malus 2021
NC
Tarifs
à partir de 1.709.224 €

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