0 étoile pour le Mitsubishi Express (Renault Trafic) en Australie
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0 étoile pour le Mitsubishi Express (Renault Trafic) en Australie

Le NCAP Australien, le ANCAP, a testé l’utilitaire Mitsubishi Express fabriqué à Sandouville. 0 étoile pour ce jumeau du trafic. Mais, il faut voir plus loin que le résultat.

Le Mitsubishi Express est un Renault Trafic à peine maquillé. Il est assemblé à Sandouville en France puis exporté en Australie depuis l’an dernier. Dans un résultat plutôt spectaculaire, ce fourgon prend un 0 pointé qui cache une réalité tout autre. En effet, tout comme l’EuroNCAP chez nous, l’ANCAP change régulièrement ses tests et impose de plus en plus d’électronique.

Ainsi, quand on regarde le détail des tests avec les mannequins, on peut voir des résultats plutôt honnêtes pour la protection des occupants. En revanche, le Mitsubishi perd des points car un fourgon est « peu compatible » avec un véhicule qui viendrait en face : -3,77 points. Comme le frère du Trafic ne dispose pas d’airbag entre les occupants, c’est un 0 pointé pour le nouveau test introduit en 2021 (comme l’Euro NCAP) qui vérifie si les occupants peuvent voir leurs têtes s’entrechoquer. En fait, le plus mauvais point dans ces tests concerne le coup du lapin qui est très mal évité.

Des organismes qui dépassent leur rôle ?

Mais, surtout, le Mitsubishi Express ne dispose d’aucun freinage d’urgence automatique dans cette version. C’est un Trafic qui date de 2015 et qui ne va pas tarder à être remis à jour avec cette fois, AEB et autres béquilles électroniques. L’absence de l’AEB (piéton, vélo, voiture), et aussi d’alerte de changement de voie, de maintien dans la voie, de surveillance des angles morts, etc. enlève la dernière étoile possible sur les aides à la sécurité.

Résultat, 0 étoile pour un véhicule qui protège les occupants correctement. En fait, si le Renault Trafic était testé de nouveau par l’EuroNCAP, avec les barèmes actuels, il aurait lui aussi 0 étoile. Il avait obtenu 3 étoiles en 2015. L’EuroNCAP ne demandait alors pas les AEB et autres bip-bip. Le véhicule est-il moins sûr qu’en 2015 pour autant ? Le Mitsubishi Express va très prochainement être produit avec les béquilles électroniques. De quoi avoir des étoiles. Pas le plein, mais certainement 3 étoiles.

On touche avec cet exemple, une nouvelle fois les limites de ces crash-tests. Ils ne sont pas une norme d’homologation imposée par les pays, mais le fruit d’un organisme non gouvernemental, qui n’a aucune autorité, mais qui impose ses vues sur la sécurité aux constructeurs. En effet, avoir 0 étoile fait mauvaise presse. Cela « tord le bras » des constructeurs qui doivent alors équiper de plus en plus les véhicules pour suivre le rythme des nouveaux tests et des nouvelles évaluations.

Les NCAP veulent de plus en plus de conduite autonomisée

Désormais à l’EuroNCAP, sans un AEB, les étoiles s’envolent. Sans un maintien actif dans la voie idem. Bref, l’EuroNCAP et l’ANCAP poussent à l’autonomisation des véhicules. Est-ce qu’ajouter les bidules électroniques dont sont friands ces NCAP va-t-il changer le fait que les appuie-têtes préviennent très mal du coup du lapin ? Non…mais l’ANCAP et l’EuroNCAP devraient être contents et donner des breloques.

Reste une vérité, les fourgons sont souvent les parents pauvres de la sécurité chez certains constructeurs dans leur gamme automobile. L’Euro NCAP a lancé une évaluation de nombreux utilitaires récemment. Pas d’étoile à la clé, mais 3 médailles : bronze, argent et or (+ non recommandé). Et les résultats sont très disparates. Il y a les bons élèves comme le Ford Transit, le Mercedes Vito ou le VW Transporter qui décrochent l’or, et d’autres qui ont moins d’électronique. Le Trafic et ses clones sont « non recommandés ».

L’Euro NCAP teste-t-il la sécurité des occupants pour ce classement ? Que nenni ! L’organisme regarde uniquement l’équipement électronique : AEB, assistance au maintien dans la voie, assistance à la vitesse, surveillance des occupants, etc. Aucun crash-test ici. Voilà comment l’EuroNCAP veut là encore imposer sa liste à la Prévert de technologies d’autonomisation de la conduite. Et les constructeurs sont des victimes consentantes, qui trouvent leur intérêt à vendre de plus en plus d’équipements.

La fiche de résultats du Mitsubishi Express est consultable ici.

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