L’univers automobile est en perpétuelle mutation, et la stratégie des constructeurs est constamment réévaluée. Pour DS Automobiles, l’heure est à une réorientation majeure de son offre d’entrée de gamme. Après une période d’incertitude et des résultats commerciaux mitigés pour le DS 3 Crossback, la marque premium française s’apprête à écrire un nouveau chapitre. Loin de l’aventure SUV urbain, l’orientation prise pour la future DS 3 marque une renaissance, un retour aux sources qui devrait permettre de capitaliser sur l’héritage d’un modèle iconique. Des illustrations inédites et des informations exclusives révèlent une berline compacte au design audacieux, promettant de redéfinir la présence de DS sur un segment européen crucial. Cette décision stratégique, influencée par les performances passées et les dynamiques du marché, met en lumière la détermination de DS à se forger une identité plus affirmée et à consolider son indépendance au sein du groupe Stellantis. L’innovation sera au cœur de ce nouveau modèle, avec une attention particulière portée au style et à l’expérience intérieure.
En bref : La prochaine DS 3, attendue pour 2028, sera une berline compacte, abandonnant la silhouette de SUV qui n’a pas rencontré le succès escompté. Cette stratégie vise à raviver les chiffres de ventes, en s’inspirant du succès de la première génération née sous Citroën. Le projet a été marqué par des changements de direction fréquents chez DS, mais se stabilise désormais sous une nouvelle équipe. La future N°3 bénéficiera de l’architecture SP1 inaugurée par la Peugeot 208 en 2027, promettant des motorisations hybrides et 100 % électriques. Le design extérieur sera distinctif, et l’intérieur se distinguera par une approche moins axée sur la multiplication des écrans. Le segment B européen représente un quart des immatriculations, un marché essentiel pour les marques françaises où la future DS 3 devra s’imposer pour garantir l’avenir de la marque premium. Une série spéciale avait d’ailleurs tenté de stimuler les ventes du DS 3 plus tôt.
DS Automobiles revoit sa stratégie d’entrée de gamme avec la future DS 3
Le parcours récent de DS Automobiles sur le segment des SUV urbains a révélé un constat sans appel. Entre 2019 et 2025, le DS 3 Crossback, rebaptisé simplement DS 3 après son restylage de mi-carrière, n’a attiré que 97 236 acquéreurs. Cette performance contraste fortement avec celle de son prédécesseur, la DS 3 d’origine Citroën, qui avait su séduire 477 352 clients en dix ans (2009-2019). L’échec relatif de la formule SUV a donc poussé la marque à reconsidérer son approche pour son nouveau modèle d’entrée de gamme, la future DS 3. L’ambition est claire : retrouver la dynamique commerciale de la première génération en s’appuyant sur une recette éprouvée, celle de la berline compacte distinctive. Ce virage stratégique souligne l’importance pour DS de s’ancrer solidement sur un segment porteur et de regagner une part de marché significative. La renaissance de cette lignée promet de faire de la place pour une véritable innovation dans le segment.

Les coulisses d’une transformation : leadership et ambition pour le nouveau modèle
La période post-Tavares chez Stellantis a mis en lumière certaines fragilités structurelles, notamment une instabilité managériale qui a impacté des marques clés. Chez DS Automobiles, quatre directeurs se sont succédé en cinq ans, chacun apportant sa propre vision et, par conséquent, générant des changements d’orientation et des retards pour des projets cruciaux. Cette valse des managers a notamment affecté le développement de la remplaçante de l’actuelle DS 3, un retard préjudiciable pour une marque en quête de volumes. Désormais, sous l’impulsion de Xavier Peugeot à la tête de la marque, et avec Audrey Amar au produit ainsi que Thierry Métroz au design, les équipes sont pleinement mobilisées. L’objectif est d’intégrer rapidement une « N°3 » aux côtés des récentes N°8 et N°4, sans oublier la N°7, récemment officialisée après plusieurs rebondissements communicationnels. Cette stabilité retrouvée est essentielle pour insuffler une nouvelle dynamique et concrétiser la vision de DS Automobiles. Pour se différencier, la marque pourrait par exemple capitaliser sur l’expérience client et un style intérieur novateur, comme on a pu le voir avec la collection Maison Sarah Lavoine.
Innovation technique et design audacieux pour la renaissance de la DS 3 en 2028
Le concept de SUV urbain chic, qui n’a pas non plus porté ses fruits pour des concurrents comme l’Audi Q2, est définitivement abandonné par DS Automobiles pour la prochaine N°3. Cette dernière bénéficiera du programme SP1, une architecture électronique, un groupe de propulsion et des éléments de structure qui feront leurs débuts sur la Peugeot 208 en 2027. Ce partage technologique permettra à la future DS 3, dont le lancement est prévu pour 2028, de se concentrer pleinement sur un style extérieur distinctif et un intérieur résolument novateur. L’accent sera mis sur une rupture avec la tendance actuelle des écrans omniprésents, préférant une approche plus raffinée et intemporelle. Frédéric Soubirou, figure emblématique du design de la première DS 3 et architecte du Crossback, se retrouve de nouveau à la manœuvre pour cette troisième mouture, promettant une continuité dans l’esprit d’audace. La renaissance est donc aussi esthétique, cherchant à marquer les esprits par son élégance et sa singularité.

Le segment B, un levier crucial pour le lancement et l’indépendance de DS Automobiles
Dans un contexte de marché français fluctuant, la stabilité du marché européen, qui a maintenu 13 millions d’immatriculations l’an passé, offre des perspectives vitales pour les constructeurs tricolores. Le segment B, celui des petites voitures, représente environ un quart des ventes en Europe élargie, avec douze modèles français classés dans le top 20. Des figures de proue comme la Dacia Sandero, malgré un léger recul en 2025 (-10% vs 2024), a dépassé les 243 000 unités. La Renault Clio, dauphine de la Sandero, a enregistré près de 230 000 clients sans bénéficier encore de sa nouvelle mouture sur tous les marchés. Plus bas dans la hiérarchie, la Peugeot 208 s’est maintenue à la 7e place avec plus de 185 000 unités, suivie par le 2008 (plus de 171 000 ex.) et la Citroën C3 (plus de 161 000 ex.). Le Captur, à la 19e place, a tout de même généré près de 138 000 ventes additionnelles pour Renault. Ces chiffres soulignent l’importance capitale du segment B et l’urgence pour DS Automobiles de positionner efficacement sa future DS 3. Ce lancement est plus qu’un simple ajout à la gamme ; il est une pierre angulaire pour l’affirmation et l’indépendance de la marque sur la scène automobile internationale. L’enjeu est de taille, nécessitant une véritable innovation dans les citadines pour se distinguer.










