une solide entrée chez les SUV compacts électriques premium
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une solide entrée chez les SUV compacts électriques premium


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La gamme « e-tron » faisait jusqu’ici un peu bande à part. D’un terme désignant au départ les modèles électrifiés, à divers degrés, du constructeur allemand, il est devenu en 2019 le nom de son premier véhicule 100 % électrique produit en série. Un imposant SUV, décliné en SUV Coupé avec l’e-tron Sportback. Est venu ensuite le coupé quatre portes e-tron GT. En 2021, l’électrique entame sa démocratisation chez Audi et les « e-tron » d’aujourd’hui intègrent la gamme conventionnelle avec l’arrivée de l’Audi Q4 e-tron. Comme tout modèle de la gamme « Q », il s’agit là encore d’un SUV, mais compact cette fois. Comparable à un Q3 thermique, il se positionne subtilement entre celui-ci (4,48 m) et le Q5 (4,68 m), avec une longueur de 4,59 mètres.

Dans le futur, après 2033, il ne sera plus possible de commander une Audi thermique, toutes seront des « e-tron » et cette appellation concernera toute la gamme si elle perdure jusqu’à cette date. En attendant, le Q4 est encore minoritaire au sein du catalogue et s’appelle donc Q4 e-tron, bien qu’aucun Q4 thermique ne verra le jour à l’avenir.

Il ouvre cependant la voie à des variantes 100 % électriques de modèles existants et à d’hypothétiques inédits produits complémentaires, qu’ils soient associés à la gamme « Q » à l’image du Q4 e-tron, « A » (l’A6 e-tron est attendue en 2023) et pourquoi pas « R »…

L’Audi Q4 e-tron représente donc l’un des piliers fondateurs de l’électrification des Anneaux, avec l’obligation de toucher un vaste public. La mode des SUV explique donc sa forme, le besoin de polyvalence, sa taille. Assez grand pour accueillir une famille et en faire un véhicule principal, il doit rester raisonnablement compact pour se montrer à son aise en ville au quotidien. Comme son cousin Volkswagen ID.4 avec lequel il partage sa plate-forme MEB, il fait partie des plus imposants SUV de sa catégorie « compacte », à la compacité relative. Il est même 4 mm plus long que ce dernier et environ 2 cm plus large (1,87 m) et plus haut (1,63 m). Disons que son gabarit reste acceptable en environnement urbain, bien aidé par un diamètre de braquage très court de 10,2 m, comme chez Volkswagen. La version du Q4 e-tron équipée d’un second moteur à l’avant (50 quattro) agrandit un peu le cercle (11,5 m).

Tout un conceptLancer le diaporama
Audi Q4 e-tron | Les photos de notre essai du SUV électrique allemand+59

Audi Q4 e-tron (2021)Credit Photo – Autonews

Trouver le juste milieu en termes de taille pour une clientèle large ne suffit pas. Le design doit se démarquer. Sur ce plan, le Q4 e-tron fait preuve de personnalité avec une apparence solide. Les ailes sont larges, le capot est haut, la signature lumineuse est fine et la calandre est droite. Mise en évidence par son encadrement, celle-ci est également pleine avec une surface contrastée grise en relief. Elle rappelle certains concept-cars qui mettent de côté les contraintes techniques au profit du style. L’électrique n’a pas les mêmes besoins en refroidissement, entraînant parfois la disparition des grilles de calandre. Le Q4 e-tron la conserve, dans un seul but esthétique, gardant le lien avec les autres modèles de la gamme.

Équipé des phares matriciels optionnels, il est possible de personnaliser son apparence, avec le choix entre quatre signatures lumineuses pour les feux de jour et de position.

Du volume et un aspect brutLancer le diaporama
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Audi Q4 e-tron (2021)Credit Photo – Autonews

Pensé comme un véhicule électrique dès le départ, sa conception profite à l’espace intérieur. Le coffre dispose de 520 litres et peut s’étendre jusqu’à 1 490 litres avec la banquette rabattue. Celle-ci peut recevoir trois adultes. Ceux des places latérales profiteront d’une installation très confortable avec un espace généreux. Celui du centre trouvera son dossier un peu ferme et son assise plus étroite mais ne sera pas gêné par le tunnel central, le plancher étant plat sur toute la largeur.

On retrouve une planche de bord au dessin respectant les codes de la marque, très angulaire. Dans le SUV, la robustesse est évoquée par la grande largeur des aérateurs. Les différents éléments tels que l’écran central de 10,25 pouces (une version de près de 12″ arrivera à la fin de l’année) s’encastrent les uns aux autres pour un ensemble massif. L’écran est réactif et facile à la prise en main. Juste en dessous, on apprécie le bloc de climatisation physique. Alors que le tout nouveau volant, à double méplats selon l’équipement, choisit des touches regroupées sur une même surface noir brillant sur chaque branche. Des commandes qui restent physiques mais qui disposent également d’une fonction tactile en parallèle pour le volume (branche droite) et la navigation dans l’instrumentation digitale (branche gauche). En faisant glisser son doigt, les menus défilent, parfois trop vite. Le mouvement demande de la précision entre rapidité pour être pris en compte et lenteur pour s’arrêter à l’endroit voulu. Pas évident.

Le logo au centre du volant n’a plus d’encadrement et paraît plus petit. Il y a un petit côté navette spatiale sympathique. Ce qui l’est moins, c’est la proportion de plastiques durs et visibles, sur le bas de la planche de bord, la console centrale, les contre-portes. La partie la plus moussée se trouve sous la baie de pare-brise, inaccessible au toucher… Cela n’enlève rien au sérieux de la construction et à une partie haute bien finie mais s’ajoute à une ambiance sombre que seul un coûteux passage par les options permet de choisir un coloris intérieur beige ou marron plus chaleureux (1 720 € minimum, hors finition haute Design Luxe).

Cet habitacle se montre en revanche pratique, avec de multiples rangements. Sous l’accoudoir central, sous la console centrale flottante, dans les bacs de portes, pour un total de près de 25 litres utilisables. Chaque porte dispose d’un porte-bouteille incliné et ouvert, à hauteur de main, à l’avant des commandes de vitres, bien pensé.

Conduite sûre et agréable, poids élevéLancer le diaporama
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Audi Q4 e-tron (2021)Credit Photo – Autonews

Pratique pour le voyage, il faudra pour en profiter pleinement, préférer une monte pneumatique inférieure à celle de 21 pouces de notre modèle d’essai. Associée au châssis sport, la fermeté était excessive pour son usage sans être cassante pour autant. Du 20 pouces et la suspension pilotée permettent beaucoup plus de confort. Avec notre réglage moins adapté, la caisse s’en trouvait néanmoins bien tenue. De quoi apprécier une direction précise, réglable sur deux niveaux de consistance en option et surtout une pédale de frein très bien calibrée quand beaucoup d’électriques n’arrivent pas à gérer le passage de la récupération d’énergie cinétique au ralentissement par friction. La régénération se règle ici sur trois niveaux par les palettes au volant, en plus du mode roues libres. Le troisième correspond au mode « B », activable depuis le sélecteur central. Seul le mode de conduite « Dynamic » conserve le niveau choisi après avoir réaccéléré. Les différents paliers de récupération sont progressifs, plus puissants qu’un frein moteur de voiture thermique sans jamais aller jusqu’au coup de frein brusque.

Le Q4 e-tron offre une conduite sécurisante, avec une bonne motricité et stabilité en courbe. On ressent un train avant lourd, qui ne semble pas très vif mais ne rechigne pas à resserrer la trajectoire.

Il faut dire qu’il n’est pas vraiment léger. Notre version « 40 », avec un moteur de 204 ch et 310 Nm de couple sur le train arrière et une batterie de 82 kWh bruts (76,6 kWh utiles), pèse 2 125 kg. Le « 50 quattro » et sa puissance cumulée de 299 ch et 460 Nm, avec deux moteurs pour une transmission aux quatre roues, ajoute encore 85 kg (2 210 kg). Ces masses importantes ne les empêchent pas de fournir de bonnes performances avec un 0 à 100 km/h effectué respectivement en 8,5 sec et 6,2 sec. Le plus puissant voit passer sa limite de vitesse de 160 km/h à 180 km/h.

L’alternative de la petite batterie selon son usageLancer le diaporama
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Audi Q4 e-tron (2021)Credit Photo – Autonews

Pour inverser la tendance, le Q4 e-tron peut être choisi en version « 35 », dont la puissance passe à 170 ch pour un couple de 310 Nm mais avec une batterie plus légère afin de repasser sous la barre des deux tonnes (1 965 kg). Sa capacité inférieure de 55 kWh bruts (51,5 kWh utiles) réduit son autonomie à un maximum de 341 km contre 520 km pour le Q4 e-tron 40 et 488 km pour le « 50 quattro ». Dans notre cas, avec une consommation moyenne réaliste de 19 kWh/100 km, on pourrait estimer l’autonomie maximale du Q4 e-tron 40 à environ 400 km, soit 120 km de moins qu’annoncé.

Choisir la version la plus modeste permettrait de diminuer les consommations et raccourcir les temps de charge mais resterait à réserver à ceux qui n’effectuent de longs trajets qu’occasionnellement. Ils pourront cependant la personnaliser avec la même souplesse que sur les motorisations supérieures puisque le Q4 e-tron 35 est disponible avec l’ensemble des finitions du catalogue. Les performances sont presque identiques (0 à 100 km/h en 9 sec) mais le ticket d’entrée est largement abaissé. À 42 800 € minimum, c’est 5 900 € de moins que la version « 40 ». De quoi en profiter pour ne pas oublier de cocher l’option de la pompe à chaleur (1 160 €), réduisant les consommations.

Des options sinon rienLancer le diaporama
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Audi Q4 e-tron (2021)Credit Photo – Autonews

Inutile cependant d’espérer rester sous la barre des 45 000 € permettant de bénéficier du bonus de 6 000 €. La longue liste d’options fera à coup sûr dépasser les 50 000 € voire 55 000 €, pour une aide qui sera réduite à 2 000 € si la note finale ne dépasse pas les 60 000 €.

Le prix d’appel plus attractif que celui de son concurrent principal, le Mercedes EQA, est ainsi vite compensé une fois passé par l’étape de la configuration. À équipements équivalents, le SUV à l’étoile dont la batterie se situe à mi-chemin entre les deux proposées par le Q4 e-tron, est environ 2 000 € moins onéreux. Celui-ci à pour lui une finition intérieure plus valorisante mais un volume de coffre bien plus contenu, dans une taille un peu plus compacte (4,46 m).

Compétitif sur le marché premium et polyvalent, l’Audi Q4 e-tron rend une copie homogène et forte en style pour tirer son épingle du jeu et pour une transition aux électrons capable de séduire les habitués de la marque.

Pour résumer

Avec une électrification qui s’intensifie, Audi introduit un modèle « e-tron » à sa gamme classique avec le Q4 e-tron, proche du Q3 bien qu’un peu plus long, et plus petit que le Q5, avec trois motorisations 100 % électriques pour se démarquer. Plus compact que le SUV e-tron « tout court », il propose un style moderne, avec une calandre pleine plus typée électrique et une carrure trapue. Deux capacités de batterie sont au choix et son volume intérieur intéressant lui assure la polyvalence recherchée.

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