Le paysage automobile continue sa rapide transformation en 2026, et certaines propositions parviennent encore à captiver par leur audace. Le MG Cyberster, un roadster électrique qui rompt avec les conventions, se présente comme une véritable énigme stylistique et technique. Loin des standards établis, ce véhicule sino-britannique bouleverse les codes avec son design sportif inspiré des supercars et sa motorisation propulsion d’entrée de gamme. Lors de cet essai automobile, l’objectif était clair : déterminer si cette voiture électrique, affichée à 62 990 €, représente un investissement pertinent dans le segment naissant des cabriolets zéro émission. La découverte au volant de cette machine révèle une ambition certaine : celle de réintroduire le plaisir d’une conduite dynamique à ciel ouvert, tout en composant avec les impératifs de l’électrification.
L’occasion d’une prise en main prolongée du MG Cyberster Propulsion ne pouvait être manquée. Sur un long week-end de juillet, l’entrée de gamme de ce roadster électrique a été soumise à un examen rigoureux. Est-ce suffisant pour convaincre ? Le pari est audacieux pour la marque, qui tente de lancer une tendance dans un marché encore frileux. Le segment des cabriolets électriques en série reste un territoire largement inexploré, le Cyberster s’y aventure avec une proposition singulière. L’investissement en vaut-il réellement la chandelle pour l’automobiliste averti ?
En bref :
- Le MG Cyberster offre une proposition unique sur le marché des roadsters électriques à grande diffusion.
- Son rapport prix/prestations est particulièrement compétitif, surtout face à des concurrents thermiques plus onéreux et malussés.
- Une sobriété remarquable avec des consommations étonnamment basses.
- La présentation intérieure est léchée, bien que son ergonomie demande une accoutumance.
- Son caractère est davantage grand tourisme que sportif, ce qui peut être un atout ou un inconvénient selon les attentes.
- Des dimensions et un poids importants qui se ressentent en ville et au freinage.
- L’ergonomie de certains écrans et commandes nécessite une révision.
- Des aspects pratiques limités avec peu de rangements et une habitabilité restreinte pour les grands gabarits.
L’impact visuel du MG Cyberster : Quand le design sportif fait sensation
En tant que journalistes, l’habitude d’attirer les regards avec des véhicules encore méconnus du grand public est ancrée. Cependant, l’engouement suscité par ce roadster électrique fut exceptionnel. Les questions affluaient, souvent imprécises. « Quoi, AMG ? Mercedes-AMG ? » Non, non, il s’agit bien de MG, un acronyme que l’on se doit de clarifier à de nombreuses reprises face à l’intérêt marqué des passants. Ce décalage illustre une curiosité palpable pour cette voiture électrique, signe qu’elle ne laisse personne indifférent.

Une icône inattendue qui flirte avec le mythe
Parmi les nombreuses remarques formulées, l’une d’elles a particulièrement marqué : « C’est la voiture de James Bond ». Cette comparaison est des plus flatteuses et n’échapperait pas aux dirigeants de MG, qui verraient sans doute d’un bon œil leur dernier-né apparaître dans les prochaines aventures de l’agent secret britannique. Cela souligne une implication fondamentale : malgré ses origines asiatiques, le MG Cyberster est immédiatement perçu comme une création anglaise. Les phares arrière en forme de flèches, qui réinterprètent habilement le motif de l’Union Jack, contribuent sans aucun doute à cette perception. Qui aurait imaginé qu’un constructeur issu de l’Empire du Milieu puisse susciter à ce point le désir avec une de ses propositions automobiles ? MG l’a fait, et avec brio.
De la supercar au grand tourisme : Les dimensions atypiques du Cyberster
Avec ses spectaculaires portes en élytre motorisées et ses lignes tendues et épurées, le design sportif du MG Cyberster évoque indéniablement l’esthétique d’une McLaren. Il assume une apparence de supercar, s’éloignant résolument de l’esprit traditionnel du roadster britannique, souvent conçu pour être compact et léger. Cette approche audacieuse redéfinit la perception d’un roadster électrique, lui conférant une prestance rare sur nos routes en 2026. L’ambition de ce modèle ne se limite pas à sa motorisation électrique ; elle s’étend à une réinterprétation complète du genre.
Un gabarit imposant et des implications pour la conduite urbaine
Avec une longueur de 4,53 mètres, une largeur de 1,91 mètre et surtout une masse intimidante de 1 885 kg à vide, le Cyberster présente des dimensions proches d’une Porsche 911 (4,54 m de long et 1,85 m de large), mais pèse davantage que n’importe quelle de ses variantes, même l’hybride de 571 ch. Malgré le silence de sa propulsion électrique, l’absence de vibrations, d’à-coups et l’efficacité du mode One-Pedal, il ne s’avère pas le plus à l’aise en ville. Sa taille respectable, et plus particulièrement sa largeur, exigent un temps d’accoutumance. La visibilité arrière très réduite ne facilite pas les manœuvres, rendant la caméra 360° – incluse dans la liste des équipements – indispensable. La bonne maniabilité est à noter, notamment grâce à son architecture de propulsion et à une suspension sophistiquée (double triangulation à l’avant, 5 bras à l’arrière).
Un espace intérieur optimisé pour le duo
Malgré sa longueur, le MG Cyberster reste un véhicule strictement biplace. La position de conduite pourrait ne pas convenir aux grands gabarits, le siège reculant au maximum pour un conducteur de 1m80. Les rangements sont peu nombreux et étroits, à l’image de l’absence de support de recharge par induction pour smartphone. Il faut se contenter d’un branchement dans l’accoudoir central, qui est également le seul moyen d’accéder à Apple CarPlay et Android Auto – bien que ces fonctionnalités n’aient pas été opérationnelles durant notre essai automobile. Ces compromis sont inhérents à une voiture passion. On se console avec un espace de 100 litres derrière les sièges et une malle arrière de 249 litres, certes étroite et d’accès limité. Le long capot avant ne dissimule aucun frunk. Ces concessions font partie intégrante de l’expérience d’un tel roadster électrique, une proposition rafraîchissante à une époque dominée par les SUV. Pour une analyse plus approfondie des dynamiques entre cabriolets thermiques et électriques, les lecteurs pourront se référer à cet article comparatif sur les cabriolets thermiques et électriques.
L’habitacle du Cyberster : Un chic complexe et une finition exemplaire
La présentation intérieure du MG Cyberster est aussi spectaculaire que sa ligne extérieure. Comme dans de nombreuses créations chinoises, les écrans sont omniprésents. Ici, ils sont astucieusement tournés vers le conducteur, modifiant radicalement l’ambiance et rappelant par certains aspects l’environnement de la huitième génération de Honda Civic, bien que cette dernière ait souffert de complexité ergonomique. Le design sportif n’est pas uniquement extérieur, il imprègne chaque recoin de l’habitacle.

Une ergonomie avant-gardiste, mais exigeante
Trois écrans sont disposés devant le conducteur : l’instrumentation digitale centrale et deux mini-tablettes tactiles latérales. Un quatrième écran trône sur la console centrale. Chacun remplit une fonction spécifique. Sur celui de la console, la climatisation est réglée et les aides à la conduite peuvent être désactivées – une opération malheureusement à répéter à chaque redémarrage. Il est regrettable que le roadster électrique ne bénéficie pas d’une touche globale pour couper ces aides, à l’instar du récent SUV MGS5 EV. L’écran à gauche de l’instrumentation, légèrement incurvé, gère la radio, Apple CarPlay, Android Auto et le GPS. Celui à droite fournit des informations sur la consommation moyenne ou l’entretien du véhicule.
Finition et matériaux : Le luxe inattendu
Ergonomiquement, cette présentation atypique, si agréable à l’œil, n’est pas exempte de défauts. À l’instar des dimensions du véhicule, elle demande un temps d’adaptation. L’ouverture des portes, par exemple, dispose de pas moins de trois commandes par côté : deux à l’extérieur, deux sur la contre-porte intérieure et les dernières sur la console centrale, aux côtés du bouton d’ouverture du toit souple. Malgré cela, les passagers peuvent s’y perdre. De plus, la carte de navigation, malheureusement masquée par la jante épaisse du volant et la main du conducteur, constitue un point à revoir impérativement. Cependant, le MG Cyberster se rattrape magistralement par son haut niveau de finition. Il n’a rien à envier aux voitures allemandes, surpassant même certaines d’entre elles avec des matériaux agréables au toucher absolument partout, même dans les zones moins visibles. Les assemblages sont irréprochables, témoignant d’une attention au détail qui inspire un respect certain.
Sensations de conduite : Quand la propulsion électrique invite à la volupté
Musique maestro… ou plutôt contact. Pour démarrer ce MG Cyberster, comme sur nombre de voitures électriques, point de bouton de démarrage classique. Il suffit de poser le pied sur le frein et d’appuyer sur le bouton « D » ou « R ». Et c’est là que la magie opère, offrant des sensations inhabituelles. On est habitué au silence au démarrage des véhicules électriques, mais à bord d’un roadster électrique, l’expérience surprend, et en bien. Certains regretteront peut-être la bande-son d’un six en ligne ou d’un moteur boxer. Pourtant, ce silence apparaît moins incongru que le tintamarre d’un moteur TDI sous le capot d’une Volkswagen New Beetle Cabriolet. Profiter du chant des oiseaux, le coude à la portière, les cheveux au vent : une expérience à nulle autre pareille, qui sublime la découverte au volant.
Un confort inattendu pour une conduite grand tourisme
Le silence ambiant pousse à trouver l’insonorisation de la capote souple triple couche – qui se replie en dix secondes jusqu’à 50 km/h – un peu juste. Néanmoins, la quiétude reste de mise à bord. Après l’absence de bruit, la seconde surprise après quelques kilomètres au volant de ce MG Cyberster est le tarage souple des suspensions. Si la direction, à l’inverse, est fermement réglée quel que soit le mode de conduite, la philosophie du véhicule est celle de la volupté. Les déformations de la chaussée se ressentent, mais les amortisseurs reprennent leur position initiale en douceur. Dans les virages, le ballotement est présent, mais la caisse inspire confiance, offrant une conduite dynamique sereine.
Sécurité avant tout : Le compromis entre sportivité et poids
Malgré son architecture de propulsion, le MG Cyberster ne se laisse pas facilement prendre en défaut. La sécurité et l’efficacité ont été privilégiées par rapport à l’amusement pur, un choix judicieux compte tenu du poids de la bête, qui aurait pu surprendre avec des réglages différents. La masse élevée se ressent également au freinage. Le mode One-Pedal peine parfois à stopper l’élan, et il faut appuyer franchement sur la pédale de frein – peu agréable au demeurant – pour obtenir le résultat escompté. Rien d’alarmant, mais il incite clairement à une conduite coulée, parfaitement en adéquation avec son moteur électrique et son intérieur huppé. Que ce soit un point fort ou un défaut, le caractère plus typé grand tourisme que sport dépendra entièrement des attentes de chacun en matière de performance.
Performance et budget : La proposition économique d’un roadster électrique
Pour autant, ce MG Cyberster ne se traîne pas. On n’en attendait pas moins d’un modèle délivrant une puissance de 340 ch et 475 Nm de couple aux seules roues arrière. Si l’idée était de l’emmener sur l’Autobahn, sa vitesse maximale de 195 km/h est plus qu’honorable pour une voiture électrique. L’exercice du 0 à 100 km/h est expédié en 5 secondes, un score dont elle n’a pas à rougir, même face à la variante à transmission intégrale de 510 ch et 725 Nm de couple, donnée pour 3,2 secondes. Là encore, la poussée n’est pas celle qui colle au siège comme une Tesla. Même avec le mode « Super Sport » activé via le bouton rouge au volant, la poussée est franche mais sans brutalité, ménageant les cervicales. Les accélérations sont amplement suffisantes pour dépasser en toute sécurité, et ce roadster électrique ne s’essouffle pas, même avec une batterie à moitié chargée, illustrant une performance constante.
Un positionnement tarifaire stratégique
Avec un tarif de 62 990 €, c’est une somme conséquente pour la plupart des automobilistes, et une dépense notable pour une MG. Cependant, pour un véhicule offrant un tel niveau de performance et de raffinement, le prix est presque donné. À titre de comparaison, une BMW Z4 M40i, avec une puissance similaire de 340 ch, est vendue à 71 750 € de base et s’accompagne d’un malus pouvant atteindre 35 000 €. Une Ford Mustang de base, plus sportive avec son V8 de 446 ch, démarre certes moins cher, mais grimpe à 129 300 € en incluant le supermalus de 70 000 €. En résumé, le MG Cyberster se présente comme une véritable affaire dans le contexte actuel de l’électrification.
Des consommations étonnamment basses et une autonomie convaincante
Autre point fort concernant le budget : les consommations sont incroyablement basses. Il faut rouler très fort pour dépasser les 20 kWh/100 km en moyenne. En usage normal, en respectant les limites de vitesse et même avec une conduite dynamique, les chiffres sont bien inférieurs. À l’issue de notre essai automobile, l’ordinateur de bord affichait une moyenne impressionnante de 15,3 kWh/100 km, un score inférieur à celui obtenu au volant d’une Tesla Model Y Grande Autonomie, qui nous avait pourtant fait forte impression sur ce point. Il faut compter entre 10 et 12 kWh/100 km en ville, 13 à 15 kWh/100 km sur routes de campagne, et entre 15 et 17 kWh/100 km sur voie rapide. Sur autoroute, la consommation augmente, mais reste dans des limites raisonnables. Avec sa belle batterie de 77 kWh, il est possible d’atteindre facilement les 500 km en usage quotidien. La puissance de charge de 144 kW est juste moyenne, mais nous avons pu atteindre ce pic très facilement sur une borne de 150 kW, récupérant 80 % de batterie (48,72 kWh) en 31 minutes. Une voiture électrique à la sobriété surprenante.
Quel est le positionnement du MG Cyberster sur le marché des roadsters électriques ?
Le MG Cyberster se positionne comme une proposition unique et audacieuse, étant le premier roadster électrique de grande diffusion produit par un constructeur généraliste. Il vise à relancer l’intérêt pour les cabriolets zéro émission en offrant un design de supercar à un prix compétitif.
Les dimensions du MG Cyberster sont-elles un inconvénient au quotidien ?
Avec 4,53 mètres de long et 1,91 mètre de large, le Cyberster possède des dimensions imposantes, ce qui peut rendre la conduite et les manœuvres en ville plus délicates. La visibilité arrière limitée accentue ce défi, bien que la caméra 360° compense en partie.
Comment le MG Cyberster se compare-t-il à la concurrence en termes de prix et de performances ?
Proposé à 62 990 € dans sa version propulsion de 340 ch, le Cyberster offre un rapport prix/prestations très avantageux. Il est nettement plus abordable que des concurrents thermiques comme la BMW Z4 M40i, qui coûte 71 750 € et subit un malus écologique élevé, ou la Ford Mustang de base dont le supermalus la rend bien plus chère. Ses 5 secondes de 0 à 100 km/h sont également très respectables.
Quelle est l’autonomie réelle et la consommation du MG Cyberster ?
Grâce à sa batterie de 77 kWh, le MG Cyberster peut atteindre environ 500 km d’autonomie en usage quotidien, avec des consommations étonnamment basses. Notre essai a révélé une moyenne impressionnante de 15,3 kWh/100 km, bien en dessous de nombreux autres véhicules électriques, même sur autoroute.
L’ergonomie de l’habitacle est-elle un point faible ?
L’habitacle, bien que spectaculaire avec ses multiples écrans tournés vers le conducteur, présente certaines lacunes ergonomiques. Des commandes de portes complexes et une carte de navigation partiellement masquée par le volant nécessitent un temps d’adaptation. Cependant, la finition et la qualité des matériaux sont irréprochables.









